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Kiev refuse ouvertement de respecter les accords de Minsk provoquant un nouvel ultimatum de la part de la RPD

Publié par wikistrike.com sur 13 Octobre 2016, 06:58am

Catégories : #Politique internationale

  Lance-roquettes multiples Ouragan Image d’illustration - Photo d’archives

Lance-roquettes multiples Ouragan Image d’illustration - Photo d’archives

La situation dans le Donbass continue de se détériorer à cause du manque de volonté de Kiev de se plier aux accords qu'elle a signé. Ainsi rien que sur les dernières 24 heures,l'armée ukrainienne a bombardé à 333 reprises le territoire de la République Populaire de Donetsk sur l'ensemble de la ligne de front, dont 323 fois avec des armes lourdes (pourtant prohibées par les accords de Minsk). Soit 97 % des violations du cessez-le-feu faites avec des armes interdites par les accords que les autorités ukrainiennes ont pourtant signé.

Autant dire que Kiev s'assoit joyeusement ET sur le cessez-le-feu ET sur l'accord de retrait des armes lourdes à plusieurs kilomètres du front comme prévu dