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L’Influence du JT sur les téléspectateurs

Publié par wikistrike.com sur 26 Septembre 2016, 11:27am

Catégories : #Culture - médias - Livres - expos - rencontres

L’Influence du JT sur les téléspectateurs

Fixé à 20h, le journal télévisé du soir, est devenu le rendez-vous où se retrouve (chacun chez soi) une grande partie de la société française. C’est un temps de socialisation essentiel. D’autres sources d’’information (internet) n’empêche pas de regarder le JT. Le journal de 20 heures reste donc encore le média d’information principale, il a donc une responsabilité importante quant à son contenu. C’est la première grande émission de soirée (avant le film, la série…). Il permet d’avoir un condensé de l’actualité du jour de façon certaine. Son influence sur l’opinion publique peut donc être importante. La ligne éditoriale du JT influence-t-elle les téléspectateurs et donc les citoyens ?

Plusieurs éléments sont à analyser. Le journal télévisé possède une structure constante qui lui est propre : le générique, le sommaire des titres, les reportages, le dossier, les faits divers et enfin le sport ou l’interview d’une personnalité. Le tout est présenté par un journaliste connu.

  • Le générique est le moyen d’attirer le téléspectateur par une série d’images en cascade avec pour objectif de le mobiliser sur les informations qui vont suivre. La musique du générique est un marqueur qui signifie très clairement par sa constance, que le journal va commencer (signal auditif).
  • Les titres sont présentés de façon synthétique, toujours de la même façon « voilà pour les titres », puis on commence par le sujet d’actualité du jour (par exemple les attentats de Boston). S’en suit alors une série de reportages par catégories : politique intérieure (mariage pour tous), politique européenne, problèmes économiques (crise). Les thèmes se succédant rapidement tout les trois ou quatre minutes.
  • Chaque journal développe plus longuement une enquête ou un dossier montrant un fait de société. Le reportage est ici plus long, il comporte plusieurs interventions de personnalités, voir d’un expert sur le sujet.
  • Le journal se conclue régulièrement par un sujet annexe, «plus léger ».

Au-delà d’apporter des éléments sur l’actualité, nous pouvons nous interroger sur le contenu et l’objectivité de l’information donnée.

En effet, le journal télévisé a aussi un but précis : l’audimat et la fidélisation du public (de différentes origines, de différents âges) à la chaîne. Il y a donc une stratégie mise en place pour rendre l’information « intéressante » pour ce public ciblé. Le journal doit être « accrocheur ». Il y a un risque à ce que le choix des sujets soit orienté pour correspondre au public visé : place laissée à un fait divers alors qu’un sujet international est juste cité. Souvent les sources de l’information sont les mêmes pour toutes les chaines mais sont travaillées selon les critères propres à chacune des équipes afin de les adapter au public. Néanmoins elles sont souvent présentées de façon exclusive et originale pour faire croire aux téléspectateurs qu’il est privilégié en regardant ce journal et pas un autre. Il aura plus d’information, de meilleure qualité. Ces choix orientent de fait, l’opinion des téléspectateurs.

Le journal télévisé est construit avant tout de façon visuelle: succession d’images plus ou moins cadencés, témoignages brefs, évènements extraordinaires. Il est à la fois de proximité par les « témoignages de la rue » et mondialisé par des courts reportages là où l’évènement s’est passé récemment. Le téléspectateur doit être « touché ». La réaction émotive est recherchée. L’image influe plus que l’écrit ou le son sur la plupart de nos émotions. L’image peut avoir l’inconvénient d’empêcher une analyse distanciée de l’évènement en nous submergeant par une émotion trop forte.

On peut dire aussi que le journal, au travers des reportages en direct lors d’accidents, d’évènements climatiques, semble toujours vouloir trouver une explication « rapide » aux situations, aux faits au travers de témoignages, souvent pris encore dans l’émotion. A titre d’exemple, il est toujours possible d’accuser une personne, une loi, une catégorie de population sans éléments de preuve, simplement sur la rumeur de rue, sans prise de recul.

L’information est souvent donnée rapidement avec peu d’analyse (« choix de l’immédiateté »). Celle-ci semble alors presque revenir aux personnes interviewées « à chaud » sur les évènements. Parfois des éléments d’analyse sont apportés par des experts (financiers, politiques), de façon brève, noyés dans un contenu d’information. Ils sont souvent sans nuance, et semblent dire la vérité. Le débat est accessoire et n’enrichi pas la réflexion des téléspectateurs. L’information consiste à diffuser des affirmations sans les remettre en question, puis de passé rapidement à une autre information tout aussi « importante ».

Le journal télévisé, au travers des « dossiers », où il est consacré plus de temps, présente un sujet un peu plus en profondeurs mais il n’en demeure pas moins que l’analyse est très succincte. Ce n’est pas tant une analyse que des constats ou des témoignages. Par exemple un projet d’installation d’une salle de shoot, il y a une interview de personnes du quartier pour ou contre, quelques points de vue de personnalités présentés comme compétentes sur le sujet. Un journal télévisé qui présente les informations dans des reportages de deux ou trois minutes ne peut avoir vocation à être complet, c’est une information brève, superficielle. Ce format d’information ne peut donc pas, par manque de temps, développer tous les arguments, les différents points de vue concernant un sujet. La possibilité d’analyse est donc limitée pour le téléspectateur.

Le journal télévisé se construit sur l’image, sur l’émotion, sur l’immédiateté. Il a pour objectif de maintenir l’audimat, de fidéliser le spectateur. « Les faits importants sont repris par toutes les chaines, et répètent inlassablement les mêmes informations. Pas de recoupement d’infos, pas d’analyses au long terme, pas de recherche objective : la course à l’Audimat prime. Il n’a pas pour objectif d’apporter des éléments d’analyse même si, il se présente comme tel. Bourdieu d’ailleurs, dans son ouvrage Sur la télévision (Raisons d’agir, 1996, p17) souligne le manque d’informations pertinentes pour exercer son rôle de citoyen. Le JT permet néanmoins d’avoir un regard simple et rapide sur l’actualité mondiale et de « montrer ». Pour conclure, le journal télévisé influence certainement les téléspectateurs et les citoyens par le choix des informations et la façon dont elles sont présentées. Il permet de se faire une opinion succincte sur certains points. Une autre source d’information comme les journaux restent la meilleure façon d’avoir une analyse sur l’actualité et une meilleure critique sur un sujet.

R.Berçon

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