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Crash en Ukraine : « Peut-être que le remède contre le sida était à bord de cet avion »

Publié par wikistrike.com sur 18 Juillet 2014, 11:54am

Catégories : #Santé - psychologie

Crash en Ukraine : « Peut-être que le remède contre le sida était à bord de cet avion »

Des personnes rassemblées devant un panneau de la 20e Conférence internationale sur le sidaà Melbourne, le 18 juillet 2014 (STR/AFP)

Crash en Ukraine : « Peut-être que le remède contre le sida était à bord de cet avion »

Selon une première estimation, un tiers des passagers du vol MH17 Amsterdam-Kuala Lumpur abattu jeudi en Ukraine se rendaient à Melbourne pour la 20eConférence internationale sur le sida, qui débute dimanche.

Selon le Sydney Morning Herald et le Guardian, une centaine de chercheurs, d’humanitaires et d’activistes ont disparu dans l’accident. Le chiffre a été communiqué à des participants mais n’a pas été confirmé par les organisateurs. « Il y a beaucoup de confusion car c’est aujourd’hui [vendredi, ndlr] que beaucoup de participants sont attendus », nous dit le chercheur Asier Saez-Cirion [PDF], qui avait beaucoup de messages inquiets à son arrivée ce vendredi à Melbourne.

Dans un communiqué, l’International AIDS Society (IAS) a annoncé le maintien de la conférence, qui réunit 14 000 personnes :

« En reconnaissance de l’engagement de nos collègues dans la lutte contre le sida, la conférence aura lieu comme prévu et comportera des moments de réflexion pour se souvenir de nos disparus. »

Parmi eux, l’ancien président de l’IAS, le Néerlandais Joep Lange. L’actuelle présidente de l’IAS, la prix Nobel Françoise Barré-Sinoussi, est apparue très affectée lors d’une conférence de presse :

« Joep était un grand professionnel mais surtout une merveilleuse personne. Si sa mort était confirmée, ce serait une perte terrible pour chacun d’entre nous. Je n’ai vraiment pas de mots pour exprimer ma tristesse. Je suis absolument dévastée, si tout cela se confirme. »

Les militants français arrivés sains et saufs

Joep Lange, qui voyageait avec sa femme Jacqueline Van Tongeren, également chercheuse, travaillait sur le virus depuis 30 ans. Il a dirigé des essais cliniques capitaux sur les traitements antirétroviraux et travaillait sur la prévention de la transmission mère-enfant. Son ami et confrère australien David Cooper précisequ’il était très engagé dans la recherche de traitements accessibles, à destination des pays défavorisés en Asie et en Afrique.

Plusieurs autres chercheurs néerlandais étaient dans l’avion ainsi qu’un porte-parole de l’Organisation mondiale de la santé, Glenn Thomas. Cette conférence sur le Sida est la plus importante dans le monde et se tient tous les deux ans. Sa spécificité est de n’être pas uniquement scientifique : elle rassemble chercheurs, patients, cliniciens et activistes, venus à la fois des pays développés et de ceux les plus touchés par le virus.

La communauté de la lutte contre le Sida a déjà été victime de disparitions dans des circonstances dramatiques. Le docteur Jonathan Mann, une personnalité charismatique de la communauté scientifique, est mort dans un accident d’avion en 1998.

Plusieurs chercheurs français que nous avons tenté de joindre étaient vendredi matin en route vers Melbourne. Fred Bladou, militant de Aides, a dit au site Yaggque les activistes français étaient arrivés par d’autres vols.

Asier Saez-Cirion, chercheur à l’Inserm dans l’équipe de Françoise Barré-Sinoussi, pense que cette tragédie peut « souder la communauté encore plus, pour mener le combat avec plus de détermination que jamais ».

Les conséquences pour la lutte contre le sida sont difficiles à évaluer pour l’instant :

« Evidemment, cela aura un impact car il y avait à bord des gens importants qui avaient des programmes ambitieux. La recherche va prendre du retard, même s’il y a toujours des équipes capables de continuer le travail.

Il y avait sans doute aussi des jeunes chercheurs, des étudiants dont lesprogrammes de recherche vont être plus difficiles à poursuivre. Il y a aussi des activistes qui jouaient un rôle fondamental. »

« Leur connaissance est irremplaçable »

Pour le professeur Richard Boyd, interrogé par le Guardian australien, « cela aura des répercussions dans le monde entier car dès que vous perdez un spécialiste, dans quelque champ que ce soit, il y a des conséquences » :

« Leur connaissance est irremplaçable. Mais la communauté est très soudée, comme une famille. Elle va s’unir et cela va galvaniser les gens, les inciter àtravailler encore plus dur pour avancer dans la recherche. »

Trevor Stratton, consultant canadien dans la lutte contre le VIH, renchérissait sur la chaîne australienne ABC :

« Peut-être que le remède contre le sida était à bord de cet avion, on ne peut pas savoir. On ne peut pas s’empêcher de se demander quelle sorte d’expertise il y avait dans cet avion. »

http://rue89.nouvelobs.com/2014/07/18/crash-ukraine-peut-etre-remede-contre-sida-etait-a-bord-cet-avion-253783

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