Wikistrike

Wikistrike

Rien ni personne n'est supérieur à la vérité

BFMTV se sépare de son consultant spécialiste du djihadisme fiché S

Publié par wikistrike.com sur 6 Mai 2016, 11:34am

Catégories : #Culture - médias - Livres - expos - rencontres

BFMTV se sépare de son consultant spécialiste du djihadisme fiché S

Nos confrères de TéléObs ont découvert que le chercheur, spécialisé dans les mouvements djihadistes, fait partie des plus de 400.000 individus répertoriés dans le fichier des personnes recherchées par la DGSI. Pour cette raison, la chaîne d’information en continu a décidé de cesser toute collaboration.

 

Bien avant d’arriver il y a quelques semaines à BFMTV, Romain Caillet a officié sur iTélé comme spécialiste du djihadisme. Ainsi, le chercheur, converti à l’islam, a, à plusieurs reprises, a analysé la doctrine, l’histoire et les faits et gestes des protagonistes du djihadisme international. Après quelques recherches, nos confrères de TéléObs ont découvert que Romain Caillet est fiché «S». Son passé n’y est pas pour rien.

Converti à l’islam en 1997 après des études mouvementées en BEP vente, Romain Caillet a obtenu, en 2005, un DEA en histoire médiévale, soit l’équivalent d’un master 2 de nos jours. Une fois son diplôme en poche, il décide d’aller en Égypte, en Jordanie puis au Liban pour étudier le djihad.

Durant ses années passées loin de la France, Romain Caillet a suivi des cours au sein de l’institut très controversé Qortoba au Caire. Cette école, soupçonnée d’abriter un foyer de recrutement, a été fermée en 2005 à la demande des services de renseignements occidentaux. Tout en fréquentant les frères Clain, dont l’aîné, Fabien, terroriste impliqué dans l’attentat du Caire en 2009 et connu aujourd’hui pour être un cadre important de Daech qui a revendiqué les attentats de novembre pour le compte de l’organisation terroriste, le Français a été très actif sur les forums islamistes sous le pseudonyme de «Colonel Salafi» et ne cachait pas ses positions en faveur du djihad.

Repéré par la sous-direction antiterroriste pour ces relations sulfureuses, Romain Caillet est interrogé en 2008 et fait depuis l’objet d’une fiche «S» sans être inquiété par la justice. Placé en garde à vue dans les locaux de la SDAT, celui-ci ne nie pas ces liens mais réfute avoir partagé la doctrine des futurs terroristes. «Sur le djihad, je ne suis pas d’accord avec les Clain. Depuis mars 2007, je ne suis plus pour le djihad parce que je m’oppose au fait d’entraîner des jeunes pour se sacrifier à mourir sans avoir acquis au préalable les bases de l’islam», rapporte TéléObs.

Interrogé par Le Figaro , le consultant de BFMTV confirme avoir «vécu dans le 8e arrondissement du Caire, à Nasr City [quartier fréquenté par les islamistes les plus radicaux, ndr] qui était comme un village où tout le monde se connaissait». «J’ai croisé Jean-Michel Clain, mais beaucoup moins Fabien. J’ai un ami depuis 20 ans qui était en effet proche des deux frères», admet le chercheur avant de reconnaître ne pas être surpris d’être fiché «S». «Je me doutais que je l’avais été. Mais depuis j’ai rencontré des hommes politiques, des responsables influents. Je ne pensais pas que j’étais encore fiché», confie-t-il.

En mars 2015, Romain Caillet est expulsé du Liban où il travaillait à l’Institut français du Proche-Orient, pour ses prétendus «liens avec des organisations terroristes». Selon lui, «les assassins du chercheur Michel Seurat et de Rafiq Hariri» ou le Hezbollah sont responsables de son expulsion. De retour en France où il vit depuis avec sa femme et ses enfants, Romain Caillet a été sollicité par l’État islamique à se rendre sur son territoire mais il a refusé l’invitation.

Dans son procès verbal que TéléObs s’est procuré, Romain Caillet a dit espérer «ne pas avoir été la cause d’enrôlement de jeunes au djihad». «J’ai essayé de réparer mes erreurs en postant [sur Internet, ndr] des repentis publics», a-t-il ajouté avant de conclure: «Quand j’étais djihadiste, je dormais mal la nuit en pensant aux attentats».

Ce vendredi matin, suite aux révélations de TéléObs, la chaîne d’information en continu a décidé de ne plus faire intervenir le consultant sur son antenne. Dans un communiqué, BFMTV déplore que «Romain Caillet n’a pas jugé utile de préciser un certain nombre d’éléments importants de son passé, liés directement aux questions qu’il devait évoquer à l’antenne».

 

Source

Commenter cet article

Archives

Articles récents