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L’ACS : L’accord top secret qui doit dépecer les services publics

Publié par wikistrike.com sur 26 Juin 2014, 07:33am

Catégories : #Politique intérieure, #Economie

L’ACS : L’accord top secret qui doit dépecer les services publics

 

Comme à chaque fois, les tractations doivent rester secrètes, complètement obscures du grand public qui ne pourrait penser qu’une seule chose: qu’il s’agit d’une théorie du complot tant c’est énorme. Ce qui est en train de se dérouler dans le secret le plus absolu, c’est d’appliquer à l’ensemble des pays concernés par l’accord transatlantique le droit de privatiser tout ce qui est public, sans possibilité de retour à la nationalisation. Explications avec un brin d’analyse montrant que si tout se met en place petit à petit, le plan bien pervers est prévu depuis longtemps:

Prenez une banque dont l’état financier est catastrophique, par exemple la Dexia. Celle-ci va émettre de très nombreux prêts toxiques qui vont être casés par exemple auprès des municipalités et des hôpitaux français. Uniquement pour la France, ce sont 5500 communes et plusieurs dizaines d’hôpitaux qui sont concernés, mais sont également concernés les régions, les départements, lesorganismes de logement, etc… Les prêts ont été proposés avec de fausses promesses, et au final, les taux d’intérêts ont explosé, gonflant de manière exponentielle l’endettement de souscripteurs. Pour palier à cela, seules solutions, faire des économies, terme plus « passe-partout » pour définir des plans d’austérité, avec dégraissages à la clé. Mais avec ces taux d’intérêts étant volontairement élevés, il ne sera pas possible de retrouver une stabilité financière, les services publics devront alors être privatisés avec comme objectif le profit et la rentabilité. Et à partir de là, alors que « le scénario à la grecque » peut s’appliquer, le vautour américain peut se jeter sur sa proie et investir, le traité transatlantique entre les dents, dès fois que quelqu’un tenterait de les arrêter.

 

Carte de France des prêts toxiques interactive: Libération.fr

Carte de France des prêts toxiques interactive: Libération.fr

C’est là que l’arnaque prend tout son sens, et que la trahison des populations est évidente. Quel que soit le service, si celui-ci peut permettre de faire du profit, il est prévu de le privatiser un jour, quel qu’il soit! Hôpitaux, la SNCF (d’où la guerre des cheminots), nucléaire, etc…

 

C’est là que l’arnaque prend tout son sens, et que la trahison des populations est évidente. Quel que soit le service, si celui-ci peut permettre de faire du profit, il est prévu de le privatiser un jour, quel qu’il soit! Hôpitaux, la SNCF (d’où la guerre des cheminots), nucléaire, etc…

L’ACS : L’accord top secret qui doit dépecer les services publics

 

Les États-Unis, les pays de l’UE et une vingtaine d’autres États ont entamé à Genève des négociations sur le commerce des services. Signe particulier : ces tractations devaient rester secrètes pendant cinq ans. WikiLeaks a réussi à lever en partie le voile sur leur contenu.

Tout devait rester entièrement secret. Rien ne devait filtrer des négociations sur l’accord sur le commerce des services (ACS) entamées depuis deux ans à l’ambassade d’Australie à Genève entre les États-Unis, l’Union européenne et une vingtaine de pays.

Une vaste entreprise de libéralisation qui touche jusqu’aux services publics fondamentaux. Des mesures assurant une confidentialité totale des discussions ont été prises, dans un langage digne d’un scénario à la James Bond. Les textes établissant l’avancée des pourparlers ont été « classifiés », selon un jargon utilisé généralement pour les dossiers secret-défense. Ils doivent être « protégés de toute diffusion non autorisée » et stockés dans un système d’ordinateurs lui-même classifié et maintenu « dans un building ou un container clos » sous haute surveillance. L’objectif déclaré est que rien ne puisse transpirer du contenu de ces tractations « jusqu’à cinq ans après la conclusion d’un accord » ou la fin des négociations si celles-ci devaient finalement ne pas aboutir.

C’était sans compter sur la dextérité des lanceurs d’alerte de WikiLeaks qui sont parvenus à récupérer une partie des textes surprotégés. Ils ont publié ainsi le 19 juin sur leur site l’annexe du traité en préparation consacré aux services financiers.

https://wikileaks.org/tisa-financial/

Ces révélations soulignent, en fait, l’ampleur de l’offensive engagée par Washington, suivi par les États membres de l’Union européenne, pour permettre aux multinationales de truster, le moment venu, le commerce des produits financiers mais aussi celui de tous les services sur les grands marchés transatlantique et transpacifique, dont les négociations, on le sait, avancent au même moment, dans la plus grande discrétion.

Contourner les résistances populaires et réfractaires de l’OMC

Les pourparlers secrets pour parvenir à un accord sur le commerce des services (ACS) ont démarré en 2012 et leurs initiateurs entendent tout faire pour les conclure avant la fin 2015. Ils sont en fait destinés à contourner l’obstacle que constituaient les résistances de forces progressistes, de mouvements sociaux, de syndicats et de plusieurs pays en développementpour la conclusion d’un accord global sur le commerce des services (AGCS) au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Devant la paralysie du processus multilatéral lancé en 2001 dans le cadre du cycle dit de Doha de l’OMC, un groupe de pays a décidé, sous l’impulsion des États-Unis et des États membres de l’UE, d’entamer, il y a deux ans, une négociation parallèle.

Autrement dit : désavoué démocratiquement et donc sorti par la porte, l’AGCS pouvait ainsi rentrer par la fenêtre sous l’impulsion d’une cinquantaine de gouvernements. Les négociateurs autoproclamés ont l’espoir de définir dans un cadre plurilatéral des normes pour qu’elles s’imposent, à terme, comme unique référence internationale. Ils misent d’évidence sur leur poids économique – ils représentent ensemble près de 70 % du commerce mondial – pour rallier en fin de compte les pays récalcitrants de l’OMC court-circuités. Le lieu géographique des tractations a simplement été transféré de quelques rues à Genève, passant du siège de l’OMC aux locaux de l’ambassade d’Australie, pays opportunément tout acquis à la libéralisation.

Principale source d’inspiration du groupe : les « experts » de la « coalition globale des services » (GSC) au sein de laquelle on retrouve, côté états-unien, les géants du secteur (banque, Internet, énergie) mais aussi, côté européen, le Medef ou le poids lourd français, Veolia (voir ci contre). Le document diffusé par WikiLeaks, qui correspond au relevé de la négociation au 14 avril dernier, révèle le forcing déployé pour banaliser le commerce des produits financiers, comme si rien n’avait été retenu des causes du krach ravageur qui s’est produit seulement sept ans en arrière.

Échanges financiers, 
le retour du délire

Les normes proposées dans l’annexe du texte secret consacré au commerce des produits financiers visent d’abord à restreindre la capacité d’intervention de la puissance publique et se fixent ouvertement comme objectif un modèle « autorégulateur » de la finance. Les États signataires du futur ACS ne seraient quasiment plus autorisés à légiférer pour limiter les transactions financières transfrontalières (article X 3.2.).

Au nom de la libre concurrence les « monopoles d’État en matière de fonds de pension » – traduisez : les systèmes publics de Sécurité sociale – seraient, à terme, démantelés. Même « les assurances pour calamité naturelle » se devraient de ne plus fonctionner sous contrôle public.

Source  à faire circuler d’urgence: Libération

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