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Rien ni personne n'est supérieur à la vérité

Estelle Mouzin encore vivante ? La photo qui dérange...

Publié par wikistrike.com sur 24 Avril 2015, 04:48am

Catégories : #Religion - pensées, #Social - Société

Depuis quelques années, pour des raisons personnelles, WikiStrike enquête en silence sur la disparition de la petite Estelle Mouzin. Aujourd'hui, nous avons décidé de rendre publique une étrange photo diffusée sur le site de la "secte" de Taizé, une famille Mouzin qui a accueilli des particpants polonais lors d'une réunion parisienne. Prise en Bourgogne, la photo date de l'été 2014, sans aucun doute, vous la reconnaîtrez.
Depuis quelques années, pour des raisons personnelles, WikiStrike enquête en silence sur la disparition de la petite Estelle Mouzin. Aujourd'hui, nous avons décidé de rendre publique une étrange photo diffusée sur le site de la "secte" de Taizé, une famille Mouzin qui a accueilli des particpants polonais lors d'une réunion parisienne. Prise en Bourgogne, la photo date de l'été 2014, sans aucun doute, vous la reconnaîtrez.
Depuis quelques années, pour des raisons personnelles, WikiStrike enquête en silence sur la disparition de la petite Estelle Mouzin. Aujourd'hui, nous avons décidé de rendre publique une étrange photo diffusée sur le site de la "secte" de Taizé, une famille Mouzin qui a accueilli des particpants polonais lors d'une réunion parisienne. Prise en Bourgogne, la photo date de l'été 2014, sans aucun doute, vous la reconnaîtrez.

Depuis quelques années, pour des raisons personnelles, WikiStrike enquête en silence sur la disparition de la petite Estelle Mouzin. Aujourd'hui, nous avons décidé de rendre publique une étrange photo diffusée sur le site de la "secte" de Taizé, une famille Mouzin qui a accueilli des particpants polonais lors d'une réunion parisienne. Prise en Bourgogne, la photo date de l'été 2014, sans aucun doute, vous la reconnaîtrez.

Florence Bloise, enlevée 1 mois avant dans les mêmes circinstances (lire ci-dessous)

Florence Bloise, enlevée 1 mois avant dans les mêmes circinstances (lire ci-dessous)

​Ici quelques informations concernant la communauté de Taizé

 

Taizé, soutenue par le Vatican ainsi que l'ONU, à l'origine des fameuses JMJ 

​Les documents proviennent exclusivement d'Internet.

Cet article n'existe que pour une raison,:ne pas oublier, rouvrir l'enuqêute, entamer de nouvelles investigations.

L'article ci-dessous est une compilationn, ne cherchez donc aucune logique, nous sommes ici sur un brouillon... Cordialement

Nous avons pris contact avec la communauté de Taizé qui ne nous explique pas, donc ne confirme pas, la présence de la petite Estelle, enlevée à Guermantes, en Seine-et-Marne, il y a déjà plus d'une décennie (Evidemmen). La fille sur la photo, nous l'a recherchons depuis un an, sans réponse, ainsi, nous avons pris la décision, de manère collégiale, de la diffuser en espérant obtenir des réponses. Parce que ce combat, au lendemain de l'enlèvement d'une autre petite fille, 7 ans, ne doit pas tomber dans l'oubli.

Taizé est soutenue par le Vatican ainsi que l'ONU (lire ci-dessous). Estelle a été enlevée sur le chemin qui mène en Bourgogne, et directement, à Taizé.

Personne n'est actuellement dans notre mire, sauf vous... et vous savez qui vous êtes... Et au choix, vous lui expliquez, vous la relachez, ou bien l'on vient et l'on se charge de vous.

 

***

a disparition le 1er février 2003 à trois semaines d'intervalle de Florence Bloise, 38 ans, à Magny-les-Hameaux, soulève en 2012 une autre piste car Suzanne Mouzin et la famille Bloise ont accueilli à la même époque des pèlerins polonais venus assister à une assemblée organisée à Paris par la communauté de Taizé12. (voir plus bas)

Une valise est retrouvée fin janvier 2012 dans un hôtel de Besançon contenant des coupures de presse sur l'affaire Estelle Mouzin ainsi que des notes sur l'enquête. Le propriétaire de cette valise est un homme de 20 ans qui n'est pas suspecté, car il avait 11 ans lors de la disparition d'Estelle Mouzin13.

La Communauté de Taizé est une communauté monastique chrétienneœcuménique basée à Taizé en France. Fondée en 1940 par Frère Roger, elle rassemble aujourd'hui une centaine de frères venant du monde entier et qui ont choisi de vivre ensemble une vie de prière et de célibat dans la simplicité. L'unité des confessions chrétiennes et l'accueil des jeunes adultes font partie des engagements de la Communauté depuis sa fondation.

 

Entre Noël et le Nouvel An,

 

Du 28 décembre 2002 au 1er janvier 2003, Taizé en France, 80 000 jeune (potentiellement coupables)

Des jeunes chrétiens venus de toute l'Europe participent pendant cinq jours à la rencontre européenne de Taizé, "pélerinage de confiance" organisé par ce mouvement monastique oecuménique fondé en 1940.

