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BNP Paribas, Natixis (BPCE), Société Générale et Crédit agricole spéculent sur la faim dans le monde

Publié par wikistrike.com sur 24 Février 2015, 06:44am

Catégories : #Economie

BNP Paribas, Natixis (BPCE), Société Générale et Crédit agricole spéculent sur la faim dans le monde
BNP Paribas, Natixis (BPCE), Société Générale et Crédit agricole spéculent sur la faim dans le monde
Deux ans après un premier rapport, l’ONG Oxfam France dévoile que les financiers spéculent toujours sur les matières premières agricoles.

En lançant, en 2013, une campagne contre les activités spéculatives des banques françaises sur les matières premières agricoles, l’ONG Oxfam France avait jeté un pavé dans la mare boueuse des pratiques bancaires. Prises en défaut par les révélations d’Oxfam, les mastodontes Crédit agricole, BNP Paribas, Société générale et le groupe BPCE s’étaient engagés – ou pas – à réduire significativement le volume de leurs fonds spéculatifs sur ce marché. Deux ans après, où en sommes-nous ? C’est la question à laquelle répond l’ONG dans un rapport publié aujourd’hui. Et le constat est sans appel : la faim aiguise toujours les appétits des grandes banques françaises. En 2013, Oxfam avait calculé que la valeur totale des 18 fonds permettant aux quatre grandes banques soupçonnées de spéculer sur les matières premières agricoles était de 2 583 millions d’euros. Après engagements pris par les banques de faire diminuer ces chiffres, ces mêmes fonds représentent aujourd’hui… 3 561 millions d’euros ! Oxfam révèle dans le détail que seul le Crédit agricole a respecté ses engagements et ne possède plus aucun fonds de ce type. BNP Paribas et la Société générale spéculent toujours autant et le groupe BPCE, qui n’avait pas eu l’outrecuidance de s’engager en 2013, a fait grimper le montant de ses fonds agricoles de 43 % en deux ans. Une liste de chiffres et de produits bancaires qui pourraient paraître un peu techniques, voire obscures. À ceci près que spéculer sur les matières premières agricoles n’est pas anodin. « Ces activités aggravent la volatilité des prix et rendent l’accès aux denrées alimentaires de base de plus en plus difficile pour les populations les plus pauvres du monde », rappelle Oxfam. Et si l’ONU estime à 800 millions le nombre de personnes souffrant de la faim à travers le monde – une personne sur neuf –, la production de nourriture à l’échelle mondiale est largement suffisante pour tous nous rassasier.

Jusqu’à 181 %d’augmentation 
pour le blé en trois ans

Le nœud du scandale se situe donc entre le producteur et le consommateur, dans cette vaste zone grise qu’est la finance. « Les marchés agricoles se financiarisent de manière spectaculaire », souligne Oxfam, qui précise que, « conjuguée à la promotion des agrocarburants, à l’abandon des politiques de stockage, aux effets du changement climatique et au manque d’investissements structurel dans les agricultures paysannes, (cette) spéculation excessive (…) pousse des millions de personnes dans la pauvreté absolue, et augmente l’insécurité alimentaire mondiale ». Ainsi, de février 2005 à février 2008 (année d’une crise alimentaire sans précédent), « les prix alimentaires ont globalement augmenté de 83 % », et jusqu’à 181 % pour le blé ! Une hausse des prix qui « touche plus sévèrement les ménages les plus pauvres des pays du Sud, qui peuvent consacrer jusqu’à 75 % de leur budget à l’alimentation, alors que les ménages des pays développés n’y consacrent, en moyenne, que 10 à 20 % de leurs revenus », explique Oxfam. Dans la spirale infernale de la faim, la responsabilité du secteur bancaire est accablante. Celle des politiques aussi. Dans son rapport, l’ONG rappelle qu’en 2012, le candidat Hollande s’était engagé à « mettre fin aux produits financiers toxiques qui enrichissent les spéculateurs et menacent l’économie ». Promesse non tenue.

Source

RAPPEL

 

Oxfam, une organisation non gouvernementale (ONG) de solidarité internationale, a profité des débats sur la réforme bancaire à l’Assemblée nationale, pour dénoncer à nouveau la spéculation des grandes banques occidentales sur les marchés agricoles, ainsi que leur responsabilité dans la flambée des prix, qui affame les populations de l’hémisphère sud. 

Dans un rapport intitulé  « Ces banques françaises qui spéculent sur la faim », qui sera publié mardi 12 février, l’ONG révèle que les quatre principaux acteurs du secteur – BNP Paribas, Natixis (BPCE), Société générale et Crédit agricole – géraient, pour leurs clients, en novembre 2012, « au moins dix-huit fonds qui spéculent sur les matières premières ».

« Il y a deux façons de spéculer, explique Clara Jamart, responsable de la sécurité alimentaire chez Oxfam France. En prenant des positions sur les marchés de produits dérivés de matières agricoles. Ou par ces fonds indiciels, qui suivent les prix des matières premières agricoles et les poussent à la hausse. »

« La majorité de ces fonds ont été créés depuis la crise alimentaire de 2008, dans le but manifeste de faire des profits sur la hausse tendancielle des marchés agricoles »,estime Clara Jamart. « C’est grave, car la faim est un problème de prix. Nous produisons assez pour nourrir l’humanité », ajoute-t-elle.

BNP Paribas arrive largement en tête avec plus de 55% de l’activité totale en termes de nombres de fonds (10) et de montants investis estimés (1.419 milliard d’euros), loin devant Natixis (un fonds, 620 millions d’euros), Société générale (quatre fonds, 467 millions) et Crédit agricole (2,25 fonds, 77 millions d’euros).

Crédit mutuel, la Banque postale, Crédit coopératif et la Nef «feraient figure de banques responsables», écrit Oxfam, qui souligne toutefois que ces relevés ne sont «pas exhaustifs» compte tenu de la complexité et l’opacité de ces activités spéculatives.

«BNP Paribas a nié faire de la spéculation, le Crédit agricole a annoncé qu’il fermerait trois de ses fonds mais pour de mauvaises raisons et BPCE a fait mine de découvrir leur existence», raconte Clara Jamart. «Notre objectif est de les faire se positionner sur le sujet et prendre des engagements à réduire puis à renoncer à ces activités de spéculation», poursuit-elle.

Ce rapport vise à interpeller les parlementaires français à l’occasion du lancement d’un débat crucial sur le projet de loi qui prévoit d’interdire les activités de spéculation en fonds propres des banques sur les marchés des matières premières agricoles. Oxfam demande donc aux députés de revoir leur copie et de n’autoriser que les opérations «correspondant à un besoin légitime de couverture des risques liés à l’activité agricole sur les marchés physiques.

Sources : Oxfam / Le Monde /  20 Minutes / Le Journal du Siècle

 
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