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Hollande donne la légion d’honneur au Financial Times

Publié par wikistrike.com sur 10 Août 2016, 09:06am

Catégories : #Politique intérieure, #Economie

Hollande donne la légion d’honneur au Financial Times

 

Le rédacteur en chef du Financial Times est en lice pour obtenir la plus haute distinction française – en reconnaissance de son inlassable couverture pro-UE dans le journal.

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Lionel Barber

Lionel Barber a révélé hier qu’il recevrait la Légion d’Honneur via un tweet montrant une copie de la lettre provenant de l’ambassade de France, lui notifiant la date de sa remise.

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Le tweet, apparemment envoyé à un ami mais posté publiquement par erreur, a été supprimé peu de temps après.

La lettre énonce que le rang de Chevalier est offert à M. Barber, la plus basse des cinq classes que composent la Légion d’Honneur, en reconnaissance de son « rôle positif dans le débat européen. »

La reine devra donner son autorisation à M. Barber pour qu’il puisse recevoir cet honneur accordé par le président socialiste français François Hollande.

La proposition d’honorer M. Barber a été demandée par le ministre français des Affaires Etrangères Jean-Marc Ayrault. Le nom du journaliste aurait été mis en avant par l’ambassadeur français à Londres.

La nuit dernière, des députés britanniques eurosceptiques ont suggéré que cette récompense était accordée en remerciement de la couverture médiatique du Financial Times durant la période précédant le référendum historique de juin ; couverture en faveur d’analyses pessimistes sur l’avenir britannique à partir du moment où une majorité d’électeurs soutenait le Brexit.

Le député conservateur Jacob Rees-Mogg a dit que M. Barber devrait refuser une distinction « promouvant les intérêts d’un gouvernement étranger. »

Il a également mis en évidence le fait que la Reine devrait apprécier la récompense de M. Barber en fonction des lois établies durant le règne de la Reine Elizabeth Ier – laquelle aurait déclaré : « Mes chiens ne devraient pas porter le collier des autres. »

Rees-Mogg rapporta au Mail : « Je serais surpris que la Reine donne son accord pour qu’il l’accepte, et encore moins pour qu’il la porte. »

« Il ne me semble pas que les conditions normales soient remplies pour accepter une distinction d’une puissance étrangère, comme pour un service militaire par exemple. »

« Il semblerait qu’elle soit donnée en faveur d’une aide à une puissance étrangère pour atteindre ses objectifs de politique étrangère. »

Le député conservateur Philip Davies a comparé la situation à celle des distinctions discréditées de David Cameron par les partisans du « Remain ». [Référence à cet article, NdT]

« C’est une bonne chose de voir d’autres pays décerner des distinctions pour avoir perdu un référendum, » a-t-il dit.

 

 

« Si on lui donne la Légion d’Honneur pour avoir perdu le référendum, alors on peut imaginer qu’on l’aurait fait Président si le « Remain » l’avait emporté. »

Le député UKIP Douglas Carswell a accusé M. Barber d’être le fer de lance de la campagne de la « Continuité du Remain » [visant à ce que le Royaume-Uni reste finalement dans l’UE, NdT].

« Quoi que vous pensiez du Financial Times, ils n’ont pas vraiment été objectifs dans leur couverture médiatique. C’est extraordinaire de voir le nombre de commentateurs qui ont non seulement flatté les puissants mais qui ont aussi accepté leur baratin, » dit-il.

« C’est comme si cette récompense pour M. Barber était non seulement due à ses articles très favorables au projet européen peu avant le référendum, mais aussi à son rôle de fer de lance pour la campagne de « Continuité du Remain » par la suite.

« On peut dire que le Financial Times – qui a soutenu la politique des prix et des salaires des années 70, l’entrée de la Grande Bretagne dans le Mécanisme de Taux de Change dans les années 80, puis l’Euro dans les années 90 – a été constamment dans l’erreur. »

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Barber a, semble-t-il, voulu envoyer un message privé à un ami via Twitter.

Dans son tweet, il a ajouté « Bonjour LW, je voulais te faire partager ceci – confidentiellement car ce ne serait pas une bonne publicité pour le Royaume-Uni en ce moment. »

La lettre, visible dans son tweet, semble avoir été écrite par Sylvie Bermann, ambassadrice de France à Londres.

La lettre dit : « Cher Lionel, je suis heureuse de vous informer qu’à la demande du Ministère des Affaires Etrangères et de l’ambassade, le Président français vous nomme au rang de Chevalier de l’Ordre National de La Légion d’Honneur, par décret du 6 Juillet 2016. »

« À travers cette récompense, la France souhaite reconnaître votre remarquable carrière, votre contribution à un journalisme de haute qualité et au rôle positif joué par le Financial Times dans le débat européen. »

« Si vous l’acceptez, j’aurai le plaisir de vous remettre l’insigne de Chevalier au cours d’une cérémonie à la Résidence Française à Londres à la date qui vous conviendra. »

Le Financial Times est vu comme la voix de la City à Londres mais il s’est attiré les foudres pour avoir soutenu la campagne du Remain [Rester dans l’UE, NdT] et, après que le pays a voté le Leave [Sortir de l’UE, NdT], les critiques l’ont accusé de dénigrer l’économie britannique.

Le jour du référendum, le journal a averti que quitter l’Union Européenne aurait des conséquences néfastes « aussi bien pour le Royaume-Uni que pour l’Occident. »

Après le vote du Brexit, le journal a soutenu que la Grande-Bretagne s’était « elle-même mise à l’écart, » « nonchalamment aventurée dans un nouveau monde empli de risques » et qu’elle allait voir « sa place dans le monde amoindrie. »

Le Financial Times a été racheté par la société japonaise Nikkei l’année dernière pour 844 millions de livres.

