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Les candidats d’une télé-réalité israélienne ne savent pas qu’il y a une guerre dans leur pays

Publié par wikistrike.com sur 1 Août 2014, 11:27am

Catégories : #Insolite - étrange et bêtise humaine

Les candidats d’une télé-réalité israélienne ne savent pas qu’il y a une guerre dans leur pays

triste information

Les candidats d’une télé-réalité israélienne ne savent pas qu’il y a une guerre dans leur pays

 

 

« Comme ce rose est kitsch ! Le blanc, c’est bien plus classe. » Dans un appartement à la décoration impersonnelle, une quinzaine de personnes se disputent sur la couleur d’une nappe ou le menu idéal d’un mariage. Puis retournent se prélasser au bord d’une piscine. A soixante-dix kilomètres de là, les tanks et l’aviation israélienne rasent les quartiers de Chajaya et de Beit Hanoun, causant des centaines de morts, tandis que les soldats de l’Etat hébreu sont pris pour cibles par des combattants du Hamas.

Si nos colocataires n’évoquent jamais la guerre… c’est parce qu’ils ne savent rien de l'ampleur du conflit en cours ! Depuis des semaines, ils vivent reclus : ils participent à l’édition 2014 de Big Brother, l’équivalent israélien du Loft, diffusée en ce moment, sur la chaîne commerciale Arutz 2, le TF1 local. « Nous informons les participants uniquement de ce qui peut les affecter dans leur vie quotidienne, ou de ce qui touche leur famille, assume le producteur. De toute façon, leur parler des combats n’aurait rien apporté à l’émission. Et même en temps de guerre, les téléspectateurs ont le droit de se distraire ».

Big Brother continue donc d'être diffusé, en direct, trois fois par semaine, coincé entre deux tranches d'information, car Arutz 2 consacre désormais la quasi totalité de ses programmes à des émissions spéciales sur le conflit avec Gaza.

Il a fallu attendre qu’une alerte retentisse dans les studios, situés dans la banlieue de Jérusalem, pour que la guerre fasse son apparition dans l’émission. Les participants ont été priés de se rendre dans un abri, et les caméras ont saisi sur le vif leur affolement. « La première fois, on nous a dit qu’il s’agissait d’une fausse alerte. Nous avons cru que cela faisait parti du jeu », raconte Menahem, 65 ans. Ce n’est qu’à la seconde alarme que la production se décide à parler pour la première fois du conflit aux candidats, en évoquant avec eux « une crise dans le Sud, mais rien de différent de ce que vous avez déjà connu ». Aucun mot sur l’ampleur du conflit, et surtout, sur les très nombreuses victimes de cette guerre, la plus meurtrière qu’ait jamais connue Gaza.

Pour le doyen de la troupe, éliminé mi-juillet, le réveil a été rude : « J’ai eu l’impression de me retrouver en plein cauchemar. Là-bas, nous vivions dans une bulle, coupés du monde. J’avais plein de temps pour me consacrer à ma passion, l’étude de la Thora. » Tzahi, 33 ans, œil de velours et pectoraux musclés, vient de passer deux mois dans le loft. Même sentiment à sa sortie. « J’ai découvert l’horreur. Depuis, je reste chez moi. Je suis mal, je passe mon temps à regarder les infos à la télé. Je m’identifie aux soldats tués ». Lui espère être bientôt appelé sur le front. Un obus a détruit la semaine dernière une maison tout près de la ville de Lod, où il habite… Reste que ce père d’un enfant de 4 ans confesse avoir a-do-ré son expérience de télé-réalité, « un super moment de rigolade et de détente entre potes ». Son meilleur souvenir : « la soirée Far West, où tout le monde était déguisé en cow-boy ».

 

Big Brother - Capture d'écran, Arutz 2

 
Big Brother - Capture d'écran, Arutz 2
 

 

Malgré ses difficultés financières – beaucoup d’annonceurs ont annulé leurs campagnes de pub à cause de la guerre –, Arutz 2 continue de diffuser Big Brother. L’audience a encore grimpé depuis le début du conflit : +2 points, soit 34,5% de part de marché et un million de téléspectateurs en moyenne.

Tout est fait pour booster l’Audimat, avec de nouveaux défis lancés chaque semaine aux colocataires sous le signe des « aliens ». La production compte surprendre Martine, la candidate franco-israélienne, en lui faisant croire qu’une équipe de télévision française va faire un reportage sur elle. Reste à dénicher un journaliste télé, qui se prêterait au jeu. Français, bien sûr. « Ah bah ça tombe bien, vous à Télérama, vous pourriez demander ça au correspondant de France 24 à Jérusalem ? Comment, il n’est pas disponible… il est où alors ? A Gaza ! Ah bon ? Et vous me dites que ça risque d’être le cas pour tous les journalistes français !? Hum, très embêtant ça… »

On l’a donc vérifié, le conflit n’existe pas vraiment dans l’univers de Big Brother.

 

http://television.telerama.fr/television/quand-les-candidats-du-big-brother-israelien-decouvrent-la-guerre,115411.php

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