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Après Prague, Vienne, Milan, Varsovie, Barcelone et Budapest l'an dernier, c'est au tour de Paris d'accueillir cette année le grand rassemblement de Taizé. Chaque année, les moines de la communauté de Taizé, en Saône-et-Loire, organisent de telles rencontres pour les 17-30 ans. Plus de la moitié des 80 000jeunes chrétiens  sont originaires des pays de l'Est et notamment de Pologne, de République tchèque, de Hongrie, de Russie et d'Ukraine.

 

Des "carrefours de réflexion" dans différente églises parisiennes

Chaque jour alternent carrefours thématiques, rencontres, échanges et prières en commun en vingt-trois langues sur le thème général "Dieu ne peut qu'aimer". Les temps de prière et d'échanges se tiennent tous les matins et tous les soirs au parc des expositions. Les "carrefours de réflexion" ont lieu dans la journée dans des églises parisiennes ainsi qu'au Sénat, à l'Hôtel de Ville, à la Sainte-Chapelle et à la Sorbonne.

Le cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris, participera à la cérémonie officielle d'ouverture, dimanche soir, avec d'autres représentants des diverses confessions chrétiennes et prononcera des paroles d'accueil et de bienvenue. Le pape Jean Paul II, les patriarches orthodoxes de Constantinople et de Moscou, d'autres responsables d'Eglises et le Secrétaire général des Nations-Unies, Kofi Annan, ont adressé des messages aux participants de ce rassemblement oecuménique.

La communauté de Taizé rassemble aujourd'hui une centaine de moines de différentes confessions et nationalités. Outre les Rencontres européennes, qui ont lieu traditionnellement entre Noël et jour de l'an, les moines organisent l'été à Taizé des séminaires de prières et de réflexion.

 

Source (aucune date précise citée dans l'article): http://lci.tf1.fr/france/2002-12/taize-rassemble-000-jeunes-paris-4858231.html

 

 

Les 2 familles polonaises

Le 9 janvier 2003, soit trois semaines avant, disparaissait Estelle Mouzin, 9 ans, à Guermantes, en Seine-et-Marne. 

Le lien entre ces deux disparitions ? Juste avant, les deux familles avaient hébergé des pèlerins polonais. 

Pourtant, à l'époque, personne n'a fait le lien. 

Ces pèlerins polonais étaient venus en France pour participer à une assemblée de Taizé, une communauté spirituelle, entre fin décembre 2002 et début 2003. 

"ces pèlerinages auraient pu être utilisés comme couverture par des criminels" a indiqué Corinne Herrmann, l'avocate de la famille de Florence. 

Les deux Polonais ayant séjourné chez les Mouzin ont pu être retrouvés tardivement. Mais les deux couples hébergés chez Florence Bloise n'ont jamais été retrouvés. 

 

Sources:

http://www.faitsdivers.org/10026-Florence-Bloise-la-disparition-qui-pourrait-avoir-un-lien-avec-Estelle-Mouzin.html

http://www.europe1.fr/faits-divers/estelle-mouzin-une-nouvelle-piste-1186201

http://www.parismatch.com/Actu/Societe/Estelle-Mouzin-la-piste-polonaise-150627

 

 

Florence BLOISE

Signalement

Sexe féminin
49 ans (âge actuel)
38 ans au moment de sa disparition. 
Femme de type européen, 1m65, 60 kg environ, cheveux châtains mi-longs, yeux marrons clairs. 
Vêtue au moment de sa disparition d’un jean bleu, d’un pull-over marron, d’un anorak rouge à rayures blanches et chaussée de bottines. 
Porte vraisemblablement une alliance en or jaune avec inscription François et Florence 28.06.1986.

Contexte de la disparition

Le 01/02/2003
à Magny-les-Hameaux (France - 78)

Informations complémentaires

Elle est en possession d’un sac orange contenant un pyjama et un livre intitulé « Les enfants de la terre ». 
Elle n’a pas de papier d’identité ni d’argent.

Personnes/organismes à contacter

Gendarmerie Nationale 
Section Recherches 
55 rue d’Anjou 
BP 1325 
78013 VERSAILLES 
(France)
01.39.49.24.41
(33) .1.39.49.24.41
sr78@gendarmerie.defense.gouv.fr

 

 

 

Troubles: Taizé est-elle une secte ?

 

Il y a Taizé côté jardin. Une vraie carte postale. Un village croquignolet posé sur un vert mamelon bourguignon, où vit une petite communauté monastique, mondialement connue, d'une centaine de frères, prônant un oecuménisme concret et généreux. Toute l'année, plus de 100 000 jeunes chrétiens accourent de toute la planète pour requinquer leur foi à la source du frère Roger Schutz, 85 ans, fondateur et inspirateur du lieu. Partout, on salue l'expérience menée à Taizé - qui va fêter ses 60 ans - comme la réussite d'un message spirituel simple et accessible, particulièrement bien reçu par les jeunes générations. C'est United Colors of chrétiens. Les JMJ avant les JMJ. Un phénomène. 

