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Le lion Cecil (Rhodes) de l’ex-Rhodésie… Tout un symbole !

Publié par wikistrike.com sur 4 Août 2015, 07:16am

Catégories : #Ecologie - conso - biodiversité - énergie

Le lion Cecil (Rhodes) de l’ex-Rhodésie… Tout un symbole !

e son vivant, le lion Cecil a symbolisé, sans le savoir, tout un passé grandiose dans les fantasmes de tout un monde en voie de disparition. Il ne portait pas le nom de Simba ou tout autre nom habituellement attribué aux lions, mais Cecil. En tant que roi de la forêt, il portait le nom du plus prestigieux des colons anglais, Cecil Rhodes, propriétaire de la contrée dans laquelle il vivait.

Les autochtones ont beau avoir débaptisé cette région et lui restituer son nom d’origine, l’ombre de Rhodes devait planer sur le pays grâce au plus majestueux de ses prédateurs. Ce majestueux prédateur était connu et aimé de tous, nous dit-on. Qui étaient ces « tous » ? Les Zimbabwéens ? Ils ne connaissaient même pas son existence. Les Africains ? Encore moins. Les Allemands, les Italiens, les Chinois ou Français ? Ils savaient juste qu’il devait y exister quelques lions (c’est l’Afrique…) et que ce n’est pas bien de tuer les animaux inutilement.

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Du point de vue anglo-saxon, les choses sont différentes. Cecil Rhodes est un symbole, comme Napoléon l’est pour les Français. On peut en dire ce qu’on veut, bien ou mal, mais avec respect. Tout ce qui a rapport avec lui, y compris par le nom, touche au sacré. Un tueur de Safari qui se trouve devant le lion Cecil, voit défiler devant lui tout un passé glorieux. Les touristes en safari anglo-saxons sont les seuls à connaitre ce lion parmi d’autres, mais ils représentent le monde entier, selon leurs médias. Ces mêmes médias, dans leur envolée lyrique, disent que c’était le lion le plus aimé de tous. Pourquoi ces « tous » l’aimaient-ils tant ? Parce qu’il venait leur lécher les mains ? Ou se frotter à eux, ou leur gratifiait de rugissements affectueux ? Non, c’est simplement parce que ces touristes ne voyaient en lui que leurs fantasmes nostalgiques.

Le paradoxe, c’est que le « le lion le plus aimé du monde » vit dans le pays le plus haï de ceux qui utilisent cette formule. Ah, quel dommage qu’un si beau lion, s’appelant Cecil de surcroît, vivant dans une si belle contrée, meure dans un ignoble pays appelé Zimbabwe ! Bien que honni à cause de son régime politique qui, disent-ils, rend toute vie normale impossible, ce pays attire tous les amateurs de safaris et de trophées anglo-saxons, qui y entrent et en sortent comme bon leur semble, dans une totale liberté qu’ils n’accepteraient jamais chez eux pour quiconque.

« L’assassin », l’iconoclaste, le tueur de symbole, Walter Palmer, peut-être parce qu’il n’est qu’Américain et non Britannique, n’a pas saisi la portée de son geste en tuant le lion. Mal lui en a pris, le voilà jeté en pâture au public pour un lynchage en règle. Une occasion de lynchage ne se rate jamais, car c’est de l’émotionnel pur. Le fait d’avoir tué un symbole lui vaut même d’être attaqué par un autre symbole, le Predator-Terminator-ex gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger.

La mort de Cecil le lion est peut-être beaucoup plus que la mort d’un lion. Toute la médiatisation faite autour de sa disparition annonce peut-être la mort symbolique définitive du mythe passéiste de Cecil Rhodes dans ces régions d’Afrique. En Avril dernier déjà, la statue du colonisateur britannique a été déboulonnée au Cap, après un mois de manifestations d’étudiants de cette ville. Le Zimbabwe lui-même a effectué récemment un virage dans son approche de sa politique post-Rhodésie, en redistribuant des terres aux blancs de ce pays. Si, dans la région, tout change en vue d’enterrer le passé, en sera-t-il de même dans la mentalité anglo-saxonne ? Peut-être que la mort du lion Cecil y contribuera, qui sait ?

Avic – Réseau International

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