Le petit Omrane n'a que cinq ans. Extrait des décombres d'un bâtiment à Alep touché par un bombardement, ce petit garçon syrien, identifié par des médecins locaux, est porté par un secouriste qui l'installe dans une ambulance avant d'aller secourir un autre enfant, également blessé. 

Le petit garçon ne dit pas un mot. Il ne pleure pas non plus. Il a le regard hagard devant les photographes qui se sont attroupés à l'arrière de l'ambulance. Omrane se frotte la tête. Son visage est à moitié couvert de sang. Il regarde sa main, puis patiente. 

Cette scène insoutenable, reprise par des médias du monde entier, a été filmée par Moustapha Sarout, selon l'
Aleppo Media Center, un groupe d'activistes à Alep. La vidéo a été postée le 17 août sur son compte YouTube. Selon l'AMC, le bombardement s'est déroulé mercredi soir, dans le quartier rebelle de Qaterji, à Alep-est. 


 


Une image comme une piqûre de rappel de cette guerre qui ravage depuis cinq ans la Syrie, et notamment la ville d'Alep. 

La bataille d'Alep, la plus importante depuis le début du conflit en 2011, est cruciale pour le régime comme pour les rebelles. Les deux adversaires y ont massé des troupes et tentent de s'emparer de la deuxième ville du pays, divisée depuis 2012 entre quartiers rebelles à l'est et quartiers pro-régime à l'ouest. 

L'intensification des combats, après que les forces du régime eurent pris en juillet le contrôle de la dernière route d'approvisionnement des zones rebelles, a suscité une forte préoccupation pour le sort des 1,5 million de civils se trouvant dans la ville, dont 240.000 dans les quartiers tenus par les insurgés. 

La guerre en Syrie, déclenchée en mars 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, a fait plus de 290.000 morts.