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Une ancienne technique sibérienne de chirurgie du cerveau recréé par des scientifiques

Publié par wikistrike.com sur 6 Juin 2015, 13:20pm

Vue générale des traces de trépanation sur le crâne mâle Bike-III. Photo: Aleksei Krivoshapkin

Vue générale des traces de trépanation sur le crâne mâle Bike-III. Photo: Aleksei Krivoshapkin

Des scientifiques ont révélé les détails sur les techniques de chirurgie du cerveau utilisées par les anciens sibériens il y a 2300 ans.

Des neurochirurgiens ont travaillé avec des anthropologues et archéologues l'année dernière suite à la découverte de trous dans les crânes de trois ensembles de restes humains dans les montagnes de l'Altaï.

Ces caratéristiques suggèrent que ce sont des exemples de trépanation, la plus ancienne forme de neurochirurgie. On suppose que les anciens nomades avaient appris ces techniques délicates dans d'anciens centres médicaux, ou bien les ont découvertes en même temps que d'éminents médecins en Grèce et au Moyen Orient.

Après une série de tests pour récréer ces anciennes techniques de chirurgie, les experts en ont appris d'avantage sur la méthode et ont finalement compris comment ces anciens médecins effectuaient leur travail.

Parmi les découvertes faites par l'Institut d'Archéologie et d'Ethnographie dans la branche sibérienne de l'Académie des Sciences Russe, il apparait que les chirurgiens étaient très habiles dans les opérations menées avec un seul outil primitif de curetage sur le crâne.

De plus, il était clair que les anciens médecins adhéraient au Corpus hippocratique.

D'après Aleksei Krivoshapkin, chirurgien de Novosibirsk qui a examiné les crânes: "Honnêtement, je suis impressionné. Nous pensons maintenant qu'à l'époque d'Hippocrate, les habitants de l'Altaï étaient capables de faire une diagnostic précis et de mener des trépanations et autres chirurgies du cerveau."

Les crânes appartenaient à deux hommes et une femme et ont été trouvés dans les montagnes de l'AltaÏ. Ils remontent de 2300 à 2500 ans.

 

 

 Vue générale des traces de trépanation sur le crâne mâle Kyzyl-Dzar-5. Photo: Aleksei Krivoshapkin


Leur analyse, l'année dernière, a montré que l'une des hommes, âgé de 40 à 45 ans, avait souffert d'un traumatisme crânien et avait développé un caillot de sang qui devait lui donner des maux de tête, des nausées et des problèmes de coordination de ses mouvements. 

On suppose que la trépanation avait été faite pour enlever l'hématome. Le fait que les os aient continué à grandir indique que l'homme avait survécu à l'opération et vécu des années après celle-ci.

Le deuxième homme n'avait pas de traces visibles de traumatisme , mais il semblait avoir une déformation crânienne congénitale que les anciens chirurgiens avaient essayé de guérir.

Dans les deux cas, un trou relativement petit a été fait dans le crâne pour permettre aux chirurgiens d'accéder au cerveau à partir d'une zone où les dommages aux articulations et à la membrane étaient minimisés

Et, alors que la technique et les instruments utilisés ont pu varier de ceux recommandés dans la Grèce antique, il est clair que l'attention portée au patient et la localisation du trou montraient des considérations éthiques similaires.


Les restes ont d'abord été analysés au microscope à l'Institut d'Archéologie et d'Ethnographie afin de trouver des marques indiquant qu'il y avait eu une opération chirurgicale. Aucune trace de la façon dont les médecins avaient enlevé la peau n'a été trouvée, et, d'après le bon état de préservation des crânes, l'on peut supposer que cela avait été fait avec une grande précision.

Ils ont découvert que la trépanation avait été faite en deux étapes. Tout d'abord, un outil tranchant a été utilisé pour enlever la premier couche à la surface de l'os, délicatement, sans perforer le crâne. Ensuite avec des mouvements brefs et répétés, un trou a été découpé dans le crâne.

D'après le Professeur Krivoshapkin: "les trois trépanations ont été effectuées par curetage. D'après les traces sur la surface des crânes étudiés, on peut voir la séquence d'action des chirurgiens pendant les opérations. On voit clairement que les anciens chirurgiens étaient très précis et sûrs de leurs gestes, car il n'y a aucune trace de "dérapage"."

Les archéologues n'ont pas encore mis au jour d'outils médicaux spécifiques, mais, dans presque toutes les tombes de cette époque, selon le statut social, des couteaux en bronze ont été trouvés.  

L'examen des crânes a montré qu'un seul outil a été utilisé et l'on suppose qu'il puisse s'agir d'un couteau en bronze. Le professeur Krivoshapkin a essayé d'utiliser une lame typique de la cultureTagar, empruntée au musée de Minusinsk, sur un crâne, mais cela s'est révélé inadapté à la chirurgie.

Une réplique d'un couteau en bronze de l'époque a été faite avec les éléments modernes par l'archéologue Andrei Borodovsky, docteur des sciences historiques à l'Institut: "j'ai choisi un alliage de laiton en cuivre, tain et zinc après l'échec avec le couteau de Tagarsky, qui s'était révélé trop mou pour une chirurgie de ce type. La lame a parfaitement tournoyé. Notre copie moderne en alliage de laiton a parfaitement fonctionné. Je pense qu'il est important de se rappeler qu'ici, au 5ème siècle avant JC, l'Altaï était un grand centre de production de découpe d'ossements. Les gens étaient très habiles dans la fabrication d'objets en os d'animal. En travaillant les os d'animaux, ils ont compris les bases pour le travail d'un tel matériau, et plus tard, cela les a aidé à réalisé des opérations de chirurgie complexes."

 

 

La réplique du couteau faite par Andrey Borodovsky. Photo: Andrey Borodovsky, Tatyana Chikisheva


L'étape finale de la recherche consistait à recréer la procédure chirurgicale sur un crâne moderne.
En copiant les mêmes techniques supposées avoir été utilisées par les chirurgiens de l'Altaï, le professeur Krivoshapkin a mis 28 minutes à réaliser la tâche.

Bien qu'il a dit que cela demande "un effort considérable", le trou dans le crâne était parfaitement ressemblant à ceux des anciens patients.

 

 

 Crâne moderne après "l'opération" menée par Alexei Krivoshapkin en copiant les anciennes techniques. Photo: Alexei Krivoshapkin


Il reste cependant une dernière question non résolue pour les scientifiques: quel anesthésique ou analgésique utilisaient les médecins ?
Certains supposent que c'était du cannabis... mais on ne le saura jamais.

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