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Révélations WikiLeaks - Espionnage économique : Comment la NSA sape l'économie française, Moscovici et Baroin écoutés

Publié par wikistrike.com sur 29 Juin 2015, 18:09pm

Catégories : #Economie, #Politique internationale

La NSA a mis Baroin et Moscovici sur écoute quand ils étaient à Bercy, des entreprises du CAC40 également sur écoute - Photo site de la NSA / Reuters

La NSA a mis Baroin et Moscovici sur écoute quand ils étaient à Bercy, des entreprises du CAC40 également sur écoute - Photo site de la NSA / Reuters

Ce que révèle ce soir Wikieaks est d'une extrême gravité, une atteinte à l'économie française est semblable à un acte de guerre. Nous nous devons de rompre immédiatement tout dialogue avec ces traitres.

 

En collaboration avec WikiLeaks, «Libération» et «Mediapart» révèlent comment la NSA s'est penchée sur les intérêts commerciaux français.

 

Après les écoutes politiques, l’espionnage économique. Les nouveaux documents publiés par WikiLeaks, en partenariat avec Libération etMediapart, dévoilent l’ampleur des opérations menées par les services de renseignement américains contre les intérêts français. Cinq rapports de synthèse de l’Agence nationale de sécurité (NSA) montrent que des responsables et diplomates ont été espionnés entre 2004 et 2012, notamment Pierre Moscovici et François Baroin lors de leur passage à Bercy. Une stratégie offensive qui apparaît dans un document secret fixant les objectifs prioritaires des Etats-Unis dans le domaine économique. Baptisée«France : développements économiques», datée de 2012, cette note constitue la doctrine de la NSA en la matière. Elle vise à recueillir toutes informations pertinentes sur les pratiques commerciales françaises, les relations entre Paris et les institutions financières internationales, l’approche des questions liées au G8 et au G20 ou encore les grands contrats étrangers impliquant la France. Ce dernier point, un des plus sensibles, est détaillé dans une sous-section intitulée «Contrats étrangers-études de faisabilité-négociations». Il s’agit de récupérer toutes les informations possibles sur les contrats d’envergure impliquant des entreprises françaises, notamment ceux dépassant les 200 millions de dollars. Des révélations qui risquent de jeter un froid sur les négociations autour du Tafta, le traité de libre-échange entre l’Europe et les Etats-Unis, dont le prochain round est prévu mi-juillet, à Bruxelles. La plupart des secteurs stratégiques sont visés par la NSA : technologies de l’information, électricité, gaz, pétrole, nucléaire, transports, biotechnologies, etc. Toutes les informations recueillies sont ensuite partagées avec les principales administrations américaines : département de la Sécurité intérieure, département du Commerce, département de l’Energie, agence de renseignement de la Défense, Réserve fédérale, Trésor et même commandement des forces américaines en Europe. Jamais la preuve d’un espionnage économique massif de la France, orchestré au plus haut niveau de l’Etat américain, n’avait été établie aussi clairement.

 


AVANTAGE CONCURRENTIEL

 

Voilà donc à quoi faisait référence Julian Assange dans son allocution au 20 heures de TF1, après la première salve de révélations. «Le chômage est particulièrement élevé mais il y a une raison à cela, avait lâché, cryptique, le fondateur de WikiLeaks. C’est que les Etats-Unis jouent un sale jeu.» Jusqu’où la NSA a-t-elle espionné les sociétés françaises ? Selon l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (Anssi), une centaine d’entreprises hexagonales entrent dans les critères définis par la NSA, dont la quasi-totalité de celles cotées au CAC 40. La plupart sont classées «OIV» (opérateurs d’importance vitale), car leur activité est jugée stratégique pour la nation. Ces entreprises, dont la liste est classifiée, relèvent du secteur public comme privé, aussi bien dans le champ des transports que dans l’énergie, la gestion des eaux, la santé, ou encore les télécoms. D’après l’Anssi, les OIV sont la ­cible d’au moins une attaque d’envergure par semaine. Les Russes, les Chinois et les Israéliens étant également très agressifs sur ce secteur, l’origine de ces intrusions est souvent difficile à déterminer. Mais ces dernières années, l’empreinte américaine a plusieurs fois été formellement identifiée. L’an dernier, les documents révélés par Edward Snowden ont ainsi apporté la preuve que plusieurs entreprises européennes, dont Airbus, avaient été espionnées par la NSA avec l’aide du BND, les services de renseignement allemands. A l’époque, Paris était resté muet. Airbus, en revanche, vient de porter plainte contre X pour espionnage.

