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Attentats de Paris: les grands délires des « révélations »

Publié par wikistrike.com sur 11 Janvier 2016, 09:21am

Catégories : #Politique intérieure

Attentats de Paris: les grands délires des « révélations »

La presse subventionnée n’en finit pas de changer de « version définitive » sur les attentats du 13 novembre, pendant que la police s’efforce d’étouffer les polémiques sur l’attentat de Charlie Hebdo. Voici un petit condensé des grands délires auxquels nous assistons.

Les attentats du 13 novembre et les ceintures d’explosifs

Je lis dans le Figaro un article divertissant sur l’origine bruxelloise des ceintures d’explosifs qui ont servi au stade de France. En voici le best of:

Composés d’un bouton pressoir servant de détonateur, de TATP (peroxyde d’acétone) utilisé lors des attentats de Londres en 2005 ainsi que d’une charge primaire pyrotechnique de quelques grammes placée dans un détonateur, ces engins très instables, susceptibles de détoner au contact de la chaleur humaine, ont été confectionnés dans un appartement de Schaerbeek, quartier populaire du nord de Bruxelles. Là, dans un bâtiment situé rue Henri-Bergé, les policiers ont retrouvé le 10 décembre dernier du matériel destiné à la préparation d’explosifs, des traces de poudre suspectes ainsi que trois ceintures «qui pourraient avoir été destinées à transporter des explosifs».

Lors de la perquisition de ce laboratoire clandestin, les policiers ont aussi découvert une empreinte digitale de Salah Abdeslam, unique rescapé des commandos du vendredi sanglant et plus que jamais désigné comme «objectif prioritaire» de toutes les polices.

Nous sommes très contents d’apprendre cette information de premier ordre, manifestement donnée par la police. Son seul problème est de contredire une autre version policière donnée il y a quelques jours par le Monde.

On y lisait en particulier que les ceintures d’explosifs ayant servi à Saint-Denis avaient été confectionnées la veille de l’attentat dans la maison que les terroristes avaient louée à Bobigny. On aurait même retrouvé des rouleaux de scotch dans la maison, pour preuve de cette intense préparation.

Allez comprendre!

Les attentats du 13 novembre et l’incompréhensible agenda des terroristes

Dans sa grande enquête tirée des procès-verbaux de l’enquête, Le Monde avait par ailleurs affirmé que les terroristes avaient quitté Bruxelles le 12 novembre au matin, pour Charleroi, puis pour Paris. Ils auraient dormi à Bobigny et à Maisons-Alfort, la nuit précédant leur forfait. J’avais souligné l’invraisemblance de cette relation des faits, dans la mesure où Abrini et Salah Abdeslam avaient été filmés en route pour Paris au volant de la Clio de location le 11 novembre à 19h, et que des témoins très précis affirmaient avoir vu les frères Abdeslam à Molenbeek le 12 novembre au soir.

Résultat: une autre version est désormais donnée sur l’emploi du temps de Salah Abdeslam et de Mohamed Abrini, qui ont été filmés partout entre la France et la Belgique avant le 14 novembre à 10 heures (moment où Abdeslam franchit trois barrages de police destinés à arrêter les coupables du 13 novembre), et qui sont introuvables depuis ce jour.

Le 13 novembre, retour en Belgique. A 3h01, la Seat quitte la ville de Molenbeek. Elle arrive à Bruxelles quelques minutes plus tard. Derrière elle, un autre véhicule, qui semble être la Clio noire louée par Salah Abdeslam. Les deux voitures s’arrêtent. Trois hommes en descendent. A 4h20, la Seat quitte Bruxelles à destination de Charleroi (Belgique).

Le véhicule se gare vers 5h25 à Charleroi, rue de la Garenne, d’où il ne repartira pas avant plusieurs heures. Que font les trois hommes durant ces 10 heures ? C’est une zone d’ombre pour les enquêteurs.

Les terroristes ne sont donc pas partis pour Paris le 12 novembre (avec nuit dans la maison de Bobigny qu’ils ont louée sur Airbnb semble-t-il), mais le lendemain, 13 novembre, au matin. Le véhicule aurait quitté Charleroi vers 15h50 pour rejoindre Bobigny où la Seat est repérée à 19h37. Dans cette version, il n’est pas fait mention de la Clio, qui aurait passé une heure à Roissy entre 18h20 et 19h20.

Si l’on en croit les derniers éléments qui sont fournis par ces versions manifestement non contenues dans les 6.000 procès-verbaux compilés par la police durant les six premières semaines de l’enquête, les terroristes ont donc préparé leur ceinture d’explosifs à Bruxelles, ont reçu des armes à Charleroi le 13 novembre, pour commettre des attentats le soir même. Comme ce sont des kamikazes, ils n’avaient pas l’ambition de survivre au 13 novembre, mais ils ont quand même loué une maison à Bobigny, qu’ils n’ont pas occupée, mais où ils se sont rendus entre 19h et 21h.

On le voit, on est encore loin d’avoir un récit cohérent de ce qui s’est passé… et on n’en a pas fini avec les « révélations » tonitruantes de la presse subventionnée.

