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Guatemala: Le peuple se lève devant un pouvoir totalement corrompu

Publié par wikistrike.com sur 28 Août 2015, 09:34am

Catégories : #Politique internationale, #Social - Société

Guatemala: Le peuple se lève devant un pouvoir totalement corrompu
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Guatemala: Le peuple se lève devant un pouvoir totalement corrompu
Guatemala: Le peuple se lève devant un pouvoir totalement corrompu

Plusieurs dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblés jeudi 27 août au Guatemala pour réclamer la démission du président Otto Perez, empêtré dans une affaire de corruption et de fraude fiscale.

Des manifestants demandent la démission du président du Guatemala Otto Pérez, le 21 août 2015 à Guatemala ( AFP / JOHAN ORDONEZ )

 

Le scandale de corruption qui secoue le Guatemala depuis des mois a atteint vendredi dernier la tête de l'Etat, avec la mise en accusation directe du président Otto Pérez par le parquet et l'arrestation de son ex-vice-présidente.

 

A quelques semaines seulement du scrutin présidentiel du 6 septembre, auquel M. Pérez ne se représente pas, la justice a marqué un grand coup en quelques heures, d'abord en arrêtant l'ancienne vice-présidente Roxana Baldetti, puis en accusant le président de diriger le réseau de corruption découvert au sein des douanes.

"Nous trouvons dans toute l'organisation et l'organigramme (de ce réseau, ndlr) la participation très regrettable du président de la République et de Roxana Baldetti", a affirmé Ivan Velasquez, président de la Commission internationale contre l'impunité de l'ONU au Guatemala (Cicig).

M. Velasquez s'exprimait lors d'une conférence de presse conjointe avec le parquet, qui a confirmé ces accusations et avec qui une procédure a été lancée pour que le président comparaisse devant la justice.

Le Colombien Ivan Velasquez, président de la Commission internationale contre l'impunité de l'ONU au
Le Colombien Ivan Velasquez, président de la Commission internationale contre l'impunité de l'ONU au Guatemala à Guatemala le 21 août 2015 ( AFP / JOHAN ORDONEZ )

Selon lui, les 86.000 écoutes téléphoniques réalisées dans le cadre de l'enquête, démarrée en mai 2014, incluaient des références au "numéro un" et à "la numéro deux".

"Si aujourd'hui nous disons que +le numéro un+ correspond au président et +la numéro deux+ à la vice-présidente, c'est parce que nous avons des éléments pour le prouver, au-delà des conversations" enregistrées, a assuré M. Velasquez.

Le président conservateur a réagi en promettant de "faire face" à ces accusations, sans plus de détails, devant des journalistes l'accompagnant dans une opération de distribution d'aliments à des habitants touchés par la sécheresse.

En atteignant le sommet de l'Etat, l'enquête ne devrait que renforcer l'écœurement des Guatémaltèques, qui ont été des milliers à descendre dans les rues ces derniers mois, réclamant la démission du président.

Le scandale avait éclaté au grand jour le 16 avril avec le placement en détention du directeur des impôts et de nombreux autres fonctionnaires, accusés d'avoir touché des pots-de-vin pour exonérer des importateurs de frais de douane.

 

- Dans le viseur de la justice -

 

L'enquête désignait au départ Juan Carlos Monzon, ancien secrétaire privé de la vice-présidente, en fuite, comme étant la tête du réseau.

Un mois plus tard, les présidents de la Banque centrale, Julio Suarez, et de la Sécurité sociale, Juan de Dios Rodriguez, ami intime du président Pérez, étaient arrêtés dans l'enquête sur l'attribution suspecte d'un contrat d'achat de médicaments.

Otto Pérez, un général à la retraite de 64 ans au pouvoir depuis 2012 et dont le mandat court jusqu'au 14 janvier 2016, était déjà dans le viseur de la justice depuis plusieurs mois. Une requête pour lever son immunité a été rejetée mi-août par les députés.

Le président du Guatemala Otto Pérez à Guatemala le 14 août 2015
Le président du Guatemala Otto Pérez à Guatemala le 14 août 2015 ( AFP/Archives / JOHAN ORDONEZ )

Ces dures accusations à son encontre surviennent quelques heures après l'arrestation de l'ancienne vice-présidente, qui avait démissionné mi-mai.

Mme Baldetti, 53 ans, est poursuivie pour association de malfaiteurs, fraude et corruption passive.

Près de la clinique où elle a été arrêtée, des dizaines de personnes ont fait éclater des pétards aux cris de "voleuse" et "corrompue", tandis que les automobilistes klaxonnaient leur joie au passage, a constaté un photographe de l'AFP.

"Pourvu que la classe politique comprenne le message car si elle ne le fait pas à temps, alors que les gens sont lassés, il y a d'énormes risques de montée des troubles, avec des conséquences qui peuvent être imprévisibles", a prévenu le procureur en charge des droits de l'homme, Jorge de Leon, devant la presse.

