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La taupe des "Panama papers" arrêté

Publié par wikistrike.com sur 15 Juin 2016, 13:29pm

Catégories : #Economie

La taupe des "Panama papers" arrêté

La firme au cœur du scandale des «Panama papers» suspecte un de ses informaticiens genevois de vol de données informatiques. Arrêté, il a été placé en détention provisoire par le Ministère public.

 

Un informaticien de l’antenne genevoise de Mossack Fonseca est sous les verrous, a appris Le Temps. Placé en détention provisoire par le parquet genevois il y a plusieurs jours, il est suspecté d’avoir «fait sortir un très gros volume de données confidentielles» de l’étude d’avocat au cours «d’une période récente», indique une source proche du dossier. Contacté, le Ministère public genevois confirme qu’une «procédure a été ouverte à la suite d’une plainte déposée par Mossack Fonseca» mais se refuse à tout autre commentaire à ce stade.

Le parquet a conduit une perquisition dans les locaux genevois de Mossack Fonseca et du matériel informatique a été saisi. Des vérifications sont en cours pour établir si l’informaticien a bien soustrait des données à son employeur et, le cas échéant, quel type de données et à quelle période. Selon nos informations, l’informaticien est notamment prévenu de «soustraction de données», d'«accès indu à un système informatique» et d'«abus de confiance». Il conteste toutefois l’ensemble des faits qui lui sont reprochés.

Lire notre dossier: Le scandale des «Panama Papers», secousse planétaire

Le 3 avril dernier, les médias partenaires du Consortium international des journalistes d’investigations (ICIJ) faisaient éclater au grand jour le scandale des «Panama Papers» en révélant l’ampleur du recours aux structures offshore à des fins de dissimulation d’actifs. La source des journalistes d’investigations? 11,5 millions de fichiers, soustraits aux archives du cabinet panaméen Mossack Fonseca, spécialisé dans la création et la domiciliation de sociétés offshore.

John Doe?

L’auteur de cette fuite de données sans précédent – 2,6 terabytes de données, transmises en 2015 à la Süddeutsche Zeitung – fait l’objet de toutes les spéculations depuis plusieurs mois. Dissimulé sous le pseudonyme de «John Doe», il avait expliqué ses motivations dans un manifeste transmis au quotidien allemand en mai. Selon lui, les sociétés offshore créées par Mossack Fonseca auraient servi à faire de la fraude fiscale, mais aussi à commettre d’autres crimes. «J’ai décidé de démasquer Mossack Fonseca parce que je pense que ses fondateurs, ses employés et ses clients doivent répondre de leur rôle dans ces crimes», écrivait-il alors, en précisant qu’il ne travaillait ni pour un Etat ni pour un service de renseignements.

Le 5 avril dernier, affirmant avoir été victime d’un piratage informatique opéré depuis des «serveurs étrangers», Mossack Fonseca avait porté plainte auprès du parquet panaméen. Lequel avait inspecté dans la foulée les locaux panaméens de l’étude d’avocat. «On cherche enfin les vrais criminels», s’était alors félicité Ramon Fonseca, l’un des fondateurs de la firme devenue célèbre malgré elle.

L’informaticien mis en prévention par le parquet genevois pourrait-il être à l’origine de cette fuite, la plus grosse de l’histoire du journalisme? Rien ne permet de l’affirmer à ce stade. «S’il devait être avéré que l’informaticien a bien volé des données, il faudra encore déterminer quand et à quelles fins, résume un proche du dossier. Peut-il s’agir du fameux «John Doe»? D’un de ses complices? D’un autre vol de données postérieur à la fuite massive? Toutes les hypothèses restent ouvertes à ce stade». Contactés, les avocats genevois de l’informaticien n’ont souhaité faire aucun commentaire. Pas plus que celui de Mossack Fonseca.

 

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