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Une première en Europe: PODEMOS, premier parti anti-système en tête des intentions de vote en Espagne

Publié par wikistrike.com sur 3 Novembre 2014, 09:05am

Catégories : #Politique internationale, #Social - Société

Une première en Europe: PODEMOS, premier parti anti-système en tête des intentions de vote en Espagne

Cela risque de se répandre

Une première en Europe: PODEMOS, premier parti anti-système en tête des intentions de vote en Espagne

 

Ce billet est un complément à l'excellente synthèse d'Alfred Ledinguesur la situation actuelle de l'Espagne, embourbée dans une crise profonde ( 52 % de sa jeunesse au chômage, apparition de la grande pauvreté,etc...) et plongée depuis plusieurs années dans une série d'affaires de corruption qui démontrent chaque jour qu'il ne s'agit pas de simples cas isolés mais de dérive d'une génération politique corrompue dont les représentants ont été achetés par les grandes puissances financières nationales et internationales. 

Dans ce contexte, et face au discrédit des partis qui ont gouverné pendant 3 décennies ce pays, le parti PODEMOS né des plateformes citoyennes et du mouvement du 15-M apparaît comme la seule forme de regénerer toute une classe politique corrompue jusqu'à la moelle et dont on n'a aucune raison de penser qu'elle est à même de se corriger. 

Le sondage metroscopie publié par EL PAIS aujourd'hui dimanche 2 Novembre va provoquer un petit séisme car pour la première fois dans l'histoire de l'Espagne et d'un pays européen, un parti anti-système engrange le plus grand nombre d'intentions de votes. 

Les Etats-majors des 2 grands partis de pouvoir PP et PSOE assistent impuissants à une déferlante qu'ils ne peuvent contenir après ce mois d'Octobre de folie pendant lequel ont eu lieu des dizaines d'arrestations d'élus et d'hommes d'affaires ( opération PUNICA). 

Hier il y a eu un grand débat télévisé sur la SEXTA sur le phénomène PODEMOS avec des représentants de tous les grands courants, et d'ores et déjà on voit de quelle manière l'establishment va tenter de juguler l'effet devastateur de cette nouvelle force politique. Les partis traditionnels jouent sur la peur et tentent de diaboliser PODEMOS, en promettant mille maux pour la société en cas de victoire de ceux-ci : 

- programme économique utopique qui mènera le pays à la ruine 
- perte des libertés individuelles due à un parti qui serait selon eux subventionné de manière occulte par le Venezuela ou l'Iran...ou d'autres puissances " maléfiques", voire des groupes terroristes. 
- perte pour la middle-class de son patrimoine (agitation du spectre d'une révolution chaotique avec des bolchéviques le couteau entre les dents...) 

PODEMOS se défend très bien de toutes ces attaques qui ne font que le renforcer et a déjà assigné en justice le journal EL MUNDO qui colporte des infamies et qui essaie de salir l'image de Pablo Iglesias. 

Ces tentatives me paraissent pathétiques car le mouvement PODEMOS n'est pas centré sur le personnage de Pablo IGLESIAS mais sur une série d'idées concrètes soumises à l'approbation démocratique directe. Par ailleurs, il y a dans cette formation 5 ou 6 représentants très bien préparés qui peuvent parfaitement reprendre le flambeau à n'importe quel moment. PODEMOS ce n'est pas un leader, ni même un groupe de personnes, mais des idées... 

Enfin il faut savoir que le projet de PODEMOS est de gagner les élections générales de 2015 mais avant il y aura les municipales et les régionales pour lesquelles ce parti n'est pas préparé ( il est bien trop jeune) pour présenter des listes dans chaque municipalité. Ces élections de l'année prochaine pourraient se transformer en piège et PODEMOS préfère ne pas s'y présenter en tant que parti, et simplement appuyer localement des forces d'opposition...c'est très sage de leur part car l'objectif c'est GAGNER les générales et il ne faut pas prendre le risque d' une érosion ou d'une rupture d'un élan et d'une dynamique nationale à cause de "lapsus" locaux... 

Face à ce plan stratégique, les partis traditionnels n'opposent pour l'instant qu'un seul atout : LA PEUR. La peur du chaos économique, la peur de la misère, la peur d'une révolution bolivarienne qui balaie tout, la peur pour les petites gens de perdre leur modeste patrimoine... 

Les partis de la CASTE agitent cet épouvantail : "sans nous, point de crédit international... sans nous la prime de risque s'envole...sans nous les investisseurs internationaux fuiront...sans nous le pays s'enfoncera dans la récession...sans nous point de salut...." 

Je suis convaincu que cette riposte basée sur la peur ne sera pas de nature à freiner l'émergence d'un mouvement qui est en train de lisser tout ce qui pourrait dans son discours apparaître comme une prise de pouvoir violente et antidémocratique. 

Les partis traditionnels n'ont pas mesuré à quel point les gens sont exaspérés, et écœurés par leur gestion irresponsable, par leur manque de vergogne, par l'incroyable culot avec lequel ils se sont enrichis alors qu'ils portaient le pays à la ruine... Ces gens-là doivent partir et laisser la place à d'autres. 

Le Parti Socialiste espagnol a déjà réagi en se défaisant d'Alfredo RUBALCABA l'ancien secrétaire général qui tenait les rênes et en élisant un jeune quadra, Pedro Sanchez, capable de représenter la régénération et qui ne traîne aucune vilaine casserole derrière lui. 

Le PP de Rajoy n'arrive pas ( pour l'instant) à se régénérer car il faudrait virer tout le monde ("la cúpula") ou presque à commencer par le propre président Rajoy, qui a demandé pardon au peuple espagnol cette semaine dans des conditions et avec un manque de cohérence et de crédibilité assez pathétiques... 

Alors, les amis, que penser de PODEMOS ? 

Moi, je ne suis pas prophète, et ce n'est pas ma vocation : simplement je pense qu'aujourd'hui l'Espagne a la nitro dans une main et la glycérine dans l'autre...L'Espagne pourrait devenir la première puissance européenne et occidentale où des forces non directement issues d'une classe politique archaïque, acquise à la grande finance, offre au peuple une alternative. Il n'est pas interdit de rêver qu'il se produise un bouleversement au sein de l'UE et que la tête de pont soit PODEMOS qui pourrait non seulement avoir un effet national révolutionnaire, mais aussi un effet de contagion sur tous les pays en crise.

 

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