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Comment les Etats-Unis peuvent arrêter l’EIIL sans mettre un pied en Syrie

Publié par wikistrike.com sur 3 Septembre 2015, 18:29pm

Catégories : #Politique internationale

Comment les Etats-Unis peuvent arrêter l’EIIL sans mettre un pied en Syrie

 

Il est de plus en plus difficile de camoufler ou de pirouetter l’info, cela devient apparent même dans les médias occidentaux et leur couverture des évènements que le soi-disant “État Islamique” (EIIL/EI) ne maintient pas sa capacité de combat depuis l’Irak ou la Syrie intra muros, mais plutôt grâce à une ligne logistique qui va et vient entre les nations voisines. Ces nations incluent la Jordanie, le Liban, Israël et de maniere encore plus évidente, ce membre de l’OTAN qu’est la Turquie.

Ce fut la chaîne d’info allemande Deutsche Welle (DW) qui a dit dans son rapport « ‘IS’ supply channels through Turkey, » que des centaines de camions destinés à l’EI et aux territoires qu’il contrôle ont été filmés en attente à Oncupinar en Turquie de passer la frontière avec la Syrie et ce sans aucune supervision apparente du gouvernement turc. Plus tard, le magazine TIME admettrait la dépendance de l’EI à la ville syrienne frontalière de Tal Abyad pour les ravitaillements, et la grande importance de la perte de cette ville au profit des combattants kurdes, car cette place maintient la capacité au combat de l’EI à la fois sur la frontière mais aussi plus profondément sur le territoire syrien.

Un rapport d’AP du mois de Juin « Kurds move to cut off ISIS supply lines in Syria, » affirmait: “ Les combattants kurdes syriens se sont rapprochés des banlieues d’une ville tenue par l’EIIL à la frontière turque samedi, coupant potentiellement la route cruciale de ravitaillement des terroristes,” ont dit des officiels kurdes et un groupe activiste. La prise de la ville de Tal Abyad à quelques 70km de la place forte de l’EIIL, Raqqa, voudrait dire que le groupe n’aurait plus de route directe (avec la Turquie) pour leur faire parvenir de nouvelles troupes et du ravitaillement. L’avance kurde, venant sous couvert d’une importante assistance aérienne menée par la coalition américaine, joindrait également leurs deux fronts et mettrait plus de pression sur la place de Raqqa alors que les forces irakiennes ont bien du mal à contenir le groupe dans leur pays.

Tandis que les frappes aériennes américaines sont créditées pour le succès de l’avance kurde contre l’EIIL, on se demande pourquoi les Etats-Unis, dont une de leur base est à Incirlik, la Turquie et les forces spéciales commandos américaines et celles de la CIA opérant le long de la frontière syrienne en Turquie, n’ont rien fait pour interdire les lignes de ravitaillement de l’EIIL avant qu’elles n’atteignent la Syrie où l’attendent les terroristes.

Les Kurdes et l’armée syrienne réalisent tous deux l’importance de restreindre les armées terroristes en Syrie en les coupant de leurs lignes logistiques de ravitaillement aux frontières syriennes. Mais les Kurdes et les forces syriennes sont de plus en plus limités pour sécuriser ces zones frontalières à cause d’une toujours plus étendue “zone de sécurité” que les Etats-Unis et leurs alliés régionaux mettent en place sur le territoire syrien près des frontières. La Turquie et Israël ont tous deux attaqué les forces syriennes dans ces “zones de sécurité refuge”, créant un véritable sanctuaire pour les affiliés d’Al Qaïda, incluant Al Nosra et l’EIIL.

Les efforts pour “assister” les Kurdes ne semblent avoir été qu’un prétexte pour violer l’espace aérien syrien en premier lieu, puis le territoire syrien en second lieu. La pathétique “Division 30” américaine comprenant moins de 60 combattants entraînés en Turquie, puis envoyés pour combattre des milliers et des milliers de terroristes que les Etats-Unis et leurs alliés ont aussi armés, entraînés et envoyés par-delà les frontière syriennes depuis des années, fut une autre tentative de faire paraître les gains de l’EIIL et d’Al Nosra comme un résultat de la folie occidentale plus que comme sa création.

Comment l’occident peut arrêter l’EIIL sans mettre un pied en Syrie

Une vieille maxime militaire dit ceci: “une armée marche sur son estomac”. La logique dicte qu’une armée avec l’estomac vide est incapable de continuer de marcher et de fonctionner. Napoléon Bonaparte, qui est crédité de cette citation, l’a vérifié en toute première main lorsque son armée s’est retrouvée profondément enfoncée en territoire russe sans vivres ni ravitaillement de toute sorte, ceci menant ultimement à une défaite des plus catastrophique.