Et puis il y a Taizé côté cour, moins riant. Depuis quelques années, l'ambiance s'est sérieusement dégradée sur la "colline inspirée". Parce qu'à Taizé et à Ameugny - sa commune jumelle, que séparent seulement les quelques centaines de mètres qu'occupe la communauté - vivent non seulement des moines, mais aussi de simples villageois, qui subissent toute l'année le déferlement des foules de visiteurs sans avoir leur mot à dire. Parce que la communauté, un brin autoritaire, ne semble pas toujours appliquer ses beaux principes chrétiens de paix et de réconciliation à son propre voisinage. Parce que son message spirituel, jugé par certains flou et lénifiant, ne fait guère l'unanimité dans les milieux religieux. Et que Taizé, devenue une véritable entreprise, brasse des sommes considérables et accroît chaque année son vaste domaine foncier et bâti - au détriment des riverains. A Taizé, tout n'est pas toujours aussi rose que les frères voudraient le laisser croire. Enquête sur une communauté très secrète.
Quand on arrive à Taizé, d'abord on ne voit rien. Juste quelques belles maisons en pierre dorée et une route qui serpente jusqu'à l'église romane. Ce n'est qu'au sommet, au bout du village, qu'on aperçoit le haut clocher en rondins, les parkings à autocars, la buvette, la boutique de souvenirs et la grande et moche église moderne, cernée de tentes marabouts et de baraquements servant de dortoirs. Taizé ressemble à une immense colonie de vacances. Là déambulent des jeunes de toutes les nationalités, blondes créatures lituaniennes et Indiennes en sari, Allemands en short et pèlerins philippins, crucifix en sautoir. Tous viennent ici pour prier, aimantés par le message universel de frère Roger. 

Car au commencement était Roger Schutz. Taizé, c'est lui. "Un saint!" s'émerveillent ses admirateurs. "Un gourou!" répliquent ses détracteurs les plus virulents. Qui est vraiment frère Roger? Un personnage charismatique, indéniablement. A 25 ans, frais émoulu de la fac de théologie, ce fils de pasteur protestant suisse décide, en 1940, de s'établir en Bourgogne, proche de la ligne de démarcation: l'endroit idéal pour éprouver sa foi et venir en aide aux malheureux. Mystique, il voue un culte à sa grand-mère maternelle, française et protestante, qui estimait depuis la guerre de 14-18 que la paix dans le monde était suspendue à la réconciliation des chrétiens. Il veut fonder un lieu "où la bienveillance du coeur serait vécue très concrètement et où l'amour serait au coeur de tout". Il atterrit à Taizé: la demeure sur laquelle il jette son dévolu ainsi que la proximité de Cluny, haut lieu de la chrétienté médiévale, lui conviennent. Il raconte avoir hébergé là des juifs et des réfugiés durant l'Occupation. Dénoncé par la Gestapo en 1942, Roger retourne à Genève, où il est ordonné pasteur en 1943. 

Au programme: communauté de biens, célibat et simplicité
Il revient définitivement à Taizé en 1944, entraînant dans son sillage six jeunes protestants, qui prononcent des voeux et s'engagent dans la vie monastique en 1949. Au programme: communauté de biens, célibat et simplicité. Une initiative surprenante dans l'histoire du protestantisme, peu enclin au monachisme. Mais la communauté va lentement évoluer vers le papisme. En 1952, Roger et le co-fondateur de Taizé, Max Thurian, se rendent à Rome, scellant la longue amitié qui liera la communauté au Vatican, où Roger va souvent. Il fait construire en 1962 la grande "église de la réconciliation", un hall de gare agrémenté d'indéfinissables bulbes. L'arrivée d'un premier frère catholique marque le tournant vers la curie, confirmé par la conversion de Thurian - entre autres - qui se fait même ordonner prêtre. Taizé multiplie les témoignages d'allégeance à l' "évêque de Rome": "Comment espérer une communion visible entre tous les chrétiens à travers la Terre sans un pasteur universel?" De quoi chiffonner les protestants.
En 1986, le pape vient à Taizé réaffirmer son "affection et [sa] confiance" aux frères. Taizé séduit à la fois les jeunes, qui viennent sur la colline avec leur havresac et leur guitoune, et les grands de ce monde - Nelson Mandela, 
Vaclav Havel, Desmond Tutu, Hubert Beuve-Méry ou Mère Teresa - dont les témoignages d'amitié font l'orgueil de la communauté. Sans parler de François Mitterrand, qui passait régulièrement par Taizé lorsqu'il venait à Solutré. 

Malgré tout ce prestige, la structure de la communauté et son message religieux ne font pas l'unanimité. Taizé est autonome et ne rend de comptes à personne. De sa fondation, la communauté a gardé l'indépendance propre au protestantisme. Son virage vers le Vatican ne l'a pas pour autant placée sous une autorité catholique. Certains responsables catholiques et réformés redoutent qu'à terme elle ne forme une nouvelle Eglise chrétienne. Les protestants ont pris leurs distances avec Taizé, où l'on ne prononce plus que des célébrations catholiques. La communauté a rompu avec la Fédération protestante de France dans les années 80. Gérard Pardoen, le pasteur de Mâcon, n'a jamais été convié à célébrer la Cène à Taizé, alors que le village dépend de son secteur: "Beaucoup de gens estiment que Taizé est le lieu d'oecuménisme par excellence. C'est faux. L'oecuménisme suppose de savoir d'où l'on vient, qui l'on est, de travailler sur les Ecritures et la théologie. Au lieu de ça, leur message est un peu simple, un peu réducteur. Sentimental. Et il ne faut pas confondre piété et sentimentalisme." Réserves aussi du côté du diocèse d'Autun, dont le père Gérard Gaudot est le délégué pour le Mâconnais: "Ils sont eux et nous sommes nous. Nous tenons beaucoup à ce que l'on respecte le caractère propre de la communauté. Le problème, c'est qu'elle apparaît pour beaucoup comme un lieu catholique. Ce n'est sain pour personne." 

