Le politicien bavarois montre ainsi à la chancelière allemande son refus de gérer l'expulsion des réfugiés. Faute d'une ligne claire sur la politique migratoire, Angela Merkel accumule les adversaires politiques même dans son propre camp. 


 


Comme s'il s'agissait de marchandise...
« On ne va pas gérer cela ! » avait lancé en colère Peter Dreier dans un entretien téléphonique avec Angela Merkel qui s'est déroulé en automne dernier au sujet de la réquisition des abris destinés aux réfugiés présents en Bavière. Une réponse qui faisait écho à la déclaration de la chancelière et qui avait déclaré pendant l'été 2015 : « nous allons gérer cela ». « Si l'Allemagne prend un million de réfugiés, cela signifie que mon district en prendra 1800. Je vais les prendre. Mais s'il y en a plus, je vais les envoyer par bus à votre bureau à Berlin » avait-il alors averti lors de cet échange musclé rapporté par le quotidien allemand Die Welt

Jeudi matin à neuf heures, 52 réfugiés sont montés à bord d'un bus dans le district de Landshut de Dreier situé à l'extrême sud de l'Allemagne, pour être emmenés à Berlin. Un voyage d'une durée de sept heures. Selon Dreier, 
les réfugiés étaient au courant de la nature de l'opération et sa finalité. Cette initiative, qui n'est pas passée inparçue dans le pays, est pour lui une occasion d'alerter les autorités siégeant à Berlin accusées d'être en décalage avec la réalité sur le terrain. « Ils disent qu'il n' y a plus autant de [réfugiés] qui viennent et maintenant le problème est résolu. Mais ils ne comprennent pas qu'il y a une accumulation parce que les réfugiés qui sont arrivés au cours des derniers mois sont toujours là », s'est-il plaint. 
 

Le Sud de la Bavière a connu un l'afflux massif de réfugiés la majorité des nouveaux arrivants enAllemagne ayant traversé la frontière sud avec l'Autriche. Face à ce phénomène, le parti au pouvoir a adopté via son secrétaire général, Peter Tauber, une position plus stricte, en appelant à un durcissement des règles pour les demandeurs d'asile, les expulsant au besoin, car leur nombre est « trop élevé ».

 

Source