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Corse: Le FLNC prêt à botter le cul de Daesh en cas d'attaque sur l'île

Publié par wikistrike.com sur 28 Juillet 2016, 17:33pm

Catégories : #Social - Société, #Politique intérieure, #Religion - pensées

Corse: Le FLNC prêt à botter le cul de Daesh en cas d'attaque sur l'île

Le ton est ferme, mais la mise en garde adressée par le FLNC du 22-Octobre à l'Etat islamique doit aussi se lire dans le contexte politique de la Corse aujourd'hui.

 réponse déterminée, sans aucun état d’âme" : c’est ce que promet le FLNC du 22-Octobre à l'organisation Etat islamique en cas d’attaque en Corse.

Dans un communiqué envoyé à la rédaction de "Corse-Matin" à Ajaccio, les membres de cette branche du Front de Libération Nationale Corse s’adressent d’abord aux musulmans de l’île, qu’ils appellent à "résister […] pour vaincre les fanatiques islamistes sanguinaires". Le groupe nationaliste clandestin les invite ainsi à "prendre position" en dénonçant l’islamisme radical, leur demandant de signaler "les dérives chez des jeunes désœuvrés, tentés par la radicalisation."

Surtout, dans un deuxième temps, le FLNC s’adresse directement à Daech et à ses "prêcheurs de la mort", qui cherchent à "enrôler la jeunesse vers l’abîme du fanatisme" et "exploiter la misère humaine pour semer le désespoir".

Les nationalistes déclarent :

"Sachez que toute attaque contre notre peuple connaîtrait de notre part une réponse déterminée sans aucun état d'âme."

Début mai, le FLNC du 22-Octobre avait annoncé sa démilitarisation. Mais dans son communiqué, il précise que cela ne signifie pas "se murer dans le silence, ne pas réagir à la situation internationale."

Une faible menace pour l'Etat islamique

Toutefois, la capacité de réaction du FLNC ne doit pas être surestimée. Pour Xavier Crettiez, professeur de sciences politiques à l’université de Versailles, prendre au premier degré une telle mise en garde "a peu de sens, sauf à penser que Daech puisse avoir peur des cagoulés du FLNC."

Or, l’organisation corse ne pèse pas bien lourd face à l’organisation djihadiste :

"Comparé à Daech, ce n’est pas le même type d’intensité de violence. Le FLNC n’est pas une organisation militaire comme l’ETA ou l’IRA, ce ne sont pas des professionnels de la violence. Je vois mal le FLNC envoyer des commandos en Syrie..."

Dans un paragraphe écrit en gras, les nationalistes affirment dans leur communiqué avoir "permis au mois de juin de déjouer un attentat sur notre territoire dans un lieu fréquenté par le public." Selon France 3 Corse, il s’agirait ici d’une référence à des menaces visant l’ouverture d’une discothèque à Porto-Vecchio. France 3 précise toutefois que ledit projet d’attentat "n’a jamais existé selon les autorités".

Xavier Crettiez émet lui aussi des doutes sur cette affirmation :

"Le FLNC a beaucoup moins de moyens que la police française, donc il n’est pas plus capable que la police de contrer un éventuel attentat."

Par ailleurs, le mouvement clandestin se dit "préparé" à la volonté des salafistes de "mettre en place [en Corse] la politique de Daech", qu’il voit par exemple dans les incidents du mois de décembre (quatre pompiers agressés, puis des dérapages racistes), assimilés à une "stratégie de déstabilisation […] pour tester la réaction du peuple corse".

"Interpréter une affaire de caillassage comme une stratégie de l’Etat islamique relève du délire. Cet incident, c’est ce qui se passe quotidiennement en France, mais dans une petite île comme la Corse la moindre sortie de la norme prend des proportions énormes", commente Xavier Crettiez.

Un coup de com' plus qu'autre chose

Pour Xavier Crettiez donc, outre une façon "de prévenir la population immigrée locale, de rappeler à l’ordre ceux qui pourraient être tentés par cette dérive islamiste", cette déclaration martiale du FLNC est surtout une opération de communication.

Comme il le rappelle, le FLNC "ne pèse presque plus rien dans l’espace politique insulaire, au moment où le nationalisme est surtout représenté par des formations qui ont renoncé à la violence." Avec comme figure de proue de ces nationalistes modérés, Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de Corse.

Le communiqué du FLNC du 22-Octobre doit donc plutôt se lire "dans le cadre de la politique locale", estime Xavier Crettiez.

"C’est soit la volonté de ré-exister un peu à un moment où ils sont inexistants, de s’afficher, de faire parler d’eux en se montrant comme les défenseurs du peuple corse, soit la volonté de ramasser des votes extrémistes en Corse, de se rappeler à cet électorat."

Le FLNC se défend néanmoins d'être "le refuge des frustrés d'une lutte raciale ou xénophobe" : "Nous voulons préciser que ceux qui chez nous se sentent des affinités avec des partis ou des associations d’extrême droite, corse ou française, se trompent de combat."

Le combat du FLNC en tout cas consiste aussi à lutter contre l’Etat français, à qui le groupe s’adresse également dans son communiqué. Il affirme : "Si un drame devait se produire chez nous, l’Etat français aurait alors une part importante de responsabilité."

Pour  les nationalistes, la France doit cesser "sa propension à intervenir militairement et à vouloir donner des leçons de démocratie à la terre entière, si elle veut éviter que les conflits qu'elle sème à travers le monde ne reviennent comme un boomerang sur son sol."

Richard D.

 

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