La vente de la version papier du journal est en baisse de 6% sur un an. Sur les 198 396 exemplaires vendus dans un jour normal du mois de mai, seuls 60 928 sont vendus au Royaume-Uni, selon les derniers chiffres du « Audit Bureau of Circulations ».

Seulement 29 789 exemplaires ont été achetés au tarif plein par des consommateurs britanniques (prix de vente : 2,70£), le reste des ventes provenant d’abonnements (lecteurs et entreprises), ainsi que de ventes en gros, par exemple à des compagnies aériennes et à des hôtels.

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Un arriviste de compétition et expert du name-dropping [Donner des noms de gens connus, NdT]

Un des héros de Lionel Barber est feu Sir David Frost, un intervieweur qui est devenu aussi connu que les sujets qu’il traitait.

Titan du journalisme télévisuel, il était très fier, selon Barber, que son nom apparaisse en premier dans le titre du film basé sur ses interviews de l’ancien président des États-Unis, Frost/Nixon.

Le rédacteur en chef du Financial Times, âgé de 61 ans, se voit peut-être lui aussi comme l’égal des personnalités influentes qui honorent les pages rose saumon du journal.

Il a régalé ses lecteurs l’an dernier en racontant sa rencontre, sous les flashs des photographes, du premier ministre chinois, Li Keqiang, qui l’avait accueilli « comme un vieil ami », dans le palais de l’Assemblée du Peuple à Pékin, une rencontre qui a été diffusée dans un programme « regardé par 135 millions de personnes ». Ce n’est effectivement pas tous les jours qu’un chef d’État a la chance de rencontrer Lionel Barber.

Un tel « frisson d’impatience » avant de rencontrer une « figure historique » était dans l’air quand l’ancien Président de l’Iran, Rafsanjani s’assit avec le haut responsable du Financial Times en 2013.

Lors d’un évènement avec l’ancien entraîneur de Manchester United, Sir Alex Ferguson, Barber – un fan des Spurs – dit aux lecteurs qu’ils étaient liés par leur amour mutuel des plus grands crus et des biographies de présidents américains, « particulièrement l’hommage en 4 tomes de Lyndon Johnson par Robert Caro ».

Inspirant le respect pour son esprit aiguisé plutôt que pour sa grande compassion au quartier général du Financial Times à Southwark Bridge, l’érudit Barber est célèbre pour être toujours parfaitement vêtu. Avec sa silhouette mince, qui fait plus jeune que ses 61 ans, on le voit invariablement dans des costumes sur mesure coûteux et parfaitement taillés.

Un jour, il fit une critique d’une paire de sneakers Globe Trotter à 175£, des chaussures en cuir souple pour l’intérieur ainsi qu’une paire en plastique à porter à l’extérieur, comme des galoches.

« C’est un arriviste de compétition, » déclara une connaissance. « Il a réellement un intellect aiguisé mais il est également très vaniteux. »

Les initiés disent que son souhait d’entretenir ses amis influents l’a amené à faire des erreurs, dont une était d’avoir décerné le prix de la Personnalité de l’année 2009 du Financial Times à Lloyd Blankfein, le directeur général de Goldman Sachs. Cette récompense, venant au moment où la crise financière était à son apogée et quand Goldman Sachs était critiqué pour sa participation à la débâcle, a donné lieu à des critiques accusant le journal de vivre dans un « monde parallèle ».

Barber commença sa carrière au Scotsman en 1978 et joignit le Financial Times en 1986.

Pressenti pour être rédacteur en chef en 2001, il n’obtint pas le poste et passa quatre ans aux États-Unis avant un retour triomphant à Londres.

Barber vit avec sa femme Victoria, une avocate, dans une maison à 1,9 million de livres à Dulwich [ville du Grand Londres, NdT]. Le couple a deux enfants.

Après plus d’une décennie à la tête du Financial Times – maintenant détenu par Nikkei au Japon  – il est l’objectif d’un important buzz de spéculations sur le rôle important qu’il pourrait occuper prochainement.

En accordant un hommage aussi extraordinaire pour le soutien sans limites de son journal à l’UE, ce sont en fait les Français qui se sont distingués…

Source : Daily Mail, le 08/08/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

 

II. Le Financial Times durant le Brexit

Exemples choisis :

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Une du Financial Times, 24 juin 2016, jour du Brexit

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Une du Financial Times, 27 juin 2016

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Sélection de titres du Financial Times, durant la campagne du Brexit

 

III. Précisions

En fait, la lettre a bien été signée par Sylvie Bermann, notre ambassadrice à Londres, comme on le voit sur une autre lettre de 2015 pour un soldat de la 2e guerre mondiale :

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Paul Salvaire est bien son chef de cabinet :

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IV. La couverture médias

 

L’affaire Lionel Barber est bien présente dans la presse anglaise (voir le Guardian par exemple) dès le 8 aout :

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Mais, si on trouve des articles dans Google Actualités Monde… :

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… on note que le 10 aout à 01h00, AUCUN journal français n’en parle :

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Ce qui est ballot, car cela a même intéressé les journaux polonais

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V. Lettre ouverte à notre ambassadrice à Londres

Du coup, je me suis permis d’écrire à notre Ambassadrice à Londres :

Olivier Berruyer

www.les-crises.fr

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