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Hollande: "Quels problèmes identifies-tu ?" - Aubry: "Le problème, c'est toi"

Publié par wikistrike.com sur 11 Août 2014, 14:52pm

Catégories : #Politique intérieure

Hollande: "Quels problèmes identifies-tu ?" - Aubry: "Le problème, c'est toi"

Aubry attaque Hollande

Hollande: "Quels problèmes identifies-tu ?" - Aubry: "Le problème, c'est toi"

 

 

Pour ne pas l'installer en championne de «l'autre gauche», l'exécutif ne souhaite pas réagir trop vivement aux sorties de la maire de Lille, qui est revenue sur la scène.

 

 

Le 12 novembre dernier. Martine Aubry déjeune avec François Hollande à l'Élysée. Officiellement, la maire de Lille assure qu'il s'agit d'évoquer le sort de La Redoute, en difficulté. En réalité, le président veut savoir ce qu'Aubry, qui garde alors une prudente réserve, a dans la tête. Une manière de sonder et de «traiter» celle qu'il a toujours considérée comme une empêcheuse de tourner en rond. Hollande interroge: «Alors, Martine, que penses-tu de la situation? Quels problèmes identifies-tu?» La maire de Lille compte intérieurement jusqu'à trois, en battant la mesure avec la pointe de son escarpin. Avant de lâcher, très calmement: «Le problème, c'est toi.»

La relation entre les deux ex-adversaires à la primaire PS a toujours été exécrable, et elle le reste. «Mais comment as-tu pu faire avec un mou pareil pendant tant d'années?» a un jour demandé Martine Aubry à Ségolène Royal, ainsi que le raconte l'ex-conseillère de cette dernière dans un livre paru cet été*. Hollande se montre tout aussi sévère en privé. Mais, publiquement, le chef de l'État ne varie pas d'un pouce dans sa stratégie visant à contenir la maire de Lille: faire le dos rond, ne pas faire de vague. C'est aussi la tactique qu'il avait employée en 2012 quand Aubry régnait encore sur la Rue de Solferino. Afin de ne surtout pas «braquer Martine», Hollande avait demandé à ses amis de faire profil bas et de ne pas s'immiscer dans le choix du futur premier secrétaire du PS. «Son seul but, c'était qu'elle s'en aille, raconte un de ses amis. Pour s'en débarrasser, il était prêt à tout. Y compris à rater complètement la succession au PS.»

Très discrète depuis le début du quinquennat, la maire de Lille s'est enfin décidée à descendre dans l'arène. Mardi, elle a publié un communiqué sur Gaza appelant à une action de la communauté internationale, dont elle juge la réaction «insuffisante». Elle en profite pour rappeler qu'elle avait fait connaître cette position «dès le 15 juillet». Une manière de faire la leçon au chef de l'État, critiqué pour avoir changé plusieurs fois de discours depuis le début des événements au Proche-Orient. Publié au creux de l'été, ce communiqué n'a pas suscité la moindre réaction dans la majorité ou au gouvernement.

Même apparente indifférence de l'exécutif quand Aubry a décidé de sortir de sa réserve, fin juillet, pour critiquer la réforme territoriale. Un procès en règle de la méthode Hollande. «Depuis deux ans, si, dans les grands domaines, on avait eu une grande vision et une méthode, nous aurions eu un peu moins de problèmes», attaque la maire de Lille, dénonçant la partie de «Monopoly ou Sim City» à laquelle se livre le gouvernement et qui aboutit à changer la carte de France au gré des jours. Seul le premier ministre, Manuel Valls, lui répond alors, à chaud. «Je trouve que la réaction de Martine Aubry est disproportionnée», confie-t-il dans la foulée au JDD.

Pour le reste, silence dans les rangs. Comme si l'exécutif avait instinctivement dressé un cordon sanitaire autour de la rivale historique de Hollande. À l'heure où les frondeurs qui contestent la politique du président rêvent de voir Aubry s'imposer comme leur figure de proue, pas question d'alimenter une polémique susceptible de la propulser dans le rôle de championne de «l'autre gauche». Même Hollande s'est montré discret sur le sujet: le jour où la maire de Lille organise sa conférence de presse pour contester le rapprochement des régions Nord-Pas-de-Calais et Picardie, voté par le Parlement, le chef de l'État se trouve au Niger, dans la résidence française de Niamey, où il rencontre les expatriés. Interrogé sur cette première prise de parole d'Aubry depuis le remaniement d'avril, il feint de s'étonner: «Ah bon, elle a parlé?» Hollande refuse ostensiblement d'alimenter la polémique. «L'important, c'est que la réforme soit votée, et elle le sera», promet-il avant de changer de sujet.

En fin tacticien, Hollande sait le risque qu'il prendrait en répondant à la maire de Lille: la faire revenir sur le devant de la scène, alors que l'exécutif pense avoir réussi à juguler son «pouvoir de nuisance». «Elle est là, elle est dans le paysage, elle cherche à exister, c'est le jeu, minimise un proche de Hollande. Maintenant, qu'elle nous traite de “ joueurs de Monopoly”, ça entre plutôt dans la catégorie des compliments, de sa part.» Pour l'heure, les hollandais font mine de ne pas trop s'inquiéter des critiques de la maire de Lille. Jugeant notamment qu'elle a plutôt mal choisi son moment pour s'inviter dans le débat public: sa charge contre la réforme territoriale est intervenue juste avant le crash de l'avion en Ukraine et le début de l'offensive israélienne dans la bande de Gaza. «C'était assez maladroit, et le timing était mal choisi», note un ennemi de la maire de Lille, qui explique pourquoi il n'a pas «remis un euro dans la machine en lui répondant». La tactique de Hollande et de ses amis pourrait s'avérer gagnante. Selon la dernière livraison de l'Observatoire politique CSA-Les Échos-Radio classique, la maire de Lille a perdu 11 points de bonnes opinions auprès de l'électorat de gauche en un mois.

* Françoise Degois, «Quelle histoire!», Plon, 16,90 euros.

 

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