De la même façon, la capacité de combat de l’EIIL dépend entièrement de ses lignes de ravitaillement. Couper ces lignes mènera à une défaite inévitable. Pour les Etats-Unis, qui sont soit alliés, soit ont des troupes dans les pays frontaliers à la Syrie, couper les lignes de ravitaillement de l’EIIL serait chose très simple, si de fait, les US étaient VRAIMENT intéressés à battre l’EIIL et autres affiliés d’AQ.

Tandis que les Etats-Unis ont assisté la Turquie pour ériger une défense de missiles le long de sa frontière avec la Syrie afin de créer une de facto “zone d’interdiction de vol” donnant ainsi à Al Nosra et l’EIIL un sanctuaire tombé du ciel, très peu d’efforts ont été faits pour sécuriser la frontière, spécifiquement pour la recherche et l’interdiction du transit de combattants étrangers, d’armes, de vivres et de munitions. Comme le rapport de DW l’a illustré, il apparaît que les frontières turques sont non seulement complètement ouvertes, mais qu’elles le sont de manière intentionnelle, il n’y a en conséquence peu ou pas d’efforts de la part de la Turquie pour couper le torrent de ravitaillement qui passe de son territoire vers la Syrie.

DW filmerait sûrement une situation similaire se déroulant en Jordanie près de sa frontière avec la Syrie, près de la ville syrienne de Daraa qui est devenue un champ de bataille alors que les forces syriennes tentent désespérément de couper le flot logistique de combattants et d’armes transitant par cette frontière, visant ultimement Damas.

Les Etats-Unis pourraient arrêter l’EIIL en un mois… S’ils le voulaient vraiment…

En coupant l’EIIL de son argent, de ses vivres, renforts de combattants et d’équipement essentiel, il serait très rapidement défait par les forces syriennes et irakiennes. Sans argent pour payer ses combattants et sans nouvelles recrues pour remplacer celles perdues au combat, le moral chuterait bien vite. Sans un flot torrentiel constant d’armes, de munitions de toutes sortes et de carburant, l’EIIL et autres affiliés d’Al Qaïda perdraient très vite leur capacité tactique. Les combattants incapables de s’enfuir seraient vite encerclés et détruits comme cela s’est déjà produit profondément à l’intérieur de la Syrie où les forces syriennes ont été capables de couper les lignes de soutien logistique aux villes clef et affamer les armées terroristes retranchées.

La Syrie est intentionnellement empêchée de sécuriser ses frontières au travers d’une “zone tampon” qui ne fait que s’élargir, havre de paix que les Etats-Unis et leurs alliés créent afin de protéger des “rebelles modérés” clairement non-existants. Ce que ces “zones de sécurité” offrent en revanche est d’assurer les lignes de ravitaillement de l’EIIL et que celles-ci demeurent intactes. Avec les Kurdes, la seule force réellement efficace à la frontière syro-turque, pouvant menacer ces ligne logistiques de l’EIIL, se retrouvant maintenant attaqués directement par les forces turques, le peu d’obstacles qu’il y a eu au transfert logistique à l’EIIL est en train d’être rapidement éliminé.

Les Etats-Unis et leurs alliés pourraient facilement augmenter la sécurité le long de la frontière syrienne et couper de manière permanente le ravitaillement de l’EIIL et autres affiliés d’AQ sans jamais avoir à entrer dans l’espace aérien ni même le territoire syriens. Avec la même facilité que les Etats-Unis ont bâti cette ligne de défense de missiles à la frontière turco-syrienne, ils pourraient créer des points de contrôle frontaliers et des patrouilles en Turquie pour interdire et donc effectivement stopper le flot d’armes, de munitions et de combattants se rendant en Syrie depuis la Turquie. Ils pourraient le faire, mais ne le font pas et ce de manière tout à fait intentionnelle.

Les implications de ceci sont évidentes, l’EIIL est à la fois une création et une perpétuation intentionnelle de la politique étrangère des Etats-Unis. De la même manière que les Etats-Unis il y a bien des années ont comploté avec l’Arabie Saoudite pour créer Al Qaïda dans les montagnes d’Afghanistan en première instance, les Etats-Unis jusqu’à ce jour, complotent avec leurs alliés régionaux pour utiliser AQ et ses nombreuses affiliations, incluant l’EIIL/EI, pour faire des guerres que les troupes occidentales ne peuvent pas mener. Ceci comprend la division et la destruction de la Syrie, l’objectif réel et ouvertement explicité des politiciens américains.

La Syrie et ses alliées pourront-ils créer leur propre “zone tampon” au nord de la Syrie ? Est-ce que des troupes internationales pourront être amenées, incluant des observateurs de l’ONU, pour sécuriser les frontières de la Syrie et mettre en échec les tentatives de la Turquie et des Etats-Unis d’engager les forces syriennes et kurdes essayant de restaurer l’ordre dans cette région ?