Les moines sont désormais 120, catholiques et protestants, originaires de 27 pays différents, qui suivent la règle monastique selon saint Roger. 80 résident en permanence à la communauté, les autres vivent à l'étranger, au sein de "fraternités" fondées dans des pays pauvres d'Asie, d'Afrique et d'Amérique du Sud. En six mois, pas moins de cinq nouveaux frères ont prononcé leurs voeux - cette année, l'évêché d'Autun n'ordonnera que deux prêtres. Le nombre des pèlerins croît d'année en année, atteignant 60 000 en 1990. Jusqu'en 1989, les frères ont régulièrement franchi le Rideau de fer pour soutenir clandestinement les chrétiens des pays d'Europe de l'Est. A la chute du mur de Berlin, c'est l'explosion: des milliers de jeunes Polonais, Russes, Hongrois ou Tchécoslovaques prennent la route à bord d'autocars préhistoriques pour se ruer à Taizé. A l'heure où les églises se vident, la communauté réussit là une excellente opération de réévangélisation. L'ambiance baba cool des premiers temps a laissé la place à une organisation très structurée. Moyennant 6 francs par jour si on est russe ou albanais, et jusqu'à 49 francs si on est suisse ou allemand, on gagne le droit de passer une semaine sous la tente ou dans un dortoir, de manger des nouilles au gruyère dans un bol en plastique, de se doucher à l'eau froide et de prier trois fois par jour avec les frères. 

Aujourd'hui, ils sont plus de 100 000 chaque année à tenter l'expérience. Fanny, 24 ans, a décidé de prendre une année sabbatique pour se consacrer à la communauté. Permanente bénévole, elle travaille à l'accueil, aux cuisines ou au ramassage des ordures. Fervente catholique, elle ne manque aucune des trois prières communes de la journée: "Ici, on n'a à se préoccuper de rien d'autre que de vivre l'amour de Dieu." A genoux sur la moquette de l'église, entonnant les célèbres chants du lieu, elle semble pénétrée par la foi selon Taizé. Comme l'Italien Alberto: "Impossible de savoir ce qu'est vraiment Taizé tant qu'on ne l'a pas vécu. C'est un chemin pour arriver à la paix." Ou comme Tyislelany, originaire de Soweto: "Avant, je pensais que le bonheur passait par l'acquisition de biens matériels, que je serais heureux si j'avais une belle voiture ou une télévision. Ici, on apprend à se réjouir simplement du don de la vie." Marie, toulousaine, vient de passer six mois sur la colline: "Ce qui est irrésistible à Taizé, c'est cette possibilité de se laisser bercer par l'essentiel. On dépasse la surface et on voit toute la richesse intérieure." Un ravissement unanime règne dans ce petit groupe angélique, échantillon trié sur le volet par frère Emile, incontournable et omniprésent "attaché de presse" de la communauté et probable successeur de Roger. Les mécontents, les déçus, les sceptiques, Emile évite de les présenter. 

Cependant, il y en a. Un ancien bénévole belge s'est lassé de "ne pas pouvoir déplacer la moindre chaise sans être obligé de demander l'autorisation de frère Roger". Pis: "A Pâques, il y a six ou sept ans, deux frères ont viré par la force des jeunes qui m'avaient demandé de camper dans mon pré, raconte un agriculteur d'Ameugny. Ils venaient pour Taizé, mais ils sont repartis écoeurés. Les frères ont dit qu'une secte n'avait rien à faire là, alors que c'étaient juste des gamins qui campaient." Sur la route qui mène à Cluny, des ribambelles de pèlerins font du stop pour prendre l'air ailleurs, malgré les recommandations des frères. Selon un ancien proche de la communauté, "il y a quelques années, la communauté exigeait même des Russes qu'ils remettent leurs papiers d'identité en arrivant". Les frères pèchent par excès de sécurité: leur volonté d'encadrer les jeunes vire à l'autoritarisme. Quitte à étendre de facto leur domination aux deux villages dans leur entier.
Au point qu'au début des années 90 la départementale traversant la communauté pour relier les deux villages était régulièrement barrée par les bénévoles de la communauté, qui arrêtaient les voitures et effectuaient des contrôles d'identité en toute impunité: "Ils mettaient des bancs en travers de la route, de jour comme de nuit, relevaient les numéros des plaques d'immatriculation et nous réclamaient nos papiers. Ils ont même arrêté des gendarmes en civil!" s'insurge 
Georges Bouillin, agriculteur et conseiller municipal de Taizé. Aux périodes de grande affluence, les habitants d'Ameugny étaient même contraints, à leur immense stupéfaction, de demander un laissez-passer à la mairie pour espérer circuler librement d'un village à l'autre. "Un jour, mon mari a dû forcer un de leurs barrages!" plaisante l'une des plus vieilles habitantes de la colline, Albane Rigo, la charmante octogénaire responsable de la bibliothèque. Une association, L'Echo des collines, qui regroupe une cinquantaine d'adhérents et de nombreux sympathisants, se bat depuis 1992 pour faire valoir une vie de village indépendante de la communauté. Elle dénonce aussi la pression exercée par la communauté pour entraver le développement d'activités touristiques dans ce coin de Bourgogne très prisé des vacanciers. 

