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Le Foll, Ministre de l'agriculture, appelle les parlementaires à soutenir les "insecticidaires"

Publié par wikistrike.com sur 16 Mars 2016, 07:50am

Catégories : #Politique intérieure, #Ecologie - conso - biodiversité - énergie

LE POIDS DES LOBBYS - Des organisations ont appelé à voter "l'interdiction totale des produits à base de néonicotinoïdes", sans obtenir le soutien du ministre de l'Agriculture

LE POIDS DES LOBBYS - Des organisations ont appelé à voter "l'interdiction totale des produits à base de néonicotinoïdes", sans obtenir le soutien du ministre de l'Agriculture

Dans une lettre adressée aux députés, Stéphane Le Foll encourage les parlementaires à éviter "l'interdiction brutale" des insecticides néonicotinoïdes dans le projet de loi sur la biodiversité qui doit être débattu cette semaine à l'Assemblée. L'approche du ministre n'est pas de "multiplier les normes ou les interdictions brutales", car au contraire "c'est la transition vers une transformation des systèmes de culture dans leur ensemble qui nous permettra de réduire l'usage aujourd'hui nécessaire de certains produits", explique-t-il dans cette lettre datée du 11 mars dont l'Agence France-Presse a obtenu copie mardi.

Stéphane Le Foll veut éviter les "distorsions entre les agriculteurs français et le reste des agriculteurs européens" en interdisant ces substances en France uniquement. Cette action "doit se conduire au bon niveau, au niveau européen, et en tenant compte des alternatives agronomiques disponibles pour lutter efficacement contre les ravageurs des cultures", argumente-t-il.

Le pesticide le plus toxique pour les ouvrières

Car, selon lui, "la nécessaire protection insecticide des cultures se ferait, en cas d'interdiction généralisée des néonicotinoïdes, par des voies alternatives qui ne présentent aucune garantie supplémentaire pour les pollinisateurs, bien au contraire". "La solution qui consisterait à interdire tous les usages de produits contenant des néonicotinoïdes en France pourrait se traduire, en fait, par un recul de la politique que mène le gouvernement pour protéger les pollinisateurs, domestiques ou sauvages, et pour réduire le recours aux produits phytosanitaires", ajoute le ministre.

Stéphane Le Foll précise également dans sa lettre que la hausse de 9,4 % des ventes de produits phytosanitaires entre 2013 et 2014 était "due à une augmentation des ventes d'herbicides et de fongicides", mais que "le recours aux néonicotinoïdes baisse de 3 à 4 % en moyenne entre 2011 et 2014". Selon l'Union nationale de l'apiculture française (Unaf), une centaine de produits phytosanitaires contient des néonicotinoïdes alors qu'il n'existe pas de famille de pesticides plus toxique pour lesabeilles en exposition chronique.

"Protéger l'abeille, c'est protéger l'homme. Pas d'OGM dans mon miel"

Seize organisations apicoles, agricoles et environnementales, dont l'Union nationale de l'apiculture française (Unaf), ont appelé mardi les députés à voter "l'interdiction totale des produits à base de néonicotinoïdes", ces insecticides "tueurs d'abeilles", lors d'un rassemblement près de l'Assemblée nationale. Ce rassemblement symbolique, qui a réuni une trentaine de personnes dont deux anciennes ministres députées écologistes, s'est tenu sur l'esplanade des Invalides alors que les députés entament ce mardi l'examen en deuxième lecture du projet de loi sur la biodiversité.

"Un monde sans néonicotinoïdes est possible, un monde sans abeilles NON", pouvait-on lire sur une banderole. D'autres manifestants portaient des pancartes affirmant "Sauvons les abeilles" ou "Protéger l'abeille, c'est protéger l'homme. Pas d'OGM dans mon miel". Outre celles de l'Unaf et de la Fédération française des apiculteurs professionnels (FFAP), des délégations de la Confédération paysanne et de plusieurs ONG environnementales (Fondation Nicolas Hulot, WWF, Greenpeace, France Nature Environnement, Générations Futures, Ligue de protection des oiseaux...) ont participé au rassemblement.

Un taux de mortalité de 50 à 80 %

Plusieurs députés écologistes étaient également présents, dont Noël Mamère, François de Rugy et les ex-ministres Delphine Batho et Cécile Duflot, aux côtés du président PS de la commission du Développement durable de l'Assemblée, Jean-Paul Chanteguet. "Vous pouvez compter sur notre détermination à aller jusqu'au bout", a déclaré Mme Batho, affirmant que "ce ne sont pas les lobbies", comme les firmes produisant les pesticides néonicotinoïdes, "qui doivent faire la loi en France".

L'interdiction des produits néonicotinoïdes avait été votée en première lecture à l'Assemblée en mars 2015, contre l'avis du gouvernement, mais le Sénat était revenu dessus en janvier, tout en prévoyant un encadrement de leur usage. Les abeilles connaissent depuis les années 90 un taux de mortalité élevé : 30% en moyenne, parfois 50 à 80 %. Cette surmortalité est attribuée à des parasites, comme le frelon asiatique, et à l'usage de pesticides, en particulier des insecticides de la classe des néonicotinoïdes.

Plusieurs études ont mis en évidence l'effet des néonicotinoïdes qui désorientent les abeilles, les empêchant de retrouver leur ruche, et contaminent durablement l'environnement. La réglementation sur les néonicotinoïdes relève de la compétence de l'Union européenne mais l'État français est souverain pour interdire ou autoriser les produits qui en contiennent. Une centaine de produits à base de néonicotinoïdes sont autorisés en France.

 

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