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Odessa interdit aux étrangers. Que veut cacher Kiev ?

Publié par wikistrike.com sur 6 Mai 2016, 09:44am

Catégories : #Politique internationale

Odessa interdit aux étrangers. Que veut cacher Kiev ?

Les étrangers ne sont visiblement pas les bienvenus à Odessa au début du mois de Mai. Peut-être Kiev craint-il qu’ils puissent recueillir des témoignages sur la tragédie du 2 mai 2014 à la Maison des syndicats qui fit 42 victimes ? Il semble de plus en plus clair que les autorités ukrainiennes font tout ce qu’ils peuvent pour tenter de faire oublier cette histoire. Il est tout aussi clair que les autorités occidentales les appuient dans cette tentative, puisque les Etats-Unis s’opposent à ce que la question soit même soulevée à l’ONU. Sachez donc que, si vous vous rendez à Odessa un 2 Mai, quel que soit votre âge, fût-il avancé comme c’est le cas pour deux des narrateurs du récit ci-dessous, attendez-vous à des déboires sans noms.  RI

***

En janvier 2015 une délégation des mères d’Odessa est venue en diverses villes de France pour informer en personne. Le 29 janvier elle était à Nice. C’est lors de cette occasion que nous avons fait connaissance des membres de cette délégation.

Le 2 mai 2016 était le deuxième anniversaire de cet épisode dramatique auquel sont invités par ces amis ukrainiens: Serge, ancien résistant et Sylvie, sa fille, Claude et Mireille Roddier, fille et petite fille de Gleb Sivirine, commandant du célèbre maquis Vallier, maquis gaulliste qui a opéré dans le Var jusqu’aux combats de la libération. Gleb Sivirine étant né lui même à Odessa, elles profitaient de ce voyage pour retrouver le berceau de leurs origines familiales.

Des informations alarmantes nous avaient dans un premier temps convaincus de renoncer à notre participation à ces commémorations : Saakashvili et Poroshenko auraient mobilisé 1000 tueurs du bataillon Azov pour « maintenir l’ordre ».

Pour éviter tout prétexte à de nouvelles violences, les familles des victimes du massacre du 2 mail ont décidé de remplacer les  commémorations publiques qui étaient prévues par des repas privés dans les familles. Seul était maintenu et autorisé par la mairie d’Odessa un moment de recueillement au cimetière devant les tombes des victimes.

Nos amis d’Odessa tenaient beaucoup à la présence de témoins étrangers et ont maintenu leur invitation. C’est donc à ces moments de recueillement privés que nous étions conviés.

Mais, il semble que la présence, le témoignage d’étrangers soient redoutés puisque visiblement nous étions attendus. Dès le contrôle des passeports, un militaire nous entraînait dans un local où nous avons subi un interrogatoire de 2 h1/2, à l’issue duquel il nous a été signifié qu’il nous était interdit de rejoindre nos amis ukrainiens qui nous attendaient à quelques pas de là. Pour clore cet interrogatoire, nous devions signer un procès verbal entièrement rédigé en Ukrainien, ce que nous avons catégoriquement refusé de faire. Nos bagages ont été contrôlés. Le préposé à cette opération prétendait confisquer les cadeaux que nous avions amenés. Notre protestation fut véhémente. C’est lorsque que nous avons évoqué une plainte auprès de notre ambassade que les cadeaux ont réintégré nos valises. Non seulement il nous était interdit de pénétrer en territoire ukrainien, mais nos passeports nous étaient confisqués et nous mêmes étions retenus et placés dans un local de l’aéroport sous surveillance militaire. Nous avons dû passer la nuit dans des conditions très rudimentaires, allongés sur des banquettes en fer avec deux oreillers et deux couvertures pour quatre. Le lendemain nous étions reconduits sous escorte à un avion en partance pour Istanbul. Le fonctionnaire qui détenait nos passeports, nous réclamait, si nous voulions récupérer nos précieux documents, 50 € par personne. Nouveau refus catégorique de notre part.. Toujours « accompagnés » , confinés pendant les 3heures ½ de la correspondance d’Istanbul, nous avons été reconduits jusqu’à Nice – notre point de départ. Nos passeports nous ont été confisqués, remis directement dans les mains de la compagnie aérienne chargée de nous rapatrier. Ce n’est qu’arrivés à Nice que nous avons pu les récupérer des mains de la police française.

Interrogés, escortés, discriminés, privés de liberté pendant 21 heures, traités comme des délinquants : nous ne pouvions monter dans l’avion qu’après que tout le monde se soit installé, et devions attendre que l’avion soit vide pour descendre à notre tour. Avec le plateau repas, refus de nous servir bière ou vin. Nous avons alors compris que nous étions des « déportés  de statut DEPA » (Guidelines for thé Removal of Deportees §4.8).

Je trouve impressionnante la dernière photo,  celle de cet homme de 88 ans endormi au petit matin sur son banc  tellement il avait mal au dos, mais c'est parce que je l'ai vu.

« Je trouve impressionnante la dernière photo,
celle de cet homme de 88 ans endormi au petit matin sur son banc
tellement il avait mal au dos, mais c’est parce que je l’ai vu. »



Nous avons donc été empêchés de nous recueillir sur les tombes des victimes de la tuerie du 2 mai 2014, empêchés d’apporter le soutien de Français et de partager avec nos hôtes, familles des victimes, le repas du souvenir, en privé.

Et dire que de tels comportements sont orchestrés par les autorités ukrainiennes qui bénéficient du soutien actif de l’Union Européenne avec en première ligne la complicité de notre propre gouvernement et dans le silence assourdissant de la majorité de nos médias.

Serge Lesou, Sylvie Pillé, Mireille et Claude Roddier

envoyé par Claude Roddier

Nota : Andréi Parouby, à la tête des tueurs néo-nazis ayant opéré le 2 mai à Odessa, fondateur du parti national socialiste ukrainien rebaptisé Svoboda, est aujourd’hui Président du Parlement ukrainien.

 

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