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Fraude bancaire : Les américains sont derrière 97% des amendes infligées

Publié par wikistrike.com sur 24 Juin 2015, 17:08pm

Catégories : #Economie

Fraude bancaire : Les américains sont derrière 97% des amendes infligées

 

190 milliards de dollars, c’est le montant total des amendes qu’ont réglé depuis bientôt neuf ans les banques du monde entier du fait de fraudes sanctionnées par des régulateurs financiers. Plus de la moitié de ces sanctions ont été prises l’an dernier.

Nous avons compilé, de la façon la plus exhaustive possible, les pénalités infligées par des autorités financières aux banques depuis le début de la crise en 2007 (daté traditionnellement du 9 août de cette année et de la suspension de trois fonds de BNP Paribas). Nous rendons ces données accessibles dans leur intégralité, via ce tableur.

La décision du régulateur, en lien à chaque fois qu’elle était disponible, est également consultable sur cette datavisualisation – à défaut, nous avons indiqué un article de presse qui en rendait compte. Nous nous sommes concentrés sur les amendes supérieures à 1 million de dollars, délivrées à l’encontre des banques uniquement (donc en excluant les fonds d’investissement et les particuliers).

 

 

On voit sur cette infographie que les Etats-Unis sont, de loin, les plus sévères : les autorités américaines ont infligé 97 % des amendes (environ 185 milliards de dollars). Sur le Vieux Continent, c’est la City qui a la main la plus lourde.

Des amendes de plus en plus douloureuses

Le montant annuel des amendes évolue à la hausse d’année en année, avec une nette inflexion due à la politique américaine décidée par Barack Obama à partir de 2012.

Les amendes sont comptées ici en dollars américains car c’est la monnaie dans laquelle sont libellées la quasi-totalité des pénalités :

 

Le nombre et le montant total des amendes augmentent année après année, depuis la crise
 
Nombre d'amendesMontant total des amendes (en millions de dollars)20082010201220140102030405060-10000010000200003000040000500006000070000
2012
 Nombre d'amendes: 34

 

Le montant moyen de chaque amende se stabilise autour d’un milliard de dollars dans les dernières années, après avoir beaucoup varié au début de la crise.

Mais les très fortes amendes deviennent monnaie courante avec les années : si l’amende infligée à BNP Paribas en mai 2014 pour avoir violé l’embargo sur le commerce du pétrole a marqué dans l’Hexagone (9 milliards de dollars), d’autres institutions ont dû débourser des sommes bien plus importantes, comme le montre ce graphique :

 

Les Américains en première ligne

Autre enseignement de cette compilation de données : les Américains sont en première ligne, tant du point de vue du gendarme que de celui du voleur.

Avec plus de 200 amendes, les régulateurs américains punissent 68 fois plus que leurs homologues suisses, 15 fois plus que les Européens et 7 fois plus que les Britanniques.

Mais les banques américaines sont aussi celles qui sont les plus sanctionnées : 141 amendes les concernent – contre 57 pour les banques britanniques et 6 pour les banques françaises.

Bank of America se détache du lot des banques pénalisées avec plus de 87 milliards de dollars d’amendes. Suit, loin derrière, sa compatriote JPMorgan avec 33,5 milliards de dollars de pénalités. Puis, une autre américaine, Citigroup qui s’est acquittée de 14,5 milliards de dollars en neuf ans.

L’histoire de la crise

Remonter l’historique des amendes infligées aux banques, c’est raconter aussi l’histoire de la crise et les enseignements qui en découlent : alors qu’une majorité de pénalités visaient à sanctionner les violations d’embargos et les actes de blanchiment, les banques en sont venues à payer pour leur mauvaise conduite dans la crise des prêts hypothécaires américains à risque, les « subprimes », déclencheurs de la crise.

 

 

Dans le sillage des ventes frauduleuses de ces produits hautement toxiques, les banques ont également été condamnées à réparer les dégâts des saisies immobilières abusives. C’est d’ailleurs l’une des plus fortes sanctions, avec un montant de 25 milliards de dollars à supporter collectivement pour la dizaine de banques concernées.

 

Quant aux infractions commises en interne, elles sont de plus en plus mises à jour et sanctionnées, révélant des pratiques peu connues dans le monde de la banque. Comme cette amende dont a écopé le groupe britannique Lloyds Banking Group pour avoir fait tellement pression sur ses employés pour qu’ils tiennent leurs objectifs que l’un d’eux s’est vendu à lui-même et à sa famille les produits financiers qu’il n’arrivait pas à faire souscrire à ses clients.

 

Selon une note récente de Morgan Stanley, les grandes banques européennes et américaines ont mis de côté près de 250 milliards de dollars pour faire face à leurs déboires judiciaires. Elles devraient provisionner encore 70 milliards supplémentaires d’ici 2016.

 

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