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Pillage de la Grèce: l'affreux catalogue des mises en vente

Publié par wikistrike.com sur 27 Juillet 2015, 06:12am

Catégories : #Economie

Pillage de la Grèce: l'affreux catalogue des mises en vente

L'accord du 12 juillet entre la Grèce et les autorités européennes confine le pays à un statut néo-colonial, c'est-à-dire, à devenir un protectorat de la troïka (Commission Européenne, Banque Centrale Européenne, Fonds Monétaire International). 

L'accord demande au gouvernement grec d'annuler tous les projets progressistes légiférés par Syriza depuis son arrivée au pouvoir il y a 6 mois ; de recevoir l'approbation de la troïka avant de décider de nouvelles lois ; d'adopter des mesures d'austérité automatiques en acceptant des "coupures de dépenses gouvernementales quasi-automatiques" au cas où les objectifs de surplus budgétaires ne seraient pas atteints ; d'accélérer la saisie et la liquidation de commerces et de résidences qui ne peuvent pas payer leurs dettes ; et d'affaiblir, ou même éliminer, les normes du travail protégeant les recours collectifs par des employés. 

Mais la clause peut-être la plus humiliante est celle qui force la Grèce à privatiser la somme effarante de €50 milliards de biens publics. Ceux-ci seront vendus à des investisseurs privés, dont plusieurs seront des étrangers. Les fonds ainsi récoltés seront utilisés pour rembourser la dette du gouvernement et recapitaliser les banques, ainsi que pour de l'investissement en Grèce, bien qu'il pourrait ne pas rester tant d'argent pour ce dernier objectif. 

L'accord a été décrit comme étant « une vente de garage désespérée de tout ce que peut trouver la Grèce. » Un conseiller du gouvernement grec l'a ainsi résumé :

« Il s'agit en fait de vendre la mémoire de nos ancêtres, de vendre notre histoire. »

 

 

En particulier, l'accord mentionne explicitement que l'opérateur du réseau de transmission électrique (ADMIE) se doit d'être privatisé, et sera probablement acheté par des intérêts étrangers. Le fonds qui gèrera le processus de privatisation se trouvera en Grèce, mais en pratique sera contrôlé par la troïka. Ce n'est pas la première fois que les autorités européennes tentent de conclure un pareil accord. En 2011, Athènes avait aussi entrepris, avec la troïka, de privatiser de nombreux biens publics d'une valeur totale de €50 milliards, mais cette cible n'avait pas été atteinte, alors que seulement €3.2 milliards de biens avaient été privatisés. Il est donc peu probable que la somme soit atteinte cette fois-ci, mais elle demeure toutefois révélatrice des intentions de la troïka. 

Il demeure aussi peu probable que des trésors archéologiques comme l'Acropolis soient soumis à une vente, étant donné la fureur que cela soulèverait auprès de la population. Cependant, deux politiciens allemands ont récemment suggéré que même ce genre de biens devrait faire partie de la vente de feu, donc on ne sait jamais. Des ruines moins importantes, par contre, pourraient bien être vendues. 

Pour comprendre à quel point l'accord révèle l'agressivité de la troïka, il convient d'examiner ce qu'il contient exactement. Un bon endroit à cet égard est le site internet de l'agence établie en 2011 pour superviser le processus de privatisation de €50 milliards précédent. Elle s'appelle la Hellenic Republic Asset Development Fund (HRADF, Fonds de développement des biens de la République hellénique) et son site fascinant [
http://www.hradf.com/en] liste tout ce que la Grèce doit vendre, avec photos, cartes géographiques et descriptions. 

Il s'agit d'un réel marché aux puces, où l'on peut trouver monuments, plages ensablées, aéroports, ports, services postaux, services publics, et plus. Et le site est en anglais : après tout, les investisseurs étrangers se doivent de savoir ce qu'ils s'apprêtent à acheter. Voici un échantillon. Les prix ne sont pas indiqués, mais j'inclus une brève description des biens tirée du site officiel. 

1. Plages 

La propriété a le potentiel d'être développée en un vaste projet intégrant tourisme, loisirs, et résidences près d'un terrain de golf au cœur d'une destination de vacances établie, à Rhodes. 

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© Inconnu

 

 

2. Châteaux 

Castello Bibelli est une propriété possédant une importante valeur historique et culturelle. Le bâtiment principal "CASTELLO" de 1.968 m2, de style néo-gothique, est fait de pierre, avec toits en tuiles, et ses deux tours et son balcon sont des caractéristiques remarquées. La propriété comprend aussi quatre édifices auxiliaires, couvrant une surface de 457 m2. Construite au début du siècle par l'amiral italien Bibelli, sur un flanc de colline boisé, sur 77 acres. 

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© Inconnu

 

 

3. Sources thermales 

La Grèce est dotée de sources thermales minérales et d'eaux géothermiques naturelles qui font partie de la richesse nationale. Leurs propriétés thérapeutiques sont reconnues depuis les temps anciens, offrant des traitements naturels pour de nombreuses maladies (hydrothérapie). 

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© Inconnu

 

 

4. Stades 

Le State de la Paix et de l'Amitié est un exemple typique du style architectural des dernières 20 années du 20e siècle ainsi qu'un édifice reconnu mondialement, ayant accueilli de multiples événements sportifs et culturels d'envergure internationale et nationale. 