Sur les secteurs hautement stratégiques, cet espionnage peut aller du simple vol des plans d’étude au pillage des données technologiques confidentielles. Mais ce qui intéresse par-dessus tout la NSA, ce sont les renseignements sur des appels d’offres impliquant des entreprises américaines. Un avantage concurrentiel potentiellement désastreux pour les sociétés françaises. D’autant qu’une partie des informations recueillies pas les américains sont également partagées avec leurs plus proches alliés : la Grande-Bretagne, le Canada, la Nouvelle-Zélande et l’Australie. Depuis la guerre froide, ces «Five Eyes» s’appuient notamment sur le programme «Echelon», un réseau d’interception planétaire mis en place sous l’égide des Etats-Unis et dont l’existence n’a été révélée qu’en 1998. Après l’effondrement du bloc soviétique, les antennes satellites qui ne servaient plus à espionner les Russes ont été mises au service des entreprises américaines. Depuis, tous les services de l’Etat sont mobilisés pour remporter la guerre économique. Une structure a même été spécialement créée pour épauler les entreprises américaines dans la conquête des principaux contrats internationaux : l’Advocacy Centre, chargé de faire le lien entre le secteur privé et les services de l’Etat. Cette stratégie offensive va prendre un caractère obsessionnel et industriel après les attentats du 11 Septembre. Dès 2002, date du premier document publié par WikiLeaks, l’administration américaine réalise que les moyens colossaux d’interception et de surveillance déployés dans la lutte contre le terrorisme sont démesurés par rapport à leurs cibles. Sous couvert d’antiterrorisme, la NSA devient alors le bras armé des Etats-Unis dans la guerre économique. Une guerre dans laquelle la France apparaît totalement démunie. «La force des Américains est de mettre tous leurs services dans la boucle, alors qu’en France, l’espionnage économique est tabou, décrypte Alain Juillet, ex-directeur du renseignement à la DGSE. Aujour­d’hui, nos services de renseignement se contentent de faire de la contre-ingérence. Sur l’offensif, on est à des années-lumière des Américains.» Une différence de doctrine qui semble évoluer. En France, la nouvelle loi sur le renseignement accorde en effet de nouvelles prérogatives aux services de renseignement, les agents étant désormais autorisés à agir pour la «promotion des intérêts économiques et industriels» de la nation. Jusqu’à espionner des entreprises américaines ?

A lire sur le site de WikiLeaks

Emmanuel FANSTEN et avec Julian ASSANGE

Lu ici

 

 

Les objectifs prioritaires de la NSA point par point

Publié par Libération et Wikileaks, un rapport de la NSA dévoile l'espionnage offensif de l'agence sur les intérêts économiques français depuis 2002.
 

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In english

 

TOP SECRET NSA economic espionage reports against France

 

Today, 29 June 2015, WikiLeaks continued "Espionnage Élysée", our ongoing publication of a collection of TOP SECRET documents from United States surveillance operations against France.

Today's publication comprises seven top secret documents detailing how the US has had a decade- long policy of economic espionage against France, including the interception of all French corporate contracts and negotiations valued at more than $200 million. The documents demonstrate that the US National Security Agency, far from being a rogue organisation, is carrying out an economic espionage policy created by the US Director of National Intelligence. The documents detail the intelligence process, from the tasking of the NSA with collection of desired economic information to the production of developed intelligence reports, which are sent to "Supported Elements" of the US government, including the US Department of Commerce, the US Trade Represenative, the US Treasury and the Central Intelligence Agency.

