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Zika peut déclencher un trouble neurologique grave, le syndrome de Guillain-Barré

Publié par wikistrike.com sur 29 Février 2016, 23:35pm

Catégories : #Santé - psychologie

Virus fais-moi peur...

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Des chercheurs français démontrent pour la première fois que l'infection peut entraîner un syndrome de Guillain-Barré.

 

Un siècle après sa description par trois médecins français, le syndrome de Guillain-Barré semble s'être trouvé un levain de plus avec le virus Zika. Le lienétait déjà suspecté, entre cette rare maladie neurologique auto-immune et l'infection virale longtemps considérée comme bénigne: une hausse du nombre de cas de Guillain-Barré avait été constatée en 2013-2014 en Polynésie française, lors de la première épidémie de grande ampleur de Zika, avec 42 syndromes de Guillain-Barré en 16 semaines contre 3 à 10 par an habituellement. «Le nombre de cas a été multiplié par 17  pendant cette épidémie de Zika», précise le Pr Arnaud Fontanet, responsable de l'unité d'épidémiologie des maladies émergentes à l'Institut Pasteur à Paris.

Mais il n'y avait là qu'une corrélation. Restait à démontrer que l'infection virale était bien à l'origine d'un risque accru de développer un syndrome de Guillain-Barré. Des chercheurs français réunis sous la houlette d'Arnaud Fontanet y sont parvenus pour la première fois,et publient leurs résultats dans la revue The Lancet. Cliniciens, épidémiologistes, virologues et immunologistes ont exploré les données recueillies auprès de l'ensemble des 42 personnes diagnostiquées avec un syndrome de Guillain-Barré en Polynésie française durant l'épidémie de Zika. Ils ont comparé ces données à celles de deux groupes contrôles: l'un composé de 98 patients admis à l'hôpital sans fièvre, l'autre de 70 patients testés positifs au virus mais n'ayant pas développé de symptômes neurologiques. «88% des patients atteints de Guillain-Barré avaient, dans les 6 jours précédent le début des symptômes neurologiques, eu des symptômes typiques de Zika, note Arnaud Fontanet. Par ailleurs, des tests sanguins montrent avec certitude que 100% d'entre eux avaient été infectés par le virus et que cette infection était récente.»

Les chercheurs démontrent aussi que, contrairement à une hypothèse régulièrement avancée, le surrisque de développer un syndrome de Guillain-Barré ne semble pas lié à une infection par la dengue antérieure ou simultanée à l'infection par Zika. En effet, la proportion de patients présentant des anticorps contre la dengue, preuve qu'ils ont été en contact avec cette autre fièvre virale, est sensiblement la même chez tous les patients atteints de Zika, qu'ils aient ou non développé un Guillain-Barré (95%, contre 89%).

Incidence impressionnante

La forme clinique de syndrome de Guillain-Barré provoqué par Zika est précisée dans l'étude (avec en particulier une aggravation et une récupération plus rapides) mais le mécanisme biologique en cause n'a pas pu être élucidé. «Nous avons pourtant exploré tout le répertoire des cibles possibles», raconte le Pr Fontanet, notamment celle du mimétisme moléculaire (une protéine du virus ressemble à un constituant des nerfs, lesquels sont donc attaqués «par erreur» par le système immunitaire du malade). Les chercheurs ont, enfin, quantifié le risque avec une incidence de 24 syndromes de Guillain-Barré pour 100.000 infections à Zika (formes asymptomatiques incluses), contre habituellement 1 à 2 cas pour 100.000 habitants par an. Des chiffres impressionnants si on les rapporte à la population vivant dans les zones concernées par l'actuelle épidémie de Zika, pour laquelle l'Organisation mondiale de la santé disait s'attendre, fin janvier, à «3 à 4 millions de cas»sur le continent américain.

Le risque de syndrome de Guillain-Barré calculé en Polynésie française n'est toutefois pas directement applicable à la situation américaine, précise Arnaud Fontanet. «Il peut y avoir des différences, notamment génétique ou environnementale. Mais les pays concernés doivent se préparer, comme cela a été fait en Martinique et en Guadeloupe, à prendre en charge en réanimation un nombre important de personnes atteintes du syndrome de Guillain-Barré. En Polynésie, les patients sont restés 35 jours en moyenne en réanimation. Les capacités hospitalières peuvent donc vite être dépassées.»

 

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