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Le pillage du patrimoine amérindien se poursuit, et cela se passe en France, pays des droits de l'homme

Publié par wikistrike.com sur 16 Décembre 2014, 09:04am

Catégories : #archéologie - Histoire - Préhistoire - Patrimoine, #peuples du monde

Le pillage du patrimoine amérindien se poursuit, et cela se passe en France, pays des droits de l'homme

Une nouvelle série de masques et de poupées sacrées des indiens Hopis et Navajos a été vendue aux enchères ce lundi 15 décembre 2014, malgré l'opposition de leur tribu.

 

MASQUES. Et de quatre ! Avec cette vente aux enchères qui se déroule ce lundi 15 décembre 2014 à l’hôtel Drouot, à Paris, cela fait quatre fois que des objets sacrés appartenant aux indiens Hopis (une tribu d'une douzaine de villages, et totalisant 18.000 personnes vivant dans le nord-est de l’Arizona, aux États-Unis) ainsi qu'aux Navajos sont vendus dans la capitale. Cette vente d'objet "d'Art amérindien et précolombien", organisée par la société de ventes aux enchères Eve, comporte pas moins de 275 pièces.

Parmi elles, des vases, des haches, des coupes, des statuettes, mais aussi une cinquantaine de masques sacrés Kachina (cf illustration ci-dessus). Dans la culture Hopi, ces derniers ne sont pas des représentations des esprits mais ils sont des objets que ces esprits peuvent venir incarner, explique le journal Hopi Tutuveni, un journal qui se présente comme "officiel" de la tribu.

Plaintes de la part des tribus

Une fois de plus, les responsables Hopis s'indignent contre cette vente d'objets culturels. Ils ont fait appel à "Survival International", une association basée à Londres militant pour la défense et la protection des peuples indigènes pour tenter, jusqu'à présent en vain, de faire suspendre les transactions.

"OUTRAGE". "Le droit des États-Unis tout comme le droit international prohibent la vente et l’exportation des Kachina, explique leur avocat Pierre Servan-Schreiber dans un communiquéLes objets aujourd’hui mis en vente ont nécessairement été exportés des États-Unis, ce qui fait courir un doute sérieux quant au droit de propriété dont se prévalent les personnes les mettant en vente. Il est donc impératif de tracer l’origine de ces objets sacrés afin de démontrer le cas échéant le caractère illicite de leur importation puis de leur vente ou de leur acquisition en France" poursuit-il. 

"Cette vente est un nouvel outrage à la dignité et au respect des Indiens hopi qui sont les légitimes propriétaires de ces objets sacrés. Il est temps que les acquéreurs de tels objets prennent conscience de l’immoralité de cette marchandisation" ajoute Jean-Patrick Razon, directeur de Survival International France.

Des appuis internationaux

Une démarche soutenue par le projet américain Holocaust Art Restitution, qui mène un travail de fourmi pour récupérer les œuvres d'art pillées par les nazis durant la seconde guerre mondiale. Le 9 décembre 2014, cette organisation avait saisi le Conseil des Ventes afin de demander l'annulation des enchères. Une demande rejetée deux jours plus tard. De son côté, l’ambassade américaine a également réagi via un communiqué dans lequel elle "réitère son appel auprès de la maison de ventes Eve afin qu’elle encourage un dialogue entre les vendeurs de ces objets sacrés et les nations Navajo et Hopi, pour aboutir à la restitution de ces objets à ces nations".

La première de cette série de ventes a commencé le 12 avril 2013. L'étude Néret-Minet Tessier & Sarrou avait alors mis en vente 70 masques sacrés et récupéré ainsi 1,2 millions de dollars chiffre le journal Hopi Tutuveni. Ce dernier précise que lors de cette vente, la fondation Annenberg avait fait l'acquisition de 21 objets Hopi et de trois coiffes apaches pour un montant de 530.000 dollars, afin de les restituer aux tribus qui les revendiquaient.

Une seconde vague a eu lieu en décembre 2013. Puis c'est une trentaine d'objet qui a été mise en vente le 27 juin 2014 par l'étude Eve. Seuls neufs d'entre eux avaient été cette fois vendus pour un prix moyen de 20.800 dollars. À chaque fois les Indiens ont porté plainte. Ils n'ont jusqu'à présent jamais eu gain de cause.

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