De son côté, la communauté recommande aux jeunes de consommer intra-muros et de ne rien acheter dans les villages des environs. Facile: à Taizé et à Ameugny, il n'y a pas de magasin. Le pèlerin se cantonnera donc à la buvette et à la boutique de souvenirs de la communauté, où il pourra casser sa tirelire pour une poterie, une cassette vidéo ou la célébrissime croix de Taizé montée en pendentif: "Nous sommes très attentifs à ce qu'il n'y ait pas de commerce qui s'installe pour tirer profit de la présence des jeunes et les exploiter commercialement", justifie frère Emile. Les habitants n'ont pas le même point de vue. Ils aimeraient bien voir s'ouvrir une petite épicerie ou un boulanger: "Personne ne peut s'établir, il y a des oppositions trop fortes de la part de la communauté", explique Jean-Pierre Gelas, retraité, installé à Ameugny depuis 1982. Louis Poyet, sculpteur et ferronnier d'art à Taizé, a ouvert une petite boutique d'artisanat, où il vendait des bougies décoratives. Mal lui en a pris: les frères sont allés trouver son fabricant de cire, qui les fournissait aussi, et lui ont demandé de choisir entre lui et eux. Scandalisé, le fournisseur est passé outre. "Quand on essaie de se battre pour avoir un petit commerce, raconte Georges Bouillin, conseiller municipal PS à Taizé, les frères répondent qu'ils ne veulent pas que Taizé devienne Lourdes." 

"Le pire, c'est qu'ils font disparaître le pays"
Certes, un léger vent d'anticléricalisme continue de souffler sur cette région, dominée pendant des siècles par la toute- puissante abbaye de Cluny: "L'exercice du pouvoir par les clercs n'a pas très bonne presse", confirme Jean-Pierre Gelas. "Mais on ne peut pas leur faire la moindre remarque, déplore 
Didier Bonnetain, membre du bureau de L'Echo des collines, ils nous répondent qu'on ne comprend rien, qu'on est des bouffeurs de curé." Effectivement, frère Emile n'épargne pas ses détracteurs: "Un tout petit groupe, absolument pas représentatif du voisinage, de personnes malveillantes et malintentionnées", martèle-t-il avec beaucoup d'insistance.
La longue histoire des démêlés des autochtones avec la communauté est marquée par un malentendu originel: contrairement à ce qu'affirme frère Roger, le village n'était pas, à son arrivée, en 1940, une ruine abandonnée. "A l'époque, il restait environ 70 habitants", précise Albane Rigo. Aujourd'hui, la population s'élève à 160 habitants, dont environ 80 frères, et celle d'Ameugny à 150. "Roger ferait presque croire que c'est lui qui a fait venir l'eau, l'électricité et les routes goudronnées, fulmine Georges Bouillin. Roger Schutz s'est bâti une légende. Comme cette histoire de réfugiés juifs qu'il raconte partout." En tout cas, cet épisode reste inconnu parmi les gens de Taizé, ainsi qu'auprès des différentes institutions juives interrogées par L'Express. 

Manifestement, le courant passe mal entre la communauté et les habitants des alentours. Les villageois parlent d'indifférence à leur égard. Voire de mépris. "Le Christ calomnié ne répondait pas, écrit Roger. Toute la vie, quand nous avons été critiqués, nous avons cherché à rester silencieux." Ce qui ne facilite pas le dialogue. "Contrairement à ce que croient les frères, qui les font passer pour de pauvres bouseux imbéciles, ces gens sont très lucides", explique Mme Bernheim, dont la famille possède une maison à Taizé depuis 1870. Elle dénonce le manque de sollicitude manifesté par les frères envers leur voisinage: "Ils ne s'occupent pas beaucoup des gens malheureux du village. Comme cette vieille dame, dont le mari était grabataire. Ils s'y sont intéressés seulement pour lui demander qu'elle leur vende sa maison. La vraie charité, pour eux, ça n'existe pas." Epouse de l'ancien maire démissionnaire, en froid avec la communauté, elle ne veut plus rien avoir à faire avec les frères, dont elle a été pourtant très proche. Comme elle, Albane Rigo décrit le fossé qui sépare les villageois - des agriculteurs à la mentalité rurale - des frères, "souvent des étrangers, urbains, universitaires, intellectuels, qui ignorent et méprisent souverainement les traditions locales et le tissu social". Elle déplore que les habitants soient "tenus à l'écart, sans être informés lorsqu'une personnalité comme Mère Teresa ou le prêtre Guy Gilbert est invitée à la communauté". 

