Le président américain Barack Obama s'est livré à un aveu rarissime vendredi soir, devançant la sortie d'un rapport sur les méthodes de la CIA : oui, les États-Unis ont pratiqué la torture sur des prisonniers. Des propos qui devancent la déclassification d'un rapport exclusif, dans les prochains jours, sur les méthodes de la CIA sous le mandat de George W. Bush. 

C'est vers la fin de sa conférence de presse traditionnelle, vendredi soir, que Barack Obama a prononcé ces mots : « Nous avons fait des choses contraires à nos valeurs ». En d'autres termes, le président américain venait de reconnaître clairement que les États-Unis avaient bien pratiqué la torture sur des prisonniers « après le 11-septembre ». Il l'avait déjà évoqué par le passé, mais peut-être pas aussi clairement. Washington a longtemps détenu des prisonniers, notamment 
dans des prisons secrètes sur le continent européen ou sur son sol, avant de les envoyer dans la prison de Guantanamo. 

 
« Lorsque nous avons utilisé certaines techniques d'interrogatoire poussé, des techniques que je considère et que toute personne honnête devrait considérer comme de la torture, nous avons franchi une ligne » (Barack Obama)

« Nous sommes allées trop loin »... Des mots qui précèdent de peu la déclassification, prévue pour le début du mois d'août, du rapport d'une commission du Sénat américain sur les méthodes musclées de la CIA après l'attaque terroriste sur le World Trade Center, pendant le mandat de George W. Bush, le prédécesseur de Barack Obama. Selon des fuites parues dans la presse, les quelque 600 pages de ce document potentiellement explosif pourraient choquer aux États-Unis et dans le monde. Elles révèleraient notamment l'existence de pratiques de torture bien pire que celles évoquées jusqu'alors. 
 

Il y a quatre ans, George W. Bush avait avoué que la CIA avait eu recours à la torture, notamment par noyade, et Barack Obama a toujours condamné ces méthodes d'interrogatoire. Il a d'ailleurs rappelé vendredi soir qu'il avait interdit ces méthodes à son arrivée au pouvoir en 2009.