270 civils ont perdu la vie ces dernières heures en Syrie, après de nombreux combats menés par différents groupes armés. Profitant des conditions d'application cessez-le-feu, les «rebelles modérés» et le Front Al-Nosra ont mené plusieurs attaques. De nouvelles opérations militaires ont fait plusieurs centaines de victimes ces dernières 24 heures en Syrie. Plusieurs groupes armés sont impliqués, bénéficiant des conditions d'application du cessez-le-feu. 
 
Tout d'abord, le Front Al-Nosra, affilié à Al-Quaïda, aurait lancé une opération sur la ville d'Alep, dans le quartier Sheikh Maqsood contrôlé par les milices kurdes. Les affrontements auraient fait plus de 40 morts et une centaine de blessés. « Après un bombardement d'artillerie massif et des attaques répétées menées par les combattants des groupes terroristes du Front al-Nosra et d'Ahrar al-Sham sur les positions kurdes, ces derniers ont quitté leurs positions dans le quartier Sheikh Maqsoud d'Alep et se sont repliés», a confirmé dans un communiqué un porte-parole du Centre russe pour la réconciliation en Syrie, samedi 4 juin. 
 

Comment les combattants d'Al-Nosra ont-ils pu mener cette opération sans subir les représailles de l'aviation russe ? Les autorités russes ont reçus la demande de la part des Etats Unis de ne pas viser Al-Nosra, de crainte «de toucher l'opposition modérée». En effet, les troupes d'Al-Nosra sont présentes dans les mêmes quartiers et les mêmes régions que les «rebelles modérés» (le groupe Ahrar Al-Sham notamment). 
 
 
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov, a déclaré le 4 juin 2016 que les États-Unis avaient demandé à la Russie de ne pas frapper al-Qaïda en Syrie. 

Dans la région d'Idleb, les forces qualifiées par Washington de « rebelles modérées » sont mêlées à celles du Front al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda. L'accord de cessation des hostilités du 27 février dernier prévoyait que les Forces soutenues par les États-Unis se sépareraient des groupes listés « terroristes » par l'Onu. Mais cela n'a pas été le cas. 

Officiellement, al-Qaïda a conçu et perpétré les attentats du 11 septembre 2001 qui firent 2 977 morts. Les États-Unis sont entrés en guerre contre l'Émirat islamique d'Afghanistan et contre l'Irak notamment au motif du soutien qu'ils auraient apporté à al-Qaïda (même si depuis, Washington a admis que l'Irak n'était en réalité pas impliqué). 

Au cours des dernières années, al-Qaïda a financé l'AKP turc, aidé l'Otan à renverser la Jamahiriya arabe libyenne, et fait du « bon boulot » en Syrie selon l'expression de Laurent Fabius. 

Depuis la publication du livre de Thierry Meyssan, 
L'Effroyable imposture, la plupart des États membres de l'Otan qualifient la contestation de la culpabilité d'al-Qaïda dans les attentats du 11-Septembre de « complotiste ». (Réseau Voltaire)

Au même moment, plus de 1 000 combattants issus du quartier «Al-Ansari» de la ville d'Alep, lui aussi contrôlé officiellement par des «rebelles modérés», ont attaqué les positions de l'armée régulière syrienne. Et toujours à Alep, le groupe armé Jaysg al-Islam, (qui participe régulièrement aux pourparlers organisés par l'ONU) aurait bombardé de nombreux quartiers de la ville à coup de mortiers. 

Des attaques terroristes ont aussi été rapportées dans les villes de Homs, Lattaquié, Damas et Deraa. 

Malgré le nombre croissant de groupes armés qui rejoignent le cessez-le-feu entré en vigueur le 27 février et négocié par la Russie et les Etats-Unis, la trêve est loin d'être complètement respectée. 

Depuis de nombreux mois, la Russie réclame que soient exclus des négociations des groupes tel que Ahrar Al-Sham et Jaysh al-Islam. Moscou considère que ces factions ne sont que des organisations terroristes, au même titre que le Front Al-Nosra ou l'Etat Islamique.

 

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