Le G20 était divertissant et n'a cessé de nous instruire. On résume.
  • On a eu un Obama à la ramasse, accueilli comme un domestique et humilié publiquement par les Chinois à sa réception.
  • On a l'Europe... quoi, l'Europe? On a surtout le Brexit et tous ces pays qui signent directement des traités avec le Royaume-Uni. Pas besoin de la camisole de force ouest-européenne pour vivre et pour commercer. Toujours cette manie européenne de se croire irremplaçable. Le monde allait s'écrouler à la fin des empires. L'Inde? La Chine? Le Brésil?
  • On a une Angleterre bien diminuée, ramenée au rang de moyenne puissance. Ici aussi Obama a été moins subtil que Reagan ou Bush qui jouaient la carte anglaise pour asseoir un duopole vénérable et branlant. Mais Obama ne pense qu'au golf, et il déteste tellement Old Europe!
  • Quand on pense Obama, on pense au golf (314 parcours en huit ans), à son Nobel, aux Droits de l'Homme! Il a fallu qu'il en parle sans éclater de rire, et tout se passa mal. Car quand vous avez à la maison la première population carcérale du monde, vous n'allez pas prêcher les droits de l'homme, notamment à d'anciennes colonies! La conquête des Philippines fit 200 000 morts, et dura bien dix ans. Lisez Joseph Stromberg, un des maîtres de cette noble et compétente école d'historiens libertariens (1). D'où ce rafraîchissant fils de p... asséné par un président philippin aussitôt vilipendé sur les « réseaux sociaux » réglés comme des horloges.
  • On a surtout les entretiens et le prestigieux accueil de Poutine par les Chinois. L'Eurasie est enfin en marche, elle va remplacer l'atlantisme, et c'est tant mieux. Il faudra que débarrassés des actuels « bourgeois de Calais » qui les mènent à l'abattoir, Français et Allemands s'ouvrent enfin à cette « Europe de l'Atlantique à l'Oural » dont nous parla un jour le Général de Gaulle.
  • On a aussi l'entente russo-turque qui met fin à des siècles d'hostilité parfois bien inutile (notamment en 1914). On nous a fait le coup de l'Otan qui contrôle la Turquie, mais l'Otan a surtout la trouille que la Turquie ne sorte de l'Otan, et la Turquie le sait et en profite justement.
  • Enfin on a un Donald Trump (« cet homme qui aime les dictateurs ») qui ne cesse de monter dans les sondages, qui se veut proche de la Russie, loin de la mer de Chine, et qui sans doute inspirera s'il est élu une vraie révolution nationale et populaire en Europe. Je reprends les termes de mon ami américain, le physicien Dean Mamas, éminent spécialiste d'Henri Poincaré. Les physiciens savent de quoi ils parlent en évoquant une révolution!
Le plus drôle est que Vladimir reste Poutine et qu'il n'est pas si actif. Les clébards aboient, la caravane russe passe. Poutine est patient (« ça, un joueur d'échecs? » se moquait jadis Obama...), il attend que le château kafkaïen de l'occident s'écroule, qui libérera l'Europe; le château de cartes de l'euro ou du dollar; le château de cartes de l'empire américain qui ne repose plus que sur du sable; le château de cartes de Bruxelles et des réfugiés. L'occident réglé sur Pokémon se détraque comme son climat, il se fait envahir, fouetter, il bafoue ses racines, ses origines, il s'autodétruit comme un suicidaire malade, il s'entaille les veines; le tout en menaçant le monde, à la Hillary, qui ne sait faire que cela (menacer la Chine ou la Russie), entre deux quintes de toux mal masquées par ses médias désertés mais aux ordres. 

L'Europe ne renaîtra que lorsque la notion d'occident aura disparu. On rappelle que cette notion nihiliste fut invoquée par le nazisme lors de l'invasion de la Russie. Dans les années soixante aussi, le mot occident sentait le ressenti fasciste. René Guénon nous apprend que l'ouest est lié à la caste des shûdras (serviteurs) et qu'il est associé à la mort et à l'obscurité (2). 

Il serait temps que l'on s'en rende compte...
  1. The Costs of war, Mises.org, pp 169-203
  2. Symboles de la science sacrée, Gallimard, p. 77

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