La stratégie expansionniste en Syrie du nord, affirmant protéger des “rebelles modérés” tandis que cela sécurise mieux les lignes de ravitaillement de l’EIIL et lui donne une zone de protection toujours plus grande d’où il peut lancer de plus vastes opérations en Syrie profonde, s’avère payante et cela se fait au détriment de l’intégrité du territoire syrien, de sa stabilité et peut-être même de son existence en tant qu’état fonctionnel si aucunes mesures ne sont prises pour contrer cette conspiration.

Les bases de la logistique et le simple fait que les Etats-Unis pourraient à la fois combattre et vaincre l’EIIL en sécurisant simplement la frontière turco-syrienne ainsi que la frontière jordano-syrienne, doivent être constamment rappelés par les médias non-occidentaux et les cercles diplomatiques, soulignant le fait que le conflit en Syrie est un conflit d’INVASION ETRANGERE et non pas une guerre civile. Ce conflit peut être terminé, ainsi que toutes les horreurs qui lui sont associées, en faisant un contrôle des “bagages” de l’EIIL à la frontière turque (et jordanienne). Si les Etats-Unis et la Turquie refusent de faire cela, quelqu’un doit interpeler et vérifier les convois de l’autre côté de la frontière, quelqu’un que les Etats-Unis et la Turquie hésiteraient à attaquer comme ils l’ont fait des forces syriennes et kurdes.

Tony Cartalucci

 http://landdestroyer.blogspot.fr/2015/08/how-us-can-stop-isis-without-setting.html#more

 ~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

https://resistance71.wordpress.com/2015/09/02/ingerence-de-lempire-en-syrie-le-pays-du-goulag-levant-ex-usa-est-ses-allies-aident-au-ravitaillement-de-leur-progeniture-eiil-via-la-turquie-la-jordanie-et-israel/

***

In english

How the US Can Stop ISIS Without Setting Foot in Syria

 
 Increasingly difficult to cover-up or spin, it is becoming apparent even in Western media coverage that the so-called "Islamic State" (ISIS) is not sustaining its fighting capacity from within Iraq or Syria, but rather through supply lines that lead to and from adjacent nations. These nations include Jordan, Lebanon, Israel, and most obviously, NATO-member Turkey.


It was in Germany's international broadcaster Deutsche Welle (DW)'s report, "'IS' supply channels through Turkey," that hundreds of trucks destined for ISIS held territory were videotaped waiting at Oncupinar, Turkey to cross over into Syria with apparently no oversight by the Turkish government. Later, TIME magazine would admit ISIS' dependence on the Syrian town of Tal Abyad, just across the border from Turkey, for supplies and the significance of its loss to Kurdish fighters in sustaining their fighting capacity both at the border and beyond.

AP's June 2015 report, "
Kurds move to cut off ISIS supply lines in Syria," would state:
Syrian Kurdish fighters closed in on the outskirts of a strategic Islamic State of Iraq and Syria-held town on the Turkish border Sunday, Kurdish officials and an activist group said, potentially cutting off a key supply line for the extremists' nearby de facto capital.  
Taking Tal Abyad, some 50 miles from the Islamic State of Iraq and Syria (ISIS) stronghold of Raqqa, would mean the group wouldn't have a direct route to bring in new foreign militants or supplies. The Kurdish advance, coming under the cover of intense U.S.-led coalition airstrikes in the area, also would link their two fronts and put even more pressure on Raqqa as Iraqi forces struggle to contain the group in their country.
And while US airstrikes are credited for Kurdish advances against ISIS, one wonders why the US, whose military including a US airbase at Incirlik, Turkey and US special forces as well as the CIA are operating along and across the Syrian border in Turkey - hasn't done more to interdict ISIS supply lines beforethey reach Syria and awaiting terrorists.

The Kurds and Syria's military both realize the importance of stemming terrorist armies within Syria by cutting them off from their supplies at Syria's borders. However, both the Kurds and Syrian forces are increasingly limited from securing these borders due to an ever-expanding "safe haven" the US and its regional allies are carving out of Syrian territory. Turkey and Israel have both attacked Syrian forces in these "safe havens" creating a virtual sanctuary for Al Qaeda affiliates including Al Nusra and ISIS.

Efforts to "assist" the Kurds appear only to have been a pretext to violate Syrian airspace first, then Syrian territory on the ground second. America's meager "Division 30" of less than 60 fighters trained in Turkey then sent to fight the thousands upon thousands of terrorists the US and its allies have been arming, training, and sending over Syria's borders for years was yet another attempt to make ISIS and Al Nusra's gains appear a result of Western folly rather than of Western design.