Malgré le ras-le-bol populaire, le candidat favori pour l'élection est Manuel Baldizon, du parti Liberté démocratique (droite), dont le partenaire, pour la vice-présidence, est l'ex-patron de la Banque centrale Edgar Barquin, visé par une enquête pour blanchiment d'argent.

La Cicig dénonçait récemment le financement de candidats par des organisations criminelles et des trafiquants de drogue, dans un pays frappé par une violence et une pauvreté records, après 36 ans de guerre civile (1960-1996).

Mais le Guatemala n'est pas le seul pays d'Amérique centrale à souffrir de la corruption : des scandales similaires touchent le parti du président du Honduras Juan Orlando Hernandez, l'ex-président du Salvador Francisco Flores et celui du Panama, le milliardaire Ricardo Martinelli.

Le dernier classement de Transparency International sur la perception de la corruption place le Honduras au 126e rang sur 175 pays, le Guatemala au 115e, le Panama au 94e et le Salvador au 80e.

Source

Les clés du scandale de corruption impliquant le président du Guatemala

Guatemala - Le Guatemala traverse une crise politique sans précédent dans son histoire récente avec les accusations portées par la justice contre le président Otto Pérez et son ancienne vice-présidente Roxana Baldetti, placée en détention provisoire: ils sont tous deux soupçonnés d'avoir été à la tête d'une vaste fraude au sein des douanes.

Ce scandale a jeté des milliers de Guatémaltèques dans les rues ce 27 août pour manifester contre la corruption, demander la démission de Pérez.

Question : Comment a éclaté le scandale et combien de personnes sont impliquées ' 

 
 

Réponse : La fraude a été révélée le 16 avril après un an d'enquête menée par le parquet et une Commission spéciale de l'ONU contre l'impunité (Cicig) suite à des soupçons d'irrégularités au sein du service des douanes dépendant de la Superintendance de l'administration fiscale (SAT). 

A ce jour, une trentaine de personnes ont été placées en détention, dont d'ex-directeurs de la SAT et des hommes d'affaires, en plus de la vice-présidente, accusée d'avoir perçu des pots-de-vin et d'approuver la fraude gérée par son ancien secrétaire particulier, Juan Carlos Monzon, actuellement en fuite. 

Q : Comment fonctionnait le réseau ' 

R : L'enquête, qui repose notamment sur quelque 89.000 écoutes téléphoniques, a montré que des intermédiaires fournissaient à des importateurs un numéro de téléphone surnommé "La ligne", destiné à les mettre en relation avec des fonctionnaires des douanes qui réduisaient les taxes douanières en échange de pots-de-vin. 

Q : Quels sont les rôles joués, selon l'accusation, par le président et la vice-présidente ' 

R : D'après les enquêteurs, Otto Pérez et Roxana Baldetti donnaient des ordres pour placer au sein de la SAT des personnes facilitant la fraude et bénéficiaient eux-mêmes des dessous-de-table. 

Dans les écoutes téléphoniques, des suspects évoquent "le 1" et "la 2", ainsi que le "mero mero", la "mera mera" (chef suprême) et le "patron de la propriété", des surnoms désignant d'après le parquet M. Pérez et Mme Baldetti. 

Q : Quelles sont les relations entre le président et l'ex-vice-présidente ' 

R : Ils se sont connus lorsque M. Pérez dirigeait le renseignement militaire et qu'elle occupait le poste de sous-secrétaire aux Relations publiques sous la présidence de Jorge Serrano (1991-1993), soupçonné de corruption et exilé au Panama. 

 

Mme Baldetti et M. Pérez ont fondé en 2002 le Parti patriote (droite), sous la bannière duquel ils ont été élus au Congrès en 2004 puis 2008. 

Q : A quel processus fait désormais face le président ' 

Le Congrès a entamé jeudi l'étude de la demande par le parquet de la levée de son immunité présidentielle. 

Une commission de cinq députés tirés au sort a été constituée afin de rédiger un rapport sur cette question d'ici à 60 jours. La levée de l'immunité doit ensuite obtenir 105 votes sur 158 députés. Une demande en ce sens formulée par un député de l'opposition mi-août a été rejetée par les parlementaires. 

La levée de l'immunité n'implique pas la démission du président mais permet de le poursuivre en justice.  

Q : Qui manifeste contre le président ' 

R : Quasiment tous les secteurs de la société demandent le départ de l'ancien général de 64 ans, au pouvoir depuis 2012 : enseignants, étudiants, militants des droits de l'Homme, organisations indigènes, église, paysans et même la fédération patronale.  

Q : Quelles peuvent être les conséquences de ce climat sur l'élection présidentielle du 6 septembre ' 

R : Après cette fraude aux douanes, qui s'ajoute à d'autres scandales impliquant des politiques ou des hauts fonctionnaires, des mouvements sociaux exigent des réformes législatives sur la gestion des partis politiques et d'interdire notamment la réélection des maires et députés, comme c'est déjà le cas pour le président.  

La corruption pourrait détourner des urnes des électeurs de plus en plus méfiants envers une classe politique déjà déconsidérée. Certains secteurs ont demandé le report des élections jusqu'à la mise en place d'une réforme profonde du système politique. 

 

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