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Erdogan au pouvoir: C'est simple comme un meurtre

Publié par wikistrike.com sur 22 Avril 2016, 08:14am

Catégories : #Politique internationale

Un livre récent établit des liens entre le décès d’un opposant turc et la publication de sa vidéo remettant en question le diplôme du président turc Erdogan. Retour sur une mystérieuse affaire.

Un livre récent établit des liens entre le décès d’un opposant turc et la publication de sa vidéo remettant en question le diplôme du président turc Erdogan. Retour sur une mystérieuse affaire.

ns une vidéo intitulée "La falsification des diplômes par Monsieur Recep", publiée en 2014, Omer Basoglu avait accusé Erdogan d’avoir falsifié son diplôme pour accéder au pouvoir. Il est retrouvé mort chez lui quelques mois plus tard, le 6 mars 2015 au matin. Pour Ergun Poyraz, auteur du livre "Crimes non élucidés", il n’y a pas de doute, il s’agit d’un meurtre.

Erdogan a-t-il un bac+3 ou un bac+4 ? La question du diplôme est essentielle en Turquie, pays où le candidat à la présidence doit justifier de quatre années d’études supérieures. Ce débat, présent lors des élections présidentielles de 2014, refait surface avec le récent livre d’Ergun Poyraz, auteur de nombreuses biographies critiques sur Erdogan. Son dernier livre établit des liens évidents entre la mort d’Omer Basoglu et la publication par ce dernier d’une vidéo sur le faux diplôme du chef d’Etat turc.

De lourdes accusations

Erdogan affirme avoir été diplômé en 1981 après quatre années d’études à la faculté des sciences économiques et administratives de l’université de Marmara, à Istanbul. L’établissement avait publié la photo du diplôme lors des élections présidentielles de 2014.

C’était sans compter sur les déclarations d’Omer Basoglu, membre du parti d’opposition CHP. Ce politicien termine ses études à la même date, dans la même faculté et garantit ne jamais avoir côtoyé le président sur les bancs de cette fac. Dans une vidéo de cinq minutes où s’enchaînent diplômes, captures d’écran, photos de classe, Basoglu accuse le président d’être un faussaire. Il dévoile également les incohérences dans les intitulés de formation dans les biographies d’Erdogan disponibles sur les sites de son parti, l’AKP.

Le site indique que le chef d’Etat est diplômé de la faculté de sciences économiques et commerciales, or cette faculté n’existait pas en 1981... et son intitulé est différent de celui qui figure sur la photo du diplôme publié par l’université de Marmara un an auparavant. La charge est lourde. Si les accusations sont vraies, Erdogan aurait falsifié son parcours scolaire pour être élu.

Avant sa mort, Omer Basoglu aurait fait part de nombreuses pressions à ses proches : fermeture de comptes bancaires, Facebook, MSN, contrôle fiscaux répétés. Sa famille, interrogée par les médias, confirme les pressions mais rejette la thèse du meurtre. Pour eux, leur père est mort des suites d’une maladie neurologique. Un argument que réfute Ergun Poyraz. Selon lui, personne n’était au courant de cette maladie.

Les trois diplômes du président

L’auteur ne va pas plus loin dans son enquête. Pas de rapport d’autopsie ou de détails sur les circonstances de la mort. Ces thèses, complotistes pour certains, révèlent la paranoïa qui règne entre les différents partis turcs où chacun suspecte l’autre d’être à l’origine de meurtres, écoutes téléphoniques et autres pratiques plus que douteuses.

Quant au diplôme de Erdogan, personne, à part lui, ne sait s’il est authentique. Trois différentes versions du document circulent dans les médias. Un certificat d’études qui correspond à un bac+3, une photo de diplôme équivalent à un bac+4 et publiée par l’université Marmara, et un autre diplôme correspondant, cette fois-ci, à un bac+3 et révélé par Ergun Poyraz. Erdogan aurait donc obtenu trois diplômes différents la même année... pendant qu’il travaillait à temps plein pour l’entreprise publique de transports d’Istanbul (IETT), selon l’auteur de "Crimes non élucidés".

Le président turc, qui n’hésite pas à ouvrir un procès pour un tweet insultant, n’a pas encore entrepris de démarches juridiques. Il n’a pas non plus publié de photo de son diplôme. Alors qu’en France et en Grande Bretagne, les chefs d’Etat dévoilent leurs déclarations d’impôts, enTurquie on attend toujours le diplôme du président.

 Sevin Rey-Sahin

 

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