En tenant compte de tous les facteurs « oubliés » quand on parle d’élections en France, nos présidents ne recueillent généralement pas plus de 25-30% des voix des Français, ce qui veut dire que plus des 2/3 des Français n’ont pas voté pour eux. On comprend alors pourquoi, dès les premiers sondages, ils sont déjà au ras des pâquerettes. RI

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Encore une fois l’abstention a été très forte pour ce premier tour des élections régionales. Peu commenté, ce chiffre est rapidement relégué au rang d’information de seconde importance une fois les résultats connus. Et pour cause, une abstention massive tend à décrédibiliser le principe des élections et donc le système républicain lui même. Encore moins commenté que l’abstention, il existe une donnée qui ne semble intéresser personne et qui vient considérablement nuancer le résultat des élections. Il s’agit des non inscrits, ces Français en âge de voter mais qui ne sont inscrits sur aucune liste électorale. Ils représentent pourtant plus de 6 millions de personnes, soit 12% de la population majeure en France. Bien qu’aucun média de grande diffusion ou aucune statistique officielle ne les référencie, il est facile de calculer leur nombre en retranchant le nombre d’inscrits du total de la population majeure que fournit l’INSEE par sa pyramide des âges.

Aussi il faut bien garder en tête que le corps électoral potentiel est de 51,5 millions d’individus, contre 45,3 millions d’inscrits. En recalculant les résultats en accord avec cette base, nous obtenons le graphique suivant, qui illustre de manière fidèle les votes et non votes des Français.

Elections-régionales-2015

A la vue de ce graphique, que se gardera bien de vous montrer la presse de grande diffusion, on se rend rapidement compte de l’illégitimité des élections et donc des groupes politiques de gouvernement. En additionnant les non inscrits, les abstentionnistes et les bulletins blancs et nuls, on obtient 58% de français qui ne se reconnaissent dans aucun des partis en lice. Par ailleurs, malgré une exposition médiatique permanente et des moyens financiers colossaux, les « grands » partis politiques ne parviennent pas à dépasser 12% pour le FN, 10% pour le PS et 11% pour l’UMP.Ainsi, même une alliance nationale des trois plus grands partis de France ne représenterait potentiellement qu’un français sur trois ! Cela prouve, s’il en était besoin, à quel point les français sont lassés du jeu politique républicain.

Baptiste Mannaia

source: http://www.cercledesvolontaires.fr/2015/12/07/veritables-resultats-elections-regionales/