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Les sols d’Alsace toujours contaminés près de 30 ans après Tchernobyl

Publié par wikistrike.com sur 28 Avril 2015, 13:20pm

Catégories : #Ecologie - conso - biodiversité - énergie

Les sols d’Alsace toujours contaminés près de 30 ans après Tchernobyl

 

Vingt-neuf ans après sa survenue, les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl sont toujours mesurables. Sur place bien sûr où les territoires contaminés sont immenses, mais aussi en France où une récente étude indépendante montre qu’en Alsace, dans l’est, les sols recèlent encore des éléments radioactifs issus de l’explosion du 26 avril 1986.

Pour l’association française Les Enfants de Tchernobyl, la catastrophe survenue il y a près de trois décennies est loin d’être terminée. Pour le démontrer, elle a commandé à la Criirad (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) une étude pour faire établir un état des lieux de la pollution radioactive. 

Effets controversés

L’association Les Enfants de Tchernobyl est basée en Alsace, une zone de l’extrême est de la France qui a été une des plus touchées en avril 1986 par le nuage radioactif venu d’Ukraine, avec la Corse, les Alpes de Haute-Provence et le Jura.  

Un phénomène qui à l’époque a été non seulement minimisé, mais nié par les autorités comme le montre ce communiqué diffusé le 6 mai 1986 par le ministère de l’Agriculture : « Le territoire français, en raison de son éloignement a été totalement épargné par les retombées de radionucléides consécutives à l’accident de la centrale de Tchernobyl. A aucun moment les hausses observées de radioactivité n’ont posé le moindre problème de santé publique ».

Depuis, plusieurs travaux ont étudié la question et, récemment, une étude épidémiologique indépendante incluant 4 500 dossiers médicaux a démontré que le passage du panache de Tchernobyl en Corse a provoqué une augmentation de thyroïdites et de cancers de la thyroïde. Plusieurs centaines de malades de la thyroïde ont d’ailleurs engagé des poursuites en France, mais le lien de cause à effet entre leur maladie et la radioactivité provenant de Tchernobyl reste encore aujourd’hui très controversé.  

Il faudra encore du temps…

Loin de se contenter des affirmations officielles, la Criirad notamment, créée par un groupe de scientifiques et de citoyens, mène de son côté des enquêtes. Dès la fin de 1986, la Criirad dispose d’un laboratoire et dès lors elle effectue et analyse de multiples prélèvements qui permettent d’évaluer le degré réel de contamination des régions orientales françaises.

La dernière campagne réalisée en 2014, dans six communes alsaciennes permet « d’observer globalement une diminution de la contamination » par rapport aux résultats obtenus par la Criirad en 1990-91 et 1998 sur les mêmes sols en milieu ouvert non cultivé. « Toutefois, la diminution de l’activité semble à présent dominée par la décroissance radioactive du césium 137 alors qu’elle avait été beaucoup plus rapide dans les années 1990 en raison du transfert progressif à la flore, à la faune et aux nappes phréatiques et enfin, à la population », détaille le rapport.

« Le césium 137 restera donc présent encore longtemps dans le sol alsacien », avertit la Criirad. Même si environ la moitié du césium 137 en provenance du réacteur numéro 4 de Tchernobyl a disparu du sol alsacien, il faudra encore trois siècles pour que l’activité radioactive initialement déposée soit divisée par mille, estime  la Criirad. « Bien que la situation de la France n’ait rien de comparable avec celle des pays les plus touchés, il faudra encore du temps avant de pouvoir refermer le dossier de la contamination », ajoute le rapport.

Pourtant, plus le temps passe, moins les responsables locaux semblent manifester de l’intérêt pour les études de ce type. C’est un point que regrette la Criirad qui souligne qu’en 1987-88, quelque 66 communes avaient accepté des prélèvements sur leurs sols : en 1988, elles n’étaient plus que 28, un nombre qui s’est réduit comme peau de chagrin en 2014 avec seulement 6 volontaires. 

Le Conseil régional et les deux Conseils généraux concernés n’ont pas fait preuve de plus d’enthousiasme puisqu’ils se sont abstenus de soutenir financièrement la dernière étude.

 

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