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Sida : des experts du Kremlin attribuent la propagation du VIH à « l’industrie du préservatif »

Publié par wikistrike.com sur 2 Juin 2016, 05:58am

Catégories : #Santé - psychologie

Sida : des experts du Kremlin attribuent la propagation du VIH à « l’industrie du préservatif »

Les dirigeants de l’Institut russe d’études stratégique, un organisme rattaché au Kremlin, ont une idée bien précise des causes de la propagation du virus du sida (VIH), inquiétante en Russie : la faute en incombe à l’industrie des préservatifs, « intéressée à commercialiser ses produits » et qui, pour cela, « incite les jeunes, mineurs, à avoir des rapports sexuels précoces ».

Dans un rapport de soixante pages, présenté le 30 mai aux parlementaires russes, à Moscou, les auteurs, qui incriminent également « l’industrie de la pornographie disponible, malgré nos lois, en deux clics » sur Internet, mettent en avant une autre de leur préoccupation : « Le VIH est utilisé comme un élément de la guerre d’information contre la Russie. »

Un an après la sonnette d’alarme tirée par Vadim Pokrovski, directeur adjoint de l’Institut central d’épidémiologie et dirigeant du centre fédéral de lutte contre le sida, annonçant que la Russie compte désormais 1 million de séropositifs, soit le double d’il y a cinq ans, les « experts » du Kremlin ne voient pas d’autres remèdes :« La meilleure protection, rapporte Igor Beloborodov, un des dirigeants de l’Institut et coauteur du rapport, c’est la famille monogame, hétérosexuelle, et fidèle. »

Qu’importe si, dans ce même rapport, page 30, un graphique montre que la propagation du VIH à Moscou évolue bien plus fortement chez les hétérosexuels que dans les groupes considérés à risque, comme les toxicomanes ou les homosexuels. L’important, c’est « l’approche » du problème.

Le « déclin » de l’Europe

L’Institut russe d’études stratégique en voit deux : le « modèle occidental » et son « contenu idéologique néolibéral insensible aux particularités nationales qui octroie des droits absolus aux toxicomanes et LGTB [lesbiennes, gays, bi et transgenre] » ; et « le modèle russe [qui] prend en compte les particularités historiques, culturelles et psychologiques de la société russe, basée sur une idéologie conservatrice et les valeurs traditionnelles ».

Il va sans dire que la deuxième voie, conforme au discours de l’Eglise orthodoxe, est celle à suivre« L’approche occidentale, souligne Tamara Gouzenkova, citée par le journal Kommersanttransforme le thème de l’épidémie en un problème politique. » Historienne et co-auteure du rapport, adjointe à la direction de l’Institut, elle s’est souvent illustrée sur le thème du « déclin » de l’Europe.

« De tels rapports font des dégâts car, sans entrer dans le cœur du problème, on peut avoir l’impression que nous n’avons pas d’épidémie et qu’il suffit d’avoir un bon moral pour nous sauver de la situation », déclare au Monde M. Pokrovski. Pour ce spécialiste, il en est tout autrement : « En 2015, près de 100 000 nouveaux cas de personnes contaminées par le VIH ont été recensés, assure-t-il, et sur 1 million de malades, soit 0, 8 % de la population comprise entre 15 ans et 50 ans, 200 000 sont décédés. »

Le budget consacré à la lutte contre le sida par le ministère de la santé a certes doublé, mais la prévention, en particulier concernant l’emploi du préservatif, elle, reste quasi inexistante. La Russie est pourtant aujourd’hui l’un des rares pays où la maladie progresse encore.

http://www.lemonde.fr/international/article/2016/06/01/sida-des-experts-du-kremlin-fustigent-l-industrie-du-preservatif_4930524_3210.html#jG4BBfFUzdovGxMu.99

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