Contrairement à ce qu'affirment les frères - "Heureusement, dans notre entourage, c'est la sympathie qui l'emporte", nous écrit frère Charles-Eugène - la communauté impressionne à ce point ses voisins que la plupart d'entre eux tiennent à rester anonymes, par "peur des représailles". Selon certains, il règne dans les deux villages "un climat de peur et de rumeur". Comme le dénonce un retraité de la région, Georges Lapalus, qui a réalisé en 1995 une cassette vidéo sur la vie de Taizé en hiver, en interrogeant des habitants de la colline. Y compris les sympathisants de L'Echo des collines. Les frères, eux, ont refusé d'y participer. Résultat: "Quand la cassette est sortie, se souvient Georges Lapalus, un boulanger de Cormatin qui fournissait la communauté l'a mise en vente dans sa boutique. Le lendemain, les frères l'ont menacé de lui supprimer leur commande de pain - qui est considérable - s'il continuait à vendre la cassette. Le surlendemain, ils ont mis leur menace à exécution. Trois ans plus tard, il faisait faillite."
Drôles de méthodes. "Ils refusent de nous parler directement. Ils nous envoient leurs hommes de main", s'indignent les membres de L'Echo des collines, que Roger Schutz n'a d'ailleurs jamais daigné rencontrer. "Les frères ne s'occupent que de questions spirituelles", réplique-t-on à la communauté. Cette réponse fait rire (jaune) Georges Bouillin, qui dénonce au contraire l'emprise de la communauté sur la mairie et son ingérence dans la gestion municipale: "Sur les 11 membres du conseil, trois sont des frères, dont le premier adjoint. Le maire est un de leurs hommes liges, et la plupart des conseillers sont des gens logés par eux, qui travaillent pour eux. 80 voix, ça pèse lourd. Ils sont majoritaires dans le corps électoral: la communauté élit qui elle veut." Un projet de transformation d'une ancienne voie ferrée en "voie verte" a même mis le feu aux débats: la communauté exigeait du conseil général qu'il en dévie le tracé pour passer au large du village, "afin de garantir la tranquillité des jeunes". Au grand dam des habitants, qui tentent de promouvoir un peu de tourisme. 

"Le pire, c'est qu'ils font disparaître le pays", s'insurgent les membres de L'Echo des collines. Depuis une quinzaine d'années, la communauté semble prise d'une frénésie d'achat de terrains et de maisons. En dix ans, l'association L'Accueil à Taizé, qui gère les intérêts de la communauté, a mis la main sur une douzaine de maisons. Pour en faire quoi? "Loger les groupes d'adultes et les familles qui viennent à la communauté", répond Louis Claret, président de l'association. "Faux, répliquent les voisins, ces maisons sont inhabitées onze mois et demi sur douze, et encore..." Selon les riverains, il s'agit plutôt de faire le ménage par le vide, histoire d'avoir la mainmise sur les lieux: "Roger a toujours craint la concurrence", explique un ancien proche du frère Schutz. Récemment, "un frère est venu voir une vieille dame dont le mari était décédé deux jours plus tôt pour essayer de la convaincre de leur vendre sa maison", rapporte une voisine. "Dès qu'une propriété ou un terrain est mis en vente, ils surenchérissent pour être sûrs de rafler la mise", raconte Jacques Broyer, inspecteur d'académie, membre du bureau de L'Echo des collines. Dernier exemple en date: une maison mise en vente à Ameugny vient d'être achetée 800 000 francs par l'association L'Accueil à Taizé, à la barbe d'un entrepreneur local, qui voulait y loger une famille d'ouvriers. 

Explication fournie par frère Charles-Eugène: "Certains organismes religieux sectaires voudraient s'établir dans les villages d'Ameugny ou de Taizé pour chercher des adeptes parmi les jeunes que nous accueillons. Alors il est facile de comprendre que cela ouvre la porte à une sorte de chantage pour faire monter les prix. Il a fallu passer par là pour éviter de telles installations." Réponse jugée insuffisante par les habitants des deux villages: "Mes enfants voulaient acheter une maison de campagne ici, mais ils ont reculé devant les prix", s'indigne Albane Rigo. Et, dans ce cas, pourquoi l'association L'Accueil à Taizé achète- t-elle également des propriétés à Cormatin, Chapaize ou Cortevaix, distants de plusieurs kilomètres?
Par-dessus tout, une question se pose: avec quel argent L'Accueil à Taizé finance-t-elle ses acquisitions immobilières, payées le prix fort, alors que la communauté affirme ne pas percevoir de don ou d'héritage mais vivre uniquement du produit de son travail - livres, vidéos, poteries? "Nous finançons ces achats avec les bénéfices de l'accueil des jeunes", soutient Louis Claret. Quand bien même l'accueil des pèlerins serait bénéficiaire, l'utilisation à des fins immobilières des fonds collectés paraît singulièrement bizarre au sein d'une communauté qui prêche le partage et le dénuement. 

Pour Roger, l'un des "obstacles" à son grand oeuvre est "le soupçon", "la capacité de défigurer les intentions de l'autre: s'il n'y a plus aujourd'hui de grand inquisiteur, il subsiste de petites âmes inquisitrices qui savent mettre des étiquettes sur le front des autres". Reste que l'image lisse et consensuelle dont bénéficie Taizé aux yeux du monde entier semble sérieusement écornée. Cinquante-neuf ans après sa fondation, la communauté est-elle toujours à la hauteur des valeurs qu'elle prétend incarner? 

http://www.lexpress.fr/informations/taize-charite-bien-ordonnee_634645.html

 

 

 

Déjà des assassinats chez les Taizés ? Certainement que oui, par ailleurs, le frère Roger et créateur du mouvement l'a été ! En 2006

 

 

La mort de frère Roger : pourquoi ?

Dans beaucoup de messages que nous avons reçus l’an dernier, la mort de frère Roger a été comparée à celle de Martin Luther King, de Mgr Romero ou de Gandhi. Toutefois, on ne peut pas nier qu’il y ait aussi une différence. Car ceux-là se trouvaient dans un combat d’origine politique, idéologique, et ont été assassinés par des adversaires qui ne pouvaient pas supporter leur opinion et leur influence.