How the West Can Stop ISIS Without Setting Foot in Syria 

An old military maxim states: "an army marches on its stomach." Logic dictates that an army with empty stomachs is unable to march. Napoleon Bonaparte who is credited with this quote, found out first hand just how true these words were when his army found itself deep within Russia without supplies, leading to its ultimate and catastrophic defeat. 

 
Likewise, ISIS' fighting capacity depends entirely on its supply lines. Cutting these supply lines will lead to its inevitable defeat. For the United States, who is either allied with or has troops operating in all nations bordering Syria, cutting ISIS' supply lines would be a simple matter - that is - if the United States was truly interested in defeating ISIS and other Al Qaeda affiliates.

While the United States has assisted Turkey in erecting missile defenses along its border with Syria in order to create a defacto no-fly-zone providing Al Nusra and ISIS with an invaluable sanctuary, little to no effort has been spent in increasing border security - specifically the searching for and interdiction of terrorist fighters, weapons, and other supplies. As 
German DW's report illustrated, it appears Turkey's borders are not only dangerously wide open, but intentionally so, with little or no effort at all by Turkey to stem the torrent of obvious ISIS supply convoys from passing through.

DW would likely videotape a similar situation unfolding in Jordan near its border with Syria, close to Syrian cities like Daraa which have become battle-torn as Syrian forces desperately try to stem the torrent of fighters and weapons flowing over the borders there, aimed ultimately at Damascus. 

The US Can Stop ISIS in One Month... If it Wanted

By cutting off ISIS from its money, supplies, additional fighters, weapons, and essential equipment, it would quickly be overwhelmed by Syrian and Iraqi forces. Without cash to pay fighters, and without new fighters to replace those lost in fighting, morale would quickly falter. Without a constant torrent of weapons, ammunition, and fuel, ISIS and other Al Qaeda affiliates would quickly lose their tactical capabilities. Fighters unable to flee would be encircled and destroyed as has happened deep within Syria's interior where Syrian forces have been able to cut supply lines to key cities and starve out terrorist armies.

Syria is intentionally prevented from securing its borders through an increasingly overt "buffer zone" or "safe haven" the US and its regional allies are creating for the purpose of sheltering clearly non-existent "moderate rebels." What these "safe havens" are in actuality doing, is ensuring ISIS' supply lines remain intact. With the Kurds - the only effective force near the Turkish-Syrian border able to threaten ISIS' supply lines - now being attacked by Turkish forces directly, what little obstacles supplies had in reaching ISIS through Turkey is being swiftly negated.

The US and its allies could easily increase security along Syria's borders and permanently cut ISIS and other Al Qaeda affiliates supply lines without having to enter Syrian airspace or cross onto Syrian soil. Just as easily as the US built a line of missile defenses facing Syria, it could create border checkpoints and patrols within Turkey to interdict and effectively stem all weapons and fighters flowing to ISIS. It could, but it intentionally doesn't. 

 


The implications are obvious. ISIS is both a creation and intentional perpetuation of US foreign policy. Just as the US so many years ago colluded with Saudi Arabia in the creation of Al Qaeda in the mountains of Afghanistan in the first place, it to this day colludes with its regional allies to use Al Qaeda and its various rebrandings - including ISIS - to fight wars Western troops cannot fight. This includes dividing and destroying Syria - the overtly stated, true objective of US policymakers.

Could Syria and its allies create their own "buffer zone" in northern Syria? Could international troops be brought in, with the inclusion of UN observers to secure the Syrian border and put in check attempts by both Turkey and the US to engage Syrian and Kurdish fighters attempting to restore order there? 

The incremental strategy of carving out northern Syria, claiming to shelter "moderate rebels" while in reality securing further ISIS' supply lines and providing them an increasingly unassailable safe haven from which to launch operations deeper into Syria, is inching along and will inevitably pay off at the expense of Syrian territorial integrity, stability, and perhaps even its existence as a functioning state if no measures are taken to counter this conspiracy. 

The basics of logistics and the simple fact that the US can both fight and defeat ISIS by simply securing Turkey and Jordan's borders must be repeatedly brought up by non-Western media and diplomatic circles - highlighting the fact that Syria's conflict is one of foreign invasion, not civil war. The conflict can be brought to an end, along with all the horrors associated with it, by simply checking ISIS' bags at the Turkish border. If the US and Turkey refuse to do this, someone must check them on the other side, someone the US and Turks may hesitate to attack as they have the Syrians and Kurds.


Tony Cartalucci, Bangkok-based geopolitical researcher and writer, especially for the online magazineNew Eastern Outlook”.   

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