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Gaz à effet de serre: une faille dans le protocole de Kyoto a fait grimper les émissions de 600 millions de tonnes

Publié par wikistrike.com sur 26 Août 2015, 07:37am

Catégories : #Ecologie - conso - biodiversité - énergie

Gaz à effet de serre: une faille dans le protocole de Kyoto a fait grimper les émissions de 600 millions de tonnes

Paris - Un dispositif mondial conçu pour maintenir sous contrôle le niveau des gaz à effet de serre (GES) dans l'atmosphère a abouti, selon des chercheurs... à l'émission d'environ 600 millions de tonnes supplémentaires.

Les scientifiques incriminent une faille dans le mécanisme de Mise en oeuvre conjointe (MOC) prévu dans le protocole de Kyoto, qui a permis à des pays de gagner et de vendre des crédits carbone en échange de réductions d'émissions qui n'étaient pas réelles.

La Russie et l'Ukraine ont été les principaux contrevenants, indiquent Lambert Schneider et Anja Kollmuss, du Stockholm Environment Institute (SEI), auteurs d'un mémoire publié par cet institut.

Ces conclusions devraient servir d'avertissement aux 195 pays qui se réuniront à la fin de l'année à Paris pour élaborer un accord mondial sur le climat, ont-ils estimé.

Au total, l'utilisation de ce mécanisme pourrait avoir permis aux émissions mondiales de GES de dépasser d'environ 600 millions de tonnes équivalent CO2 le montant qu'elles auraient atteint autrement, écrivent-ils.

Ce chiffre représente l'essentiel du total de 872 millions de crédits émis jusqu'à mars 2015.

Environ les trois quarts de ces crédits pourraient ne pas correspondre à de véritables réductions d'émissions, estime Carbon Market Watch, un organisme d'observation du marché du carbone, commentant ces conclusions.

Dans le cadre du Protocole de Kyoto, le mécanisme de Mise en oeuvre conjointe accordait des crédits carbone à des pays lorsqu'ils incinéraient ou diminuaient les gaz résiduaires de leurs industries plutôt que de les disperser dans l'atmosphère.

D'autres pays, qui avaient besoin de dépasser leurs quotas d'émission, pouvaient acheter ces crédits, ce qui leur permettait d'émettre un volume de gaz équivalent à celui censé avoir été supprimé ailleurs. L'objectif étant de parvenir à un jeu à somme nulle d'émissions mondiales constantes.

Mais une faille dans le système a créé une incitation perverse à produire et incinérer davantage de gaz résiduaires, afin de gagner plus de crédits, indique une étude des mêmes auteurs parue lundi dans la revue Nature Climate Change.

Ce qui s'est traduit par des crédits supplémentaires vendus sur le marché et une augmentation nette des émissions.

Selon le mémoire du SEI, les implications pour le système d'échange des quotas d'émissions de l'Union européenne, le plus grand marché du carbone au monde, ont été particulièrement graves.

- Des erreurs susceptibles d'être répétées -

Cette faille pourrait avoir avoir plombé son objectif d'environ 400 millions de tonnes d'équivalent CO2.

En Russie seule, quatre usines chimiques ont produit 28 à 33 millions de crédits excédentaires depuis 2011, a indiqué M. Schneider à l'AFP par mail.

La plupart des crédits de la Mise en oeuvre conjointe venaient d'Ukraine, suivie par la Russie, a-t-il dit. Selon lui, la plupart des crédits d'Ukraine et de Russie sont sujets à caution et pourraient ne pas correspondre à de véritables réductions d'émissions.

L'Ukraine et la Russie représentaient plus de 90% des crédits de la MOC.

Ce qui nous préoccupe beaucoup, c'est qu'il existe un risque considérable que les mêmes erreurs soient répétées dans le nouveau traité international sur le climat en cours de négociation et qui sera adopté cette année en décembre, a ajouté M. Schneider.

De nombreux pays ne veulent pas de contrôle des transferts de crédits internationaux, et plusieurs des engagements nationaux de réduction des gaz à effet de serre déposés jusqu'à présent en soutien au futur accord de Paris ne sont pas très ambitieux.

Cela pourrait créer un scénario dans lequel des pays continuent à vendre des crédits carbone qui ne correspondent pas à de véritables réductions d'émissions, a estimé M. Schneider.

Le protocole de Kyoto, adopté en 1997 et entré en vigueur en 2005, contraignait les pays développés à une baisse moyenne de 5% de leurs émissions durant la période 2008-2012, par rapport à 1990. Cet objectif a été largement atteint.

 

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