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Les banques ont supprimé 600.000 emplois dans le monde depuis 2008

Publié par wikistrike.com sur 11 Janvier 2016, 16:28pm

Catégories : #Economie

Les banques ont supprimé 600.000 emplois dans le monde depuis 2008

À la suite de la crise financière, les banques ont perdu plus d'un demi-million d'employés en sept ans. Mais selon le site Bloomberg, c'est avant tout la révolution digitale du secteur qui est en cause.

 

Malgré le poids grandissant de la finance dans nos sociétés, le secteur bancaire n'est pas épargné par les baisses d'effectifs. L'agence Bloomberg observe dans un article que les banques ont supprimé environ 600.000 postes à travers le monde depuis la crise économique de 2008. Parmi les institutions aux coupes les plus sévères, l'américaineCitigroup, présente dans plus de 100 pays, a supprimé plus d'un tiers de ses effectifs, soit près de 140.000 salariés. Comme dans beaucoup d'autres banques, les plans sociaux se sont enchaînés, aussi bien en salle de marché qu'en agence. Et ce mouvement n'est apparemment pas près de s'arrêter. Citigroup a encore prévu 2000 licenciements d'ici à 2016. La banque HSBC, quant à elle, a annoncé la suppression de 25.000 postes avant 2017. En Europe, l'allemande Deutsche Bank prévoit un plan d'économie de 4,7 milliards d'euros et 26.000 licenciements d'ici à 2018.

Côté français, la Société générale, notamment touchée parl'affaire Kerviel, a supprimé des milliers de postes depuis 2008. Elle prévoit désormais la fermeture de 400 agences sur les 2221 qu'elle compte d'ici à 2020, soit 20% de son réseau. La restructuration passera par le «non-remplacement» de 3000 départs à la retraite, promet la banque. Cette situation fait néanmoins peser un climat lourd dans l'entreprise. Le 9 décembre, dans une lettre adressée à Emmannuel Macron, le syndicat Force Ouvrière reproche à la banque le paradoxe entre son «absence totale de reconnaissance à l'égard des salariés» et ses très bons résultats (1126 milliards d'euros au troisième trimestre de 2015).

L'arrivée du «Big Data»

La crise des subprimes a touché de plein fouet le secteur financier et les taux d'intérêt durablement bas affectent la rentabilité globale des banques. Mais les évolutions en oeuvre sont aussi la marque d'une tendance plus profonde: la digitalisation en cours dans le milieu bancaire. De nombreuses opérations historiquement réalisées par des salariés sont désormais automatisées. En salle de marchés, les achats/ventes d'actions d'entreprises, de devises ou encore de «credit default swap» (produits dérivés financiers par lequel le vendeur garantit l'acheteur en cas de défaillance d'une tierce partie) sont de plus en plus dévolus aux ordinateurs.

En outre, l'utilisation du «Big Data» (traitement informatique de données massives) en banque d'investissement permet de mieux identifier les besoins des clients. La division de banque d'entreprise et institutionnelle (CIB) de BNP Paribas, qui emploie 29.000 personnes, a annoncé en novembre dernier qu'elle étudiait le Big Data dans le cadre de son programme de réduction massif des coûts.

Une évolution tournée vers les smartphones

En banque de détail, cette évolution est aussi liée à l'engouement croissant des clients pour la banque mobile, qui vide les agences. D'après une étude publiée par la Fédération bancaire française (FBF), plus de la moitié (52%) des Français se rendaient dans leur banque plusieurs fois par mois en 2010. Aujourd'hui, il ne sont plus que 21%, soit une personne sur cinq. Un changement qui pousse les banques à développer des applications mobiles où l'on peut obtenir des informations, réaliser directement des transactions, «chatter» avec son conseiller bancaire... D'autre banques choisissent d'externaliser cette branche d'activité, comme l'a fait la Société générale en rachetant cette année la banque en ligne Boursorama.

Si le secteur n'est plus créateur d'emplois, les investisseurs bénéficient eux pleinement de cette évolution. La numérisation des opérations a permis de reduire le coût des transactions financières. Par exemple, explique Bloomberg, échanger des bons du Trésor américains coûte aujourd'hui cinq fois moins cher que lorsque cette pratique n'était pas automatisée.

 

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