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Rien ni personne n'est supérieur à la vérité

Selon Michel Sapin, "la bonne finance est l'amie de la France"

Publié par wikistrike.com sur 7 Juillet 2014, 10:05am

Catégories : #Economie, #Politique intérieure

Selon Michel Sapin, "la bonne finance est l'amie de la France"

"L'argent n'a pas d'identité, mais l'on détient quand même une carte"

Selon Sapinou, la bonne finance est l'amie de la France"

 

Les déclarations de Sapin :

« Nous avons à répondre à une très belle question : y a-t-il une finance heureuse, au service d’investissements heureux ? Je l’exprimerai autrement et vous verrez ma part de provocation. Notre amie c’est la finance : la bonne finance. »

Alors c’est quoi la différence entre la bonne et la mauvaise finance ?

Le problème c’est que Michel Sapin, qui prend grand soin de se couvrir des critiques à venirqu’il sait nombreuse en précisant qu’il va parler avec un brin de « provocation », n’explique pas du tout ce qu’est la bonne finance.

Alors essayons d’y voir plus clair et reposons les bases d’après nos amis socialistes en fonction qu’ils soient en campagne et dans l’opposition ou au gouvernement et aux affaires.

Je pense qu’il faut retenir que la mauvaise finance, c’est simple. Le trader de la banque, il voit une action, un État en mauvais état, une matière première agricole qui va venir à manquer, il spécule.
La bonne finance, ce n’est pas pareil. Le trader de la banque, il voit une action… un État en mauvais état, une matière première agricole qui va venir à manquer, il spécule mais ce n’est pas pareil, c’est de la bonne finance.

Et pourquoi c’est de la bonne finance ? Uniquement parce que nos amis du gouvernement ont besoin de le dire puisqu’ils n’ont jamais vraiment voulu se mettre les financiers à dos, surtout que comme le disait « Môa Président », c’est eux qui dirigent vu qu’ils ont le pognon et vu qu’on en a encore plus besoin de pognon qu’il y a deux ans, eh bien les ennemis supposés d’hier sont rapidement devenus les amis d’aujourd’hui.

La régulation est-elle une réalité ?

En Europe, la réponse est non. Les banques dirigent et l’affaire BNP Paribas montre justement le poids totalement démesuré d’une banque dans le PIB d’une nation et le risque que cela fait peser.

Non les banques ne sont pas mieux régulées aujourd’hui qu’hier. Il s’agit avant tout de mesures purement cosmétiques et ayant reçu l’assentiment desdits banquiers. À aucun moment il n’a été mis fin au désastreux mélange des genres entre la banque commercialedestinée uniquement à recevoir et gérer les dépôts des gens et les banques d’affaires ou d’investissement. À aucun moment nous n’avons cherché à démanteler ces banques trop grosses pour faire faillite, ce qui veut dire aussi et surtout qu’elles sont trop grosses pour être sauvées.

Non, la seule véritable régulation ce sont les dernières lois européennes sur le règlement d’une faillite bancaire qui autorisent toute ponction nécessaire sur les avoirs des gens pour toutes les sommes dépassant les 100 000 euros…

Une capitulation en rase campagne

Voilà la réalité des propos prononcés par Michel Sapin. Il s’agit d’une reddition en rase campagne à l’ennemi sans visage de « Môa Président » qui ne peut évidemment pas se payer aujourd’hui le luxe d’une attaque des marchés contre la dette de notre pays.

Certains y verront un réalisme salutaire et ils n’ont pas forcément tort. D’autres y verront une capitulation pure et simple et le reniement d’engagements de campagne. Ils n’auront, eux non plus, pas forcément tort.

Ce qui est sûr c’est que depuis le début, cette administration s’y est pris de façon stupide et sur presque tous les sujets. Le dernier en date étant cette stupide idée de multiplier par 5 lataxe de séjour pour les touristes… Encore une fois, et c’était ce que je disais, cette taxe peut être augmentée… mais progressivement ! Résultat : après avoir fanfaronné, là encore le gouvernement, aux dernières nouvelles, devrait reculer… ce qui n’est pas une mauvaise chose.

Alors la finance est-elle notre ennemi ? La réponse, en réalité, est assez simple. La finance n’a ni ami ni ennemi, la finance n’a en tête que ses propres intérêts et son intérêt est des plus simples à comprendre : faire encore plus d’argent comme seul et unique objectif à sa raison d’être.

En face, de la même façon, un État n’a pas d’ennemi ni d’ami au sens étymologique du terme, il a des intérêts stratégiques. Pour notre pays, notre territoire est considéré comme un sanctuaire. Si notre intégrité géographique ou si l’intégrité du peuple français étaient directement engagées, alors cela serait suffisant pour déclencher des frappes nucléaires. Telle est notre doctrine.

La véritable question à se poser n’est donc pas de savoir si le système financier mondialisé et globalisé est méchant. Évidemment qu’il est, méchant, immoral, sans foi, ni loi. La véritable question est de savoir si ce système financier menace aujourd’hui la France et le peuple de France et donc nos intérêts stratégiques.

Pour le moment, la réponse est objectivement non. Ce qui ne veut pas dire que cela va durer.

Enfin, car je crois qu’il est essentiel de comprendre cela, la seule façon de lutter contre la finance sans visage et très méchante est de ne pas en avoir besoin.

L’indépendance nationale à un prix et un coût. Ce coût c’est notre bonne et notre saine gestion. Si nous vivons au-dessus de nos moyens, eh bien chaque jour nos fins de mois seront assurées par des usuriers mais c’est nous les responsables de notre découvert.

Autant je considère l’euro comme une monnaie vouée à l’échec après avoir fait souffrir trop longtemps des peuples, autant je suis persuadé que ce n’est pas l’euro qui fait notremauvaise gestion depuis 40 ans maintenant.