Certains diront qu’il est vain de chercher une explication à l’assassinat de frère Roger. Le mal déjoue toujours toute explication. Un juste de l’Ancien Testament disait qu’on le haïssait « sans raison », et saint Jean a mis cette même affirmation dans la bouche de Jésus : « Ils m’ont haï sans cause. »

Cependant, en côtoyant frère Roger, un aspect de sa personnalité m’a toujours frappé, et je me demande si cela n’explique pas pourquoi il a été visé. Frère Roger était un innocent. Non pas qu’il n’y aurait pas eu de fautes en lui. Mais l’innocent est quelqu’un pour qui les choses ont une évidence et une immédiateté qu’elles n’ont pas pour les autres. Pour l’innocent, la vérité est évidente. Elle ne dépend pas de raisonnements. Il la « voit » pour ainsi dire, et il a de la peine à se rendre compte que d’autres ont une approche plus laborieuse. Ce qu’il dit est pour lui simple et clair, et il s’étonne que d’autres ne le ressentent pas ainsi. On comprend aisément qu’il se trouve souvent désarmé ou se sent vulnérable. Pourtant, son innocence n’a en général rien de naïf. Pour lui, le réel n’a pas la même opacité que pour les autres. Il « voit à travers ».

Je prends l’exemple de l’unité des chrétiens. Pour frère Roger, il était évident que si cette unité était voulue par le Christ, elle devait pouvoir être vécue sans tarder. Les arguments qu’on lui opposait devaient lui paraître artificiels. Pour lui, l’unité des chrétiens était avant tout une question de réconciliation. Et dans le fond il avait raison, car, nous autres, nous nous demandons beaucoup trop peu si nous sommes prêts à payer le prix de cette unité. Une réconciliation qui ne nous touche pas dans notre chair mérite-t-elle encore son nom ?

On disait de lui qu’il n’avait pas de pensée théologique. Mais ne voyait-il pas beaucoup plus clair que ceux qui disaient cela ? Depuis des siècles, les chrétiens ont eu besoin de justifier leurs divisions. Ils ont artificiellement agrandi les oppositions. Sans s’en rendre compte, ils sont entrés dans un processus de rivalité et l’évidence de ce phénomène leur a échappé. Ils n’ont pas « vu à travers ». L’unité leur paraissait impossible.

Frère Roger était un homme réaliste. Il tenait compte de ce qui demeure irréalisable, surtout du point de vue institutionnel. Mais il ne pouvait pas s’arrêter la. Cette innocence lui donnait une force persuasive très particulière, une sorte de douceur qui jamais ne s’avouait vaincue. Jusqu’au bout, il a vu l’unité des chrétiens comme une question de réconciliation. Or la réconciliation est une démarche que chaque chrétien peut faire. Si tous la faisaient effectivement, l’unité serait toute proche.

Il y avait un autre domaine où cette approche de frère Roger était sensible et où l’on voyait peut-être encore mieux sa personnalité avec ce qu’elle avait de radical : tout ce qui pouvait jeter un doute sur l’amour de Dieu lui était insupportable. Ici, on touche à cette compréhension très immédiate des choses de Dieu. Ce n’était pas qu’il refusait de réfléchir, mais il ressentait très fortement en lui-même qu’un certain langage qui se veut juste – par exemple sur l’amour de Dieu – obscurcit en réalité ce que des gens non avertis attendent de cet amour.

Si frère Roger a beaucoup insisté sur la bonté profonde de l’être humain, c’est à voir dans la même lumière. Il ne se faisait pas d’illusion sur le mal. Il était plutôt vulnérable de nature. Mais il avait la certitude que si Dieu aime et pardonne, il refuse de revenir sur le mal. Tout vrai pardon éveille le fond du cœur humain, ce fond qui est fait pour la bonté.

Paul Ricœur a été frappé par cet accent sur la bonté. Il nous a dit un jour à Taizé qu’il voyait là le sens de la religion : « Libérer le fond de bonté des hommes, aller le chercher là où il est complètement enfoui. » Dans le passé, une certaine prédication chrétienne est sans cesse revenue sur la nature humaine foncièrement mauvaise. Elle le faisait pour garantir la pure gratuité du pardon. Mais elle a éloigné beaucoup de gens de la foi ; même s’ils entendaient parler de l’amour, ils avaient l’impression que cet amour gardait des réserves et que le pardon annoncé n’était pas total.

Le plus précieux de l’héritage de frère Roger se trouve peut-être là : ce sens de l’amour et du pardon, deux réalités qui avaient pour lui une évidence et qu’il saisissait avec une immédiateté qui nous échappait souvent. Dans ce domaine, il était vraiment l’innocent, toujours simple, désarmé, lisant dans le cœur des autres, capable d’une extrême confiance. Son très beau regard traduisait cela. S’il se sentait si bien avec les enfants, c’est que ceux-ci vivent les choses avec la même immédiateté ; ils ne peuvent se protéger et ils ne peuvent croire ce qui est compliqué ; leur cœur va droit à ce qui les touche.

Le doute n’était jamais absent chez frère Roger. C’est pour cela qu’il aimait les paroles : « Ne laisse pas mes ténèbres me parler ! » Car les ténèbres, c’étaient les insinuations du doute. Mais ce doute n’entamait pas l’évidence avec laquelle il ressentait l’amour de Dieu. Peut-être même ce doute réclamait-il un langage qui ne laisse subsister aucune ambiguïté. L’évidence dont je parle ne se situait pas au niveau intellectuel, mais plus profondément, au niveau du cœur. Et comme tout ce qui ne peut pas être protégé par des raisonnements forts ou des certitudes bien bâties, cette évidence était nécessairement fragile.

