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L'éléphant d'Afrique pourrait disparaître d'ici 10 à 20 ans

Publié par wikistrike.com sur 24 Mars 2015, 08:28am

Catégories : #Ecologie - conso - biodiversité - énergie

L'éléphant d'Afrique pourrait disparaître d'ici 10 à 20 ans

Victime du braconnage à cause de ses défenses en ivoire, le grand mammifère d'Afrique pourrait disparaître à l'état sauvage à moyen terme. Chaque année, 25.000 à 30.000 individus sont abattus, sur une population d'environ 500.000. Pour les ONG, c'est la Chine qui détient la clé de l'avenir de l'animal.

Il y a urgence pour sauver l'éléphant d'Afrique. Si de très énergiques mesures ne sont pas prises immédiatement, il pourrait à court terme disparaître à l'état sauvage, victime du braconnage pour l'ivoire, ont averti des experts réunis ce lundi au Botswana pour tenter de sauver cet emblématique géant. Il s'agit de la deuxième rencontre internationale de ce type depuis 2013.

"Dans cinq ans, il sera peut-être trop tard pour sauver cet animal magnifique", a déclaré devant des délégués d'une vingtaine d'ONG et d'autant de gouvernements Dune Ives, chercheuse à la fondation philanthropique Vulcan du milliardaire américain Paul Allen, venue présenter les résultats des derniers recensements d'éléphants :

Cette espèce risque l'extinction dans le courant de notre vie si la tendance n'est pas inversée. (...) D'ici une à deux décennies.

On ne peut donner que des estimations sur sa population : il restait 470.000 individus à l'état sauvage en 2013, selon les chiffres présentés à la conférence de Kasane. Contre 550.000 en 2006. Au rythme de 25 à 30.000 animaux abattus par an, la mortalité surpasse désormais le taux de natalité de cet animal, qui n'a qu'un petit à la fois, après une gestation de 21 mois.

Comme une dramatique illustration des craintes exprimées lors du sommet, le Parc national de la Garamba, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, a annoncé ce lundi que trente éléphants y avaient été abattus en à peine deux semaines.

L'ivoire quitte l'Afrique par le Kenya et la Tanzanie pour rejoindre l'Asie

Si la courbe ne s'inverse pas, l'éléphant d'Afrique est condamné à mort. Le déclin est déjà particulièrement net en Afrique de l'Est, au Kenya et en Tanzanie.

Des cartes des "routes de l'ivoire", élaborées par l'association TRAFFIC -- spécialisée dans la traque des exportations illégales d'espèces menacées -- montrent d'ailleurs clairement que c'est par les ports ou aéroports kenyans et tanzaniens que la plus grande partie de l'ivoire de contrebande quitte l'Afrique.

"L'or blanc" transite généralement par la Malaisie, le Vietnam, les Philippines ou Hong-Kong, avant de gagner ses destinations finales, la Chine, et pour une moindre part la Thaïlande. Là, les défenses d'éléphants abattus deviennent des bijoux, des objets d'arts ou des sculptures, très prisées des riches Asiatiques.

"Au bout du compte, qu'on le veuille ou non, la solution et le résultat final sont entièrement entre les mains de la Chine", a d'ailleurs noté le ministre botswanais du Tourisme et de la Vie Sauvage, Tshekedi Khama.

Durant la session à huis-clos, un représentant chinois est intervenu pour demander qu'on arrête de placer son pays sur le banc des accusés, et qu'on le considère comme un partenaire, ont rapporté des participants. La Chine, a plaidé ce délégué, aide financièrement des pays africains à former leurs équipes anti-braconnage et renforce sa propre législation pour éradiquer le trafic illégal d'ivoire.

De la coopération internationale à la lutte contre la pauvreté

Plusieurs pays d'Afrique ont ensuite exposé leurs efforts : renforcement des lois, coopération internationale, information des communautés rurales, etc.

Côté ONG, les pessimistes notaient que les effets concrets des promesses ne sont pas encore visibles sur le terrain. Les optimistes préféraient voir une volonté politique inédite en Afrique de prendre enfin le problème au sérieux.

"Nous sommes au début (des efforts), tout ne va pas se faire en un an (...) mais nous allons dans la bonne direction", a commenté Kelly Landen, représentante de l'ONG Eléphants Sans Frontières.

Après une conférence similaire à Gaborone en 2014, les Etats africains s'étaient engagés à mettre en place 14 mesures "urgentes", parmi lesquelles la classification du braconnage en "crime grave", la "tolérance zéro" et la lutte contre la corruption.

La lutte contre la pauvreté, qui figure dans cette liste de bonnes intentions, est aussi une "composante essentielle de la conservation des éléphants", selon une étude présentée par Julian Blanc, délégué de la CITES (Convention internationale sur le trafic des espèces en danger) :

Dans les endroits où l'on observe les taux les plus élevés de mortalité infantile humaine -- un indice qui sert d'indicateur de la pauvreté --, nous avons aussi observé les niveaux les plus élevés de braconnage des éléphants.
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