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Une salade sur dix contient des produits interdits

Publié par wikistrike.com sur 22 Septembre 2015, 06:55am

Catégories : #Ecologie - conso - biodiversité - énergie

Une salade sur dix contient des produits interdits

Selon des analyses de Générations futures que nous dévoilons, plus d'une salade sur dix contient des produits chimiques interdits à la vente en France depuis des années.

Le cœur de laitue, vert tendre à souhait, semble un aliment sain par excellence. Peut-être pas tant que ça, prévient l'association environnementale Générations futures qui a scruté nos batavias, feuilles de chêne et autres salades à la recherche de pesticides. Dans 16 % des cas, l'ONG écologiste (qui publie ses analyses aujourd'hui) a même découvert des traces de cinq produits chimiques interdits en France.

« Nous ne nous y attendions pas du tout, confirme François Veillerette, porte-parole de l'ONG. Avec près d'une salade sur cinq concernée, c'est loin d'être anecdotique ! »

L'étude montre ainsi la présence de DDT (prohibé en 
France depuis... 1971) dans 6,45 % des salades testées. C'est d'autant plus fou que cet insecticide est reconnu cancérigène. Nos scaroles, roquettes contiennent aussi pour 9,67 % d'entre elles des molécules chimiques spécifiquement interdites pour traiter les salades ! Comme l'imidaclopride, principe actif du très controversé pesticide Gaucho, que la Fédération française des apiculteurs tient pour responsable de l'hécatombe d'abeilles.

D'où viennent ces produits illégaux ? « Près de la frontière espagnole, le trafic est florissant. Des agriculteurs français se fournissent par exemple dans des magasins de Figueras, j'y vais moi-même, explique un producteur des Pyrénées-Orientales sous couvert d'anonymat. Certains camions viennent de loin et emportent des palettes entières. J'en ai vu venir des Pays de la Loire. » Dans le cas du DDT, il ne s'agit pas forcément de bidons de contrebande, « les traces trouvées dans nos salades peuvent venir du sol trop imprégné après des années d'usage, modère François Veillerette. C'est la preuve qu'il faut agir urgemment avant de contaminer durablement nos terres ». A la Confédération paysanne, Emmanuel Aze pointe la responsabilité des consommateurs : « A force de vouloir payer toujours moins cher, on pousse les paysans à franchir la ligne jaune. Ce n'est pas une excuse. Mais tous ces produits interdits sont efficaces contre les ravageurs et donc font baisser les coûts. »

Est-ce dangereux pour la santé ? « Les quantités de pesticides dans nos tomates et salades sont bien trop ridicules pour faire du mal à qui que ce soit ! » s'énerve Bernard Géry, producteur nantais de salades et porte-parole du collectif Sauvons les fruits et légumes de France. Selon une récente étude, dans plus de 99 % des salades et des tomates, les traces de pesticides sont au moins dix fois inférieures aux limites autorisées. Ce que les associations environnementales ne contestent pas. Mais elles s'inquiètent de l'accumulation de ces pesticides dans nos organismes, sans compter l'effet cocktail : les molécules réagissent entre elles, ce qui accroît leur toxicité. Fait aggravant, trois des pesticides interdits infusés dans les salades sont des perturbateurs endocriniens. « Ces substances peuvent causer de graves maladies », affirme François Veillerette, qui cite certains cancers (de la prostate ou du sein, par exemple), des malformations congénitales ou des lésions cérébrales.

* Perturbateur endocrinien : substance d’origine naturelle ou artificielle étrangère à l’organisme. Elle peut interférer avec le fonctionnement du système endocrinien (cancers, conséquences sur les fœtus...)
 

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