Dans les Évangiles, la simplicité de Jésus dérange. Certains auditeurs se sont sentis mis en question. C’était comme si les pensées de leur cœur étaient dévoilées. Le langage clair de Jésus et sa façon de lire dans les cœurs constituaient pour eux une menace. Un homme qui ne se laisse pas enfermer dans les conflits, apparaît dangereux à certains. Cet homme fascine, mais la fascination peut facilement devenir hostilité.

Frère Roger a sûrement fasciné par son innocence, sa perception immédiate, son regard. Et je pense qu’il a vu dans les yeux de certains que la fascination pouvait se transformer en méfiance ou en agressivité. Pour quelqu’un qui porte en soi des conflits insolubles, cette innocence a dû devenir insupportable. Alors il ne suffisait pas d’insulter cette innocence. Il fallait l’éliminer. Le docteur Bernard de Senarclens a écrit : « Si la lumière est trop vive, et je pense que ce qui émanait de frère Roger pouvait éblouir, cela n’est pas toujours facile à supporter. Alors ne reste que la solution d’éteindre cette source lumineuse en la supprimant. »

J’ai voulu écrire cette réflexion, car elle permet de faire ressortir un aspect de l’unité de la vie de frère Roger. Sa mort a mystérieusement mis un sceau sur ce qu’il a toujours été. Car il n’a pas été tué pour une cause qu’il défendait. Il a été tué à cause de ce qu’il était.

Frère François, de Taizé

 

Source: http://www.taize.fr/fr_article3786.html

 

Onze ans après, commémoration de la disparition d'Estelle Mouzin

 

Aujourd’hui, un témoignage inédit pourrait relancer l’enquête, actuellement dans l’impasse.

Jean-Claude Petit, un ancien agent du service voirie de Bussy-Saint-Georges, ville limitrophe de Guermantes, aujourd’hui retraité dans le Bordelais, sort du silence. C’est après avoir regardé une émission sur l’affaire Estelle, qu’il s’est souvenu de déclarations de certains de ses collègues les jours suivants la disparition de l’enfant. « Le soir où Estelle Mouzin a disparu, il a neigé et il faisait froid. On a salé les rues jusqu’à 2 heures du matin », se souvient Jean-Claude Petit. « Le lendemain, le vendredi 10 janvier, l’un des agents d’astreinte a dit : La nuit dernière, vers 2 heures, j’ai vu Seddik M. qui traînait à la ferme de la Jonchère (NDLR : où la ville entreposait le sel, près de Guermantes), près d’une benne à ordures. Ça m’a étonné car il n’était pas d’astreinte… »

 

 


Une autre affaire

Guermantes (Seine-et-Marne). C’est en faisant le trajet entre son école et le domicile familial que la petite Estelle a disparu sans laisser de trace le soir du 9 janvier 2003. 

Ce Seddik, qui travaillait lui aussi au service voirie, passait pour « un être ingérable et parfois violent, ne se gênant pas pour lancer des menaces sexuelles à l’adresse des collègues femmes », précise Jean-Claude Petit. « Mais il y a autre chose. Le lundi suivant, l’un des gars des ateliers nous a confié : On a emprunté ma camionnette, elle a fait 800 km ce week-end et dans le vide-poches, j’ai retrouvé un ticket de sortie d’autoroute au Havre! » Or, cela fait onze ans que les enquêteurs cherchent une camionnette blanche, signalée à l’époque par une collégienne…

L’agent s’est pendu en 2009

Selon le retraité, ce 
Renault Express était habituellement utilisé par un autre agent du service voirie : Yannick B. Joint par téléphone avant-hier, ce dernier affirme que ce n’est pas sa voiture qui a été utilisée « mais un fourgon des espaces verts de marque Iveco, dans lequel on a retrouvé non pas un ticket d’autoroute mais un billet de ferry pour l’Angleterre ». Il assure enfin que la date de sortie de ce véhicule ne correspond pas à celle de la disparition d’Estelle.

S’il confirme qu’il n’y avait que des Renault Express au sein du service voirie, le directeur de cabinet du maire de Bussy-Saint-Georges est par ailleurs formel : « A aucun moment, l’administration n’a été au courant de ces faits(NDLR : rapportés par Jean-Claude Petit). Aucune trace sur les relevés des cartes d’essence ce week-end-là… » Et il y a peu de chance de retrouver la Renault Express afin de rechercher d’éventuelles traces d’ADN, car, toujours selon le directeur, « la ville loue ses voitures et les change tous les deux ans ».

Quant à Seddik M., devenu SDF, il a un temps squatté le moulin Russon à Bussy-Saint-Georges, avant d’être hébergé dans des locaux municipaux désaffectés. C’est là que le 24 septembre 2009 il s’est pendu. A la mairie, on explique « qu’il faisait l’objet d’une procédure disciplinaire pour incapacité à travailler en équipe, devant aboutir à un licenciement ».

Les enquêteurs de la cellule Estelle, à Versailles, prennent ce témoignage au sérieux. « Nous avons déjà travaillé sur la piste d’un autre agent de la mairie de Bussy-Saint-Georges mais elle n’a rien donné, explique un enquêteur. Nous allons vérifier ces informations, afin de voir si elles permettent d’établir un lien susceptible de relancer l’enquête. »

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