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Potager : en un siècle, 75 % de la diversité génétique a disparu

Publié par wikistrike.com sur 9 Octobre 2014, 20:02pm

Catégories : #Ecologie - conso - biodiversité - énergie

Potager : en un siècle, 75 % de la diversité génétique a disparu

Pour chaque espèce de fruits et légumes, des centaines de variétés ont disparu en l’espace d’un siècle. Données issues de National Center for Genetic Resources Preservation

Potager : en un siècle, 75 % de la diversité génétique a disparu  

 

Grainothèques et bourses aux semences permettent aux particuliers de se réapproprier leur patrimoine. En un siècle, 75 % de la diversité génétique cultivée a disparu.

 

emences à partager. Prenez et déposez librement les graines qui vous plaisent ». C’est en ces mots que s’annonce l’intention de la boîte en carton déposée à proximité d’ouvrages de jardinage de la bibliothèque de Waimes. « Les graines contiennent de l’information, ouvrent à la réflexion, se partagent comme un livre ou une photo et passent de main en main. Elles ont dès lors toute leur place au milieu des livres », explique Roseline Lemaire, responsable de l’établissement qui se veut en transition. Cette initiative d’emprunt gratuit de graines en tout genre vient de France, où en moins d’une année, elle a conquis 60 bibliothèques municipales. Chez nous, Uccle se lance également dans l’aventure.

Pourquoi inciter les particuliers à troquer les graines qu’ils cultivent dans leur jardin ? La réponse vient tout droit de Sébastien Wittevert, le fondateur de l’initiative, ancien cadre en finances de marché reconverti dans le maraîchage,« pour nous interroger sur notre héritage semencier en péril et défendre la biodiversité ». L’érosion de cette dernière est majeure. Selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), en un siècle, l’humanité aurait perdu 75 % de la diversité génétique cultivée. « En moins de 100 ans, 95 % des variétés de choux, 91 % de variétés de maïs, 94 % de variétés de pois et 81 % de variétés de tomates ont disparu aux Etats-Unis », explique Dr Stephen Kampelmann, économiste à l’ULB et au Centre d’écologie urbaine.

En outre « 75 % de l’alimentation mondiale est générée par seulement 12 plantes et 5 espèces animales. Près de 60 % des calories et protéines végétales consommées par l’humanité ne proviennent que de 3 céréales : le riz, le maïs et le blé ». Et d’ajouter, « depuis quelques années, on assiste à une terrible standardisation génétique des plantes ». Les légumes produits dans l’Union européenne seraient issus à plus de 70 % de semences hybrides, « rendant les producteurs très dépendants des multinationales agroalimentaires. »

Qu’en est-il pour le jardinier amateur ?

S’il veut acheter des graines, il peut se rendre en grandes surfaces, où les semences vendues, pour la plupart hybrides, sont standardisées par ces mêmes multinationales. Inutile dès lors de collecter en fin de saison les précieux grains sur des légumes laissés en fleurs : nombreux seront stériles ou de basse qualité. Si le jardinier souhaite néanmoins avoir l’opportunité de perpétuer la variété par ses soins, une autre solution consiste à s’approvisionner auprès d’organismes comme Kokopelli ou Semailles. Leur particularité est de vendre des semences paysannes fertiles. La plupart d’entre elles mènent à des légumes quelquefois biscornus. Or, l’Union européenne prône l’homogénéité des fruits et légumes pour en faciliter la culture, le transport et le conditionnement. En effet, un poivron acheté dans un hypermarché à Bruxelles est le parfait sosie d’un autre qui l’est à Berlin. En l’absence de cette homogénéité, et malgré d’autres qualités comme la résistance naturelle aux nuisibles locaux, les variétés du terroir s’en trouvent tenues à l’écart du grand livre des semences autorisées à la commercialisation par l’Union européenne (il s’agit du Catalogue officiel des espèces et variétés).« Les graines que l’on vend sont illicites. Cela n’empêche, elles rencontrent un beau succès auprès des particuliers qui, soucieux de préserver la biodiversité du terroir, désirent rester maîtres des semences en les cultivant par eux-mêmes »explique Isabelle Chapelle, directrice de l’antenne belge de Kokopelli.

