Pour répondre aux problématiques de consommation et de pollution liées à l’usage des moteurs thermiques, de nombreuses initiatives carburent dans certains esprits toujours prêts à s’emballer à la seule évocation du moteur à eau dont l’appellation reste pourtant abusive.

Ingénieurs bardés de diplômes de haut vol, « Géo Trouvetou » ou bricoleurs élevés au rang de motoristes du dimanche ou pas, tous connaissent le principe de l’injection d’eau et ses effets…

Si la recherche d’un meilleur rendement du moteur et d’une combustion plus propre est de nature à replacer le concept dans l’actualité à l’approche de la COP21 et en plein scandale des moteurs diesel truqués chez Volkswagen, les travaux sur le sujet ne datent pas d’hier. Il faut remonter à la seconde moitié du XIXe siècle et au début du XXe pour en trouver trace.

 

Dans les Côtes-d’Armor, René Allot, patron d’une ébénisterie d’art, a installé un kit d’injection d’eau sur son camion diesel. (Photo : archives Ouest-France)

 

Les voitures, les avions

La première application d’une injection d’eau dans un moteur à essence daterait de 1895. Ingénieur chez De Dion Bouton, Paul Viet utilise alors l’eau comme un adjuvant à l’essence, de manière à mieux en contrôler l’explosion. Plusieurs brevets sont déposés en Europe entre 1895 et 1899. En 1901, l’ingénieur français Pierre Clerget fait aussi avancer le Schmilblick avec du gasoil sur son monocylindre Vernet. Paul Sabatier dans les années 20 n’est pas en reste.

Les recherches ne se cantonnent pas aux voitures. Durant la Seconde Guerre mondiale, des systèmes d’injection d’eau équipent des avions de chasse comme certains Messerschmitt allemands.

Plus proche de nous, un inventeur américain Paul Pantone dépose un brevet international pour son « processeur multi-carburants ». La technique consiste à modifier l’alimentation en carburant du moteur à explosion. Elle est censée permettre une forte réduction de pollution et une belle économie de carburant. Aucune étude ne permet de démontrer la réalité des performances annoncées.

 

La Mirai, qui fonctionne à l’hydrogène, a été lancée par Toyota fin 2014. (Photo : Yoshikazu Tsuno/AFP)

 

Durant les années 70-80, un kit d’injection d’eau est commercialisé auprès du grand public. Aujourd’hui, c’est une société bretonne qui propose elle aussi une solution à 300 € non sans effets annoncés sur la consommation et la pollution…

BMW, Renault s’y intéressent

Constante tout au long du XXe siècle et jusqu’à aujourd’hui, la rumeur du fameux « moteur à eau » fait toujours causer. Certains évoquent la théorie du complot pour expliquer pourquoi elle ne brise pas le plafond de verre. Pareille invention radicale serait-elle bridée par des industriels de la pétrochimie pour ne pas tuer le moteur essence ou diesel ? Balivernes.

Près d’un siècle plus tard, l’industrie automobile ne tourne pas le dos à une technique dont le fonctionnement consiste au moins à injecter un pourcentage d’eau sous forme de vapeur ou de fines gouttelettes dans le mélange air-carburant d’un moteur. BMW la développe sur des modèles de série. Renault et d’autres constructeurs s’y intéressent de près ou de loin d’autant que le système s’avère peu coûteux. Plus vertueux qu’un processeur masqué made in Volkswagen pour moteurs diesels truqués ?

La voiture à hydrogène pourrait mettre tout le monde d’accord. Sur ce terrain de l’innovation, de l’hybride et de l’électrique, Toyota a des longueurs d’avance. Après avoir lancé la Mirai fin 2014 aux prix de 66 000 €, le Japonais pourrait bien créer une voiture de série grand public propulsée via un mécanisme d’une pile à combustible à base d’hydrogène d’ici à 2025. À un prix canon ?

 

Source: OF