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© Inconnu

 

 

5. Ports 

Le portfolio de l'État grec contient 12 ports, incluant ceux de Piraeus, Thessaloniki, Volos, Rafina, Igoumenitsa, Patras, Alexandroupoli, Iraklio, Elefsina, Lavrio, Corfu et Kavala. 

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6. Compagnie de distribution et de traitement des eaux d'Athènes 

Cette compagnie possède les droits exclusifs en ce qui a trait aux services de distribution et de traitement des eaux, le tout réglementé par un accord de 20 ans. 

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7. Infrastructures olympiques 

Ceci comprend le Centre d'Aviron Schinia, le Centre Équestre Markopoulo et le Centre Olympique Galatsi. 

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© Inconnu
 

 

Autre article

En Grèce, tout est à vendre, ou presque

 

Îles au rabais, sites olympiques bradés, tronçons d'autoroute et entreprises publiques à la pelle, la patrie de Platon vend tout.

C'était le 12 juillet dernier. Après des heures et des heures de négociations aussi ardues que tendues, un troisième plan de refinancement voyait le jour. Et quel plan. Dans les grandes lignes, l’accord demande au gouvernement grec, avant toute chose, de revenir sur les mesures prises ces six derniers mois et ayant pour but d’extraire le pays d’une situation d’enlisement, pour ne pas dire de régression, socio-économique. Plus question non plus de rechigner à la systématisation des coupes budgétaires liées aux retraites et autres dépenses gouvernementales. 

Mais surtout, il y a cet OVNI économique, ce contresens européen, le fameux fonds d'investissement de 50 milliards d'euros. Cinquante milliards financés par la privatisation de biens publics, utilisés pour rembourser la dette du gouvernement, recapitaliser les banques et, éventuellement s'il demeure des deniers, investir en Grèce.

Faire du neuf, avec du vieux

Que la Grèce privatise à tout va n'est pas neuf. En 2011, une première tentative de vendre pour alléger la dette avait été tentée. Malheureusement, sur les 50 milliards (déjà) espérés à l'époque, seuls 3,2 avaient été trouvés. De retards en ratés, volontaires ou pas, la mesure s'était enlisée et les créanciers européens ont vite déchanté, jusqu'à accepter de ne plus tabler que sur 22 milliards, d'ici 2020. Mais cela, c'était avent le 12 juillet dernier.

Dans le fonds "nouvelle version", ventes et privatisations seront accélérées. Finis les écueils juridiques, administratifs et politiques qui découragent les investisseurs. Finis les recours systématiques ou les grèves sauvages des employés à risque de licenciement, symboles de la colère des Grecs envers ce qu'ils considèrent comme une spoliation en règle.

Et ce fonds, dans lequel la Grèce est censée transférer tout ce qui est potentiellement vendable,dispose d'un site internet, véritable vitrine des biens en vente avec pléthore de détails. Des aéroports, des ports, des plages, des sources thermales, tout s'y trouve, il ne manque que les prix.

Plages, îles et péninsules

Si la plupart des biens mis en vente, comme la société des eaux, ne fera rêver que les multinationales, d'autres possèdent un potentiel onirique certain. Vous rêvez d'une île rien qu'à vous? Johnny Depp l'a (re)fait, puisque la star américaine s'est offert l'île de Strongyli, pour 4,5 millions d'euros.

Mais l'un des joyaux de cette foire aux bonnes affaires est sans doute la péninsule d'Astir Vouliagmenis, située à 20 kilomètres du centre d'Athènes. Avec sa marina, son complexe hôtelier de luxe et ses plages très prisées, elle a fait, dans le passé, l'objet des spéculations les plus folles.

Hôtels et sanatoriums

Dans les années 60, la Grèce avait lancé le projet Xenia. Des hotels, dessinés par les plus grands architectes du pays et situés dans des zones d'intérêt culturel et historique. Cinquante ans de mauvaise gestion plus tard, ces boutiques-hôtels se retrouvent en vente. Au même titre que deux sanatoriums et trois manoirs à "haut potentiel hôtelier".

Un château près de Corfou

Construit par l'Amiral italien Bibelli, Castello Bibelli est un château de 2000 mètres carrés en style néo-gothique, avec tourelles, patio et dépendances. Le tout édifié au début du siècle dernier, dans un parc de 77 acres situé à un jet de pierre de Corfou.

Ports

Véritables perles de la Grèce, les ports représentent également le symbole de la résistance grecque contre cette vague de privatisation. Douze de ces infrastructures maritimes font cependant toujours partie de cette grande vente aux enchères: Le Pirée, Thessalonique, Volos, Rafina, Igoumenitsa, Patras, Alexandroupoli, Iraklio, Elefsina, Lavrio, Corfu et Kavala.

Certains sites des Jeux Olympiques d'Athènes

Onze ans que la Grèce a organisé le plus médiatisé des spectacles sportifs du monde. Depuis, beaucoup de ces sites olympiques ont été abandonnés, délaissés ou utilisés occasionnellement pour... des mariages. Trois sites sont actuellement à vendre: le Centre d’Aviron Schinia, le Centre Équestre Markopoulo et le Centre Olympique Galatsi.

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