Alors pour être sûr de ne pas avoir besoin d’affronter notre ennemi la finance, faisons en sorte de ne pas avoir besoin de ses services, c’est-à-dire de son argent. C’est une évidence et pourtant peu nombreux sont ceux qui la rappellent à tous.

Préparez-vous.

À demain… si vous le voulez bien !!

Charles SANNAT

Source : Le Contrarien matin

A PROPOS DES ROSES

 

Belline lit un magazine, Boniche dépoussière toujours.

BELLINE. (Sec) Dépoussière en silence, je te prie, je ne m’entends pas tourner les pages !

BONICHE. Pardonnez-moi, Madame.

-Silence-

BELLINE. (Riant) C’est incompréhensible. Amour, émotion, poésie, passion : Tous ces termes scientifiques me déconcertent.

BONICHE. Puis-je, Madame ?

BELLINE. Faîtes, Boniche, mais rapidement. Et pas les mains dans les poches.

BONICHE. Si je puis me permettre, que lisez-vous qui vous fasse tant d’effet ?

BELLINE.. Vous êtes bien curieuse.

BONICHE. Chez notre espèce, nous n’avons que des défauts..

BELLINE. (Morte de rire) Préoccupez-vous déjà de trouver une qualité à votre existence. Cela sera déjà pas mal.

BONICHE. Nous rêvons, Madame, que nous sommes des personnes aussi talentueuses que vous. Nous y croyons parfois. Et puis, comme vous vous en doutez, nos défauts nous rattrapent. Et ils sont nombreux.

BELLINE. Ma très chère, vous n’avez pas de défaut. Vous n’êtes rien. Expliquez comment un rien peut-il être moins que rien.

BONICHE. C’est impossible, en effet. La curiosité par exemple, on s’en sert pour nous donner envie, elle participe au rêve. Nous savons que c’est un défaut, mais au point de bassesse dans lequel nous vivons, nous l’assumons.

BELLINE. Vous m’êtes bien sympathique quand vous vous mettez à parler. Mais je préfère de loin quand vous vous taisez.

BONICHE. Moi aussi, je préfère. Je n’aime pas parler.

-Silence –

BELLINE. Un livre sur les roses.

BONICHE. Excusez-moi.

BELLINE. Je lis un livre sur les roses. Plus précisément sur les roses rouges. Ce qui m’étonne, c’est que je ne trouve rien qui parle d’argent.

BONICHE. (Qui prend confiance) C’est tout naturel, Madame.

BELLINE. Et pourquoi donc ?

BONICHE. Parce que vous avez acheté ce livre, qu’il vous en a coûté un certain prix, c’est en l’occurrence tout à fait normale que leurs auteurs ne dévoilent pas la vérité sur l’odeur des roses rouges. Mais nous, chez notre espèce, nous le savons.

BELLINE. Vous savez des parfums que nous ne pouvons capter ?

BONICHE. Il suffit de ne pas acheter, mais de sentir, de sentir avec votre…

BELLINE. Ah non ! Ne me parle pas de nez !

BONICHE. Je dis simplement qu’il faut sentir pour le croire. Pour me croire.

Belline regarde furieusement Boniche

BONICHE. Je dépoussière, Madame, je dépoussière.

-Silence-

BELLINE. (A elle-même) « Les roses sont des êtres vivants. Les arroser avec tendresse ». Tendresse, voilà un étrange mot. Boniche, tu veux bien me répondre.

BONICHE. Je n’ai pas le choix, Madame.

BELLINE. Très juste. Un truc me dérange sur ces choses.

BONICHE. Sur ces roses, vous voulez dire.

BELLINE. Passons. Ces Roses ont besoin d’eau ?

BONICHE. Ce sont des fleurs. Des êtres vivants. Elles sont comme votre compte en banque…

BELLINE. Enfin des paroles qui me sont familières !

BONICHE. Elles sont comme votre compte en banque, pour qu’elles grandissent, ou pour qu’elles fructifient si vous préférez, il leur faut des actions. Pour elles, une seule action suffit : les arroser.

BELLINE. Il faut donc investir, les placer !

BONICHE. Elles sont déjà bien placées sur votre table basse. Le but est maintenant de les arroser.

BELLINE. Pour qu’elles fructifient. Et plus j’en place, plus je gagne.

BELLINE. Vous avez tout compris. Les roses sentent l’argent, Madame. Ce serait désagréable de ne pas s’en occuper.

BELLINE. Et si je ne fais rien.

BONICHE. Elles fanent.

BELLINE. C’est horrible.

BONICHE. Mais de toute façon, les roses ne sont pas éternelles. Elles finissent toujours par céder à la volonté du temps.

BELLINE. Bien, je t’investis de cette tâche. Je veux qu’elles fanent le plus tard possible. Et va m’en chercher un magasin. Puisque ces choses…ces roses ne tiennent pas, autant en avoir en stock.

BONICHE. Elles faneront toutes en même temps. Dès qu’une meure, il vaut mieux en acheter une nouvelle.

BELLINE. Oh, tout cela me semble compliqué. Mais bon, cette mission est la tienne. Fais-moi honneur. Je t’augmenterai ton salaire de cent euros.

BONICHE. Sur mille euros, cela fait 10%. C’est idéal tandis qu’approche le Noël de mon fils que j’élève seule.

Belline fait tomber un objet qui se brise.

BELLINE. (Très en colère) -25 % sur ta paie.

BONICHE. Je le mérite, Madame.

BELLINE. Non mais quel travail tu me donnes !

 

 

Extrait du théâtre "L'autres espèce" de Ghisham Doyle

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