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Le gouvernement espagnol probihe presque toutes les manifestations politiques: 18 000 hologrammes dans la rue

Publié par wikistrike.com sur 13 Avril 2015, 16:11pm

Catégories : #Politique internationale, #Social - Société

Le gouvernement espagnol probihe presque toutes les manifestations politiques: 18 000 hologrammes dans la rue

Malgré l’opposition d'environ 82% des Espagnols, le gouvernement Rajoy a approuvé vendredi la « ley de seguridad ciudadana » (‘Loi pour la sécurité citoyenne’). Cette loi prévoit une série de sanctions administratives pour éventuellement punir presque toutes les formes de protestation politique, souvent avec de lourdes amendes.


• Manifester ou se rassembler devant un bâtiment du gouvernement: 30.000 euros;Voici quelques exemples d'une longue liste:

• Critiquer le pays, le gouvernement ou le chef de l'Etat lors d'une manifestation ou à travers les médias sociaux: 30.000 euros;

• Participer à une manifestation qui n’a pas obtenu l’accord préalable du gouvernement: de 100 euros à 1000 euros;

• Organiser une manifestation qui se termine dans la violence: 30.000 euros;

• Poster des photos sur les sites web des agissements de la police, lorsque le gouvernement estime qu'elles affectent l'honneur, la vie privée ou l'image publique de la police: de 100 à 1000 euros.

Désormais, le gouvernement espagnol peut donc interdire une manifestation s’il craint qu’elle pourrait nuire à l'ordre public. Les gens devront solliciter l’accord des autorités avant de pouvoir manifester publiquement. Toute manifestation non autorisée à proximité de bâtiments fournissant des services à la communauté, tels que les hôpitaux ou les universités, pourra coûter une amende qui pourra atteindre 600.000 euros à ses organisateurs.

Pour certains, il ne s’agit que d’une loi pour assurer l’ordre public et garantir les libertés individuelles. D'autres y voient une tentative du gouvernement de construire un Etat policier pour se protéger.

Le gouvernement Rajoy se sent coincé. Il est en proie à de nombreux scandales de corruption politique, il n’est pas parvenu à tenir ses promesses électorales et il est considéré par beaucoup d'Espagnols comme le principal responsable de l'effondrement des grandes banques dans le pays. La loi a été condamnée par la communauté internationale au cours des derniers mois, d’autant qu’elle ne respecte pas les lois européennes et internationales.

Pour beaucoup d’Espagnols, elle évoque irrésistiblement le «Tribunal de l'ordre public » auquel le dictateur Franco avait recouru, et qui visait à sanctionner des délits politiques, tels que critiquer le chef de l'Etat et le gouvernement, la rébellion, la propagande illégale et la divulgation de secrets d'Etat.

Les Espagnols n’ont pas manqué d'ingéniosité pour manifester leur opposition sans s’exposer aux rigueurs de cette nouvelle loi. En décembre, de grosses manifestations avaient eu lieu devant le Parlement espagnol, et vendredi, une nouvelle manifestation a attiré 18 000 personnes dans les rues de Madrid… Sauf que personne n’était physiquement présent : il ne s’agissait que d’hologrammes.

Deux organisations, « Hologramas por la Liberdad » (‘hologrammes pour la liberté’) et « Nos Somos Delito » (‘Nous ne sommes pas des délinquants’) ont appelé les personnes qui souhaitaient manifester à poster des vidéos de leur protestation sur leur site pour qu’ils puissent être convertis en hologrammes.

Les vidéos et photos -  sont regroupées sur Twitter sous le hashtag # 10AHologramasLibre.

 

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