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Un homme d'affaires canadien propose de racheter les esclaves sexuelles de Daech

Publié par wikistrike.com sur 25 Août 2015, 07:32am

Catégories : #Social - Société

Un homme d'affaires canadien propose de racheter les esclaves sexuelles de Daech

Ce Montréalais affirme avoir déjà sauvé 128 femmes et enfants, issus des minorités yazidies et chrétiennes. Chaque libération coûterait entre 1500 et 2000 euros.

 

Depuis quelques jours, la presse canadienne relaie l'étonnante initiative de Steve Maman. Cet homme d'affaires canadien s'est mis en tête de libérer des esclaves sexuelles, issues des minorités yazidies et chrétiennes, et capturées par le groupe terroriste Etat islamique (EI). Contacté par Le Figaro, le Montréalais affirme avoir financé grâce à sa fortune personnelle une centaine de libérations. Ne pouvant plus assumer les dépenses, il a créé une fondation pour prendre le relais en juin dernier. Grâce à un appel aux dons lancé dans la foulée, une trentaine d'autres enfants ont déjà été libérés.

Ce vendeur de voitures de collection s'est lancé dans cette opération fin 2014. Le père de famille d'origine marocaine et de confession juive découvre à cette époque l'horreur que vivent les enfants et les femmes prisonniers de l'État islamique. «Je me souviens très bien de ce soir-là, nous confie Steve Maman. J'étais devant mon ordinateur et je suis tombé sur une photo d'enfants emprisonnés dans une cage. Je venais de voir le film La liste de Schindler, qui raconte l'histoire de cet industriel allemand qui a sauvé 1200 juifs pendant la Seconde guerre mondiale. À ce moment-là, je me suis dit que je devais agir.»

Entre 1500 et 2000 euros pour libérer un otage

Voyant la progression du groupe terroriste en Irak et en Syrie, Steve Maman décide dans un premier temps d'aider trois familles chrétiennes, dont le village se trouve sur le chemin de Daech. Aidé du révérend Canon Andrew White, qu'il a rencontré au gré de ses voyages d'affaires, il parvient à les faire sortir d'Irak et à les mettre en sécurité en Turquie. Il tient à les faire venir au Canada en tant que réfugiés. Mais l'opération s'avère compliquée et coûteuse. «Je me suis dit qu'à l'avenir, il valait mieux se contenter de les sortir des territoires de Daech et de les aider à retrouver leurs familles.»

nviron 3000 personnes, pour l'essentiel yazidies, seraient encore entre les griffes de l'État islamique. Par ailleurs, une petite fille chrétienne, Christina Khezr Azou, serait toujours détenue en Irak. Un document récemment dévoilé par l'Onu fait état des prix des esclaves sexuelles. On sait désormais que les enfants de 1 à 9 ans valent 150 euros en moyenne. Que les esclaves féminines de 10 à 20 ans sont vendues environ 110 euros. En juin dernier, Steve Maman a fondé l'organisme sans but lucratif CYCI (Liberation of Christian and Yazidi Children of Iraq) et lancé un appel aux dons via la plateforme de financement participatif Gofundme. Ouverte le 5 juillet dernier, cette cagnotte en ligne affichait ce mercredi un montant dépassant les 450.000 dollars (406.000 euros).

À ce jour, Steve Maman dit avoir sauvé 128 femmes et enfants, âgés de 3 à 35 ans. A-t-il le soutien du gouvernement canadien? «Ils apprécient mon action, mais je n'ai aucun soutien financier, ni militaire», nous répond-t-il, avant de préciser qu'il a déjà rencontré le premier ministre canadien Stephen Harper et Zainab Bangura, la représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies, chargée de la question des violences sexuelles liées aux conflits armés.

Une initiative controversée

Si son initiative est souvent saluée, des voix s'élèvent et l'accusent de financer Daech. À Montréal, le milieu universitaire s'interroge sur la méthode employée. «Plusieurs régimes occidentaux se demandent si c'est la chose à faire puisque quand on commence, ça ne finit plus, souligne Frédéric Castel, géographe à l'Université du Québec à Montréal (UQAM). Et même pour des kidnappings d'otages en nombre de quelques dizaines, on est déjà contre. Qu'est-ce que ça va être quand on est avec des milliers?», demande l'enseignant, interrogé par le site d'informations La Presse.

En France, le directeur du Centre d'analyse du terrorisme (CAT) Jean-Charles Brisard se montre tout aussi sceptique. «En versant de l'argent contre la libération d'otages, je pense que cette initiative privée fait le jeu de Daech», commente-t-il, ajoutant que les rançons représentent 10% du financement de l'État islamique. «Ce qui est loin d'être négligeable!» Pour Natalie Maroun, analyste à l'Observatoire international des crises, la question est davantage morale: «Est-ce que c'est normal d'acheter un enfant pour le libérer, à l'heure où l'esclavage est aboli?»

 

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