Le commerce des semences paysannes non enregistrées est donc illégal, mais en l’absence de transaction financière, le troc a encore de beaux jours devant lui. C’est la raison de l’instauration des grainothèques, mais également des bourses aux graines. Une action d’envergure est prévue le 11 octobre, durant le Zaden festival. Swen Ore, du Centre d’écologie urbaine explique qu’« à Bruxelles, Londres, Amsterdam, Varsovie et Athènes vont se tenir en parallèle des débats et des conférences ainsi que d’immenses bourses aux graines permettant de se réapproprier son patrimoine. »

 

Source

 

emences à partager. Prenez et déposez librement les graines qui vous plaisent ». C’est en ces mots que s’annonce l’intention de la boîte en carton déposée à proximité d’ouvrages de jardinage de la bibliothèque de Waimes. « Les graines contiennent de l’information, ouvrent à la réflexion, se partagent comme un livre ou une photo et passent de main en main. Elles ont dès lors toute leur place au milieu des livres », explique Roseline Lemaire, responsable de l’établissement qui se veut en transition. Cette initiative d’emprunt gratuit de graines en tout genre vient de France, où en moins d’une année, elle a conquis 60 bibliothèques municipales. Chez nous, Uccle se lance également dans l’aventure.

Pourquoi inciter les particuliers à troquer les graines qu’ils cultivent dans leur jardin ? La réponse vient tout droit de Sébastien Wittevert, le fondateur de l’initiative, ancien cadre en finances de marché reconverti dans le maraîchage,« pour nous interroger sur notre héritage semencier en péril et défendre la biodiversité ». L’érosion de cette dernière est majeure. Selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), en un siècle, l’humanité aurait perdu 75 % de la diversité génétique cultivée. « En moins de 100 ans, 95 % des variétés de choux, 91 % de variétés de maïs, 94 % de variétés de pois et 81 % de variétés de tomates ont disparu aux Etats-Unis », explique Dr Stephen Kampelmann, économiste à l’ULB et au Centre d’écologie urbaine.

En outre « 75 % de l’alimentation mondiale est générée par seulement 12 plantes et 5 espèces animales. Près de 60 % des calories et protéines végétales consommées par l’humanité ne proviennent que de 3 céréales : le riz, le maïs et le blé ». Et d’ajouter, « depuis quelques années, on assiste à une terrible standardisation génétique des plantes ». Les légumes produits dans l’Union européenne seraient issus à plus de 70 % de semences hybrides, « rendant les producteurs très dépendants des multinationales agroalimentaires. »

Qu’en est-il pour le jardinier amateur ?

S’il veut acheter des graines, il peut se rendre en grandes surfaces, où les semences vendues, pour la plupart hybrides, sont standardisées par ces mêmes multinationales. Inutile dès lors de collecter en fin de saison les précieux grains sur des légumes laissés en fleurs : nombreux seront stériles ou de basse qualité. Si le jardinier souhaite néanmoins avoir l’opportunité de perpétuer la variété par ses soins, une autre solution consiste à s’approvisionner auprès d’organismes comme Kokopelli ou Semailles. Leur particularité est de vendre des semences paysannes fertiles. La plupart d’entre elles mènent à des légumes quelquefois biscornus. Or, l’Union européenne prône l’homogénéité des fruits et légumes pour en faciliter la culture, le transport et le conditionnement. En effet, un poivron acheté dans un hypermarché à Bruxelles est le parfait sosie d’un autre qui l’est à Berlin. En l’absence de cette homogénéité, et malgré d’autres qualités comme la résistance naturelle aux nuisibles locaux, les variétés du terroir s’en trouvent tenues à l’écart du grand livre des semences autorisées à la commercialisation par l’Union européenne (il s’agit du Catalogue officiel des espèces et variétés).« Les graines que l’on vend sont illicites. Cela n’empêche, elles rencontrent un beau succès auprès des particuliers qui, soucieux de préserver la biodiversité du terroir, désirent rester maîtres des semences en les cultivant par eux-mêmes »explique Isabelle Chapelle, directrice de l’antenne belge de Kokopelli.

Le commerce des semences paysannes non enregistrées est donc illégal, mais en l’absence de transaction financière, le troc a encore de beaux jours devant lui. C’est la raison de l’instauration des grainothèques, mais également des bourses aux graines. Une action d’envergure est prévue le 11 octobre, durant le Zaden festival. Swen Ore, du Centre d’écologie urbaine explique qu’« à Bruxelles, Londres, Amsterdam, Varsovie et Athènes vont se tenir en parallèle des débats et des conférences ainsi que d’immenses bourses aux graines permettant de se réapproprier son patrimoine. »

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