Central within the cache of documents are two long-term spying orders ("collection requirements") which define the kinds of intelligence the NSA is tasked with collecting in its surveillance operations against France. The documents make clear that the NSA has been tasked with obtaining intelligence on all aspects of the French economy, from government policy, diplomacy, banking and participation in international bodies to infrastructural development, business practices and trade activities. The documents establish that the US economic intelligence operations against France have run for more than a decade and started as early as 2002. Some of the documents are authorised for sharing with the "Five Eyes" partners – the group of Anglophone countries in close intelligence co-operation with the United States: Canada, New Zealand, Australia and France's fellow member state of the European Union, the United Kingdom, strongly suggesting that the United Kingdom has also benefited from the United States' economic espionage activities against France.

The cache also includes five TOP SECRET intelligence summaries from US spying on the conversations and communications of French officials. The documents show US spying on the French Finance Minister, a French Senator, officials within the Treasury and Economic Policy Directorate, the French ambassador to the United States, and officials with direct responsibility for EU trade policy. The intercepts reveal internal French deliberation and policy on the World Trade Organization, the Trans-Pacific Partnership Agreement, the G7 and the G20, the 2013 French budget, the decline of the automotive industry in France, and the involvement of French companies in the Oil for Food programme in Iraq during the 1990s.

WikiLeaks founder Julian Assange said: "The United States has been conducting economic espionage against France for more than a decade. Not only has it spied on the French Finance Minister, it has ordered the interception of every French company contract or negotiation valued at more than $200 million. That covers not only all of France's major companies, from BNP Paribas, AXA and Credit Agricole to Peugeot and Renault, Total and Orange, but it also affects the major French farming associations. $200 million is roughly 3,000 French jobs. Hundreds of such contracts are signed every year. The United States not only uses the results of this spying itself, but swaps these intercepts with the United Kingdom. Do French citizens deserve to know that their country is being taken to the cleaners by the spies of supposedly allied countries? Mais oui!"

For French-language interviews/comment regarding Espionnage Élysée please contact WikiLeaks' Paris-based legal advisor, Juan Branco: Tel. +33 671 19 21 47


Cartoon

Today, 23 June 2015, WikiLeaks began publishing "Espionnage Élysée", a collection of TOP SECRET intelligence reports and technical documents from the US National Security Agency (NSA) concerning targeting and signals intelligence intercepts of the communications of high-level officials from successive French governments over the last ten years.

The top secret documents derive from directly targeted NSA surveillance of the communications of French Presidents Francois Hollande (2012–present)Nicolas Sarkozy (2007–2012), and Jacques Chirac (1995–2007), as well as French cabinet ministers and the French Ambassador to the United States. The documents also contain the "selectors" from the target list, detailing the cell phone numbers of numerous officials in the Elysee up to and including the direct cell phone of the President.

Prominent within the top secret cache of documents are intelligence summaries of conversations between French government officials concerning some of the most pressing issues facing France and the international community, including the global financial crisis, the Greek debt crisisthe leadership and future of the European Union, therelationship between the Hollande administration and the German government of Angela MerkelFrench efforts to determine the make-up of the executive staff of the United Nations, French involvement in the conflict in Palestine and a dispute between the French and US governments over US spying on France.

A founding member state of the European Union and one of the five permanent members of the UN Security Council, France is formally a close ally of the United States, and plays a key role in a number of US-associated international institutions, including the Group of 7 (G7), the North Atlantic Treaty Organization (NATO) and the World Trade Organization (WTO).

The revelation of the extent of US spying against French leaders and diplomats echoes a previous disclosure in the German press concerning US spying on the communications of German Chancellor Angela Merkel and other German officials. That disclosure provoked a political scandal in Germany, eventuating in an official inquiry into German intelligence co-operation with the United States, which is still ongoing.

While the German disclosures focused on the isolated fact that senior officials were targeted by US intelligence, WikiLeaks' publication today provides much greater insight into US spying on its allies, including the actual content of intelligence products deriving from the intercepts, showing how the US spies on the phone calls of French leaders and ministers for political, economic and diplomatic intelligence.

WikiLeaks founder Julian Assange said: "The French people have a right to know that their elected government is subject to hostile surveillance from a supposed ally. We are proud of our work with leading French publishers Liberation and Mediapart to bring this story to light. French readers can expect more timely and important revelations in the near future."

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