Les attentats et les cerveaux belges

Entretemps, il semblerait que les condés belges aient identifié les cerveaux des attentats, ceux qui suivaient par SMS depuis Bruxelles le déroulement des opérations à Paris. Ils s’appelleraient Samir Bouzid et Soufiane Kayal.

Les deux suspects ont aussi transféré le 17 novembre, dans une agence de la Western Union en région bruxelloise, la somme de 750 euros à Hasna Ait Boulahcen, la cousine d’Abdelhamid Abaaoud, tous les deux tués lors de l’assaut de Saint-Denis. De là sont tirées les images de surveillance.

Enfin, le rôle central des deux hommes apparaît encore dans le fait qu’ils ont été contrôlés à la frontière austro-hongroise bien avant les attentats, le 9 septembre, dans une Mercedes où avait pris place également Salah Abdeslam, en provenance de Budapest.

Ces deux mystérieux cerveaux sont en fuite.

Là encore, on est loin de tout savoir sur ces gens dangereux et fichés qui ont traversé les frontières de l’Union au vu et au su de la police à plusieurs reprises depuis plusieurs mois sans que personne ne semble s’en inquiéter particulièrement.

La police cherche à tuer dans l’oeuf la plainte Brinsolaro

Dans l’affaire Charlie Hebdo, on se souvient que l’épouse du garde du corps de Charb reproche au ministère de l’Intérieur un homicide involontaire aggravé. Elle considère en effet que les services de renseignement n’ont pas traité avec diligence le signalement d’un homme qui ressemble à l’un des Kouachi, surpris en train de faire une planque devant le siège de Charlie Hebdo fin octobre 2014.

Avec une rapidité déconcertante, l’inspection générale de la police nationale (dont l’indépendance et l’impartialité sont forcément au-dessus de tout soupçon) vient de rassurer le Ministre en lui expliquant que tout va bien, et que cette affaire ne tient pas debout.

Une première accusation, concernant l’éventuelle défaillance de Patrick Hacgeman, le deuxième policier en charge de la protection de Charb, a été levée. Sylvain Louvet, un journaliste de Premières lignes, l’agence de presse située sur le même palier que Charlie Hebdo, avait appelé l’autre officier de sécurité de Charb, qui était de repos, lorsque a débuté la tuerie. Selon le journaliste, le policier lui aurait répondu qu’il était en congés, mais que la police n’allait pas tarder à intervenir. Mais d’après le rapport de l’IGPN, il s’avère qu’il ne serait pas resté inactif, mais aurait passé plusieurs appels, à Franck Brinsolaro et à sa hiérarchie. (…)

Le rapport de la DGPN répond à une deuxième accusation, concernant une voiture suspecte aperçue au mois de septembre 2014 à proximité de Charlie Hebdo. Le même journaliste dePremières lignes avait alerté les policiers du Service de la Protection de la présence d’un individu suspect proférant des menaces contre Charlie Hebdo qui aurait «insulté le prophète». Il avait transmis les coordonnées du véhicule aux policiers, qui avaient fait un rapport à leur hiérarchie. Il s’était avéré que le propriétaire du véhicule n’était connu des services que pour une affaire de droit commun. Pourtant, Sylvain Louvet, lorsqu’il aperçoit la photo des deux terroristes au lendemain des attentats, croit reconnaître dans Chérif Kouachi l’homme vu dans la voiture en septembre, ce qui pourrait faire croire à un éventuel repérage des Kouachi sur les lieux du drame, et surtout à une défaillance des services de protection. Mais devant les enquêteurs de l’IGPN, le journaliste était moins sûr de lui, et semble avoir reconnu le propriétaire de la voiture sur une photographie. Ce dernier serait un déséquilibré, ayant passé plusieurs mois en hôpital psychiatrique. «On est sûr à 99 % que l’homme dans la voiture n’était pas Chérif Kouachi», résume une source proche de l’enquête.

Ce n’était pas un Kouachi, qui était en planque, mais un déséquilibré, et le témoin oculaire n’est pas sûr de reconnaître le gaillard. Ah! tous ces témoins oculaires à qui on ne peut décidément pas se fier… Surtout que la présence du Kouachi est visée, dans la plainte de l’épouse Brinsolaro, fin octobre 2014, et que l’incident évoqué par la police a lieu en septembre.

La conclusion de cette enquête est évidemment ailleurs:

«Ces conclusions de l’IGPN, indique-t-on de source policière, ainsi que les investigations, ne permettent pas de démontrer les éléments constitutifs de l’infraction de non-assistance à personne en danger».

L’objectif était bien là: non pas comprendre la vérité, mais s’assurer que la plainte Brinsolaro serait classée sans suite. Le rapport de l’IGPN doit déjà être entre les mains du zélé procureur Molins, qui pourra classer en toute bonne conscience.

Éric Verhaeghe

source: http://www.eric-verhaeghe.fr/attentats-de-paris-les-grands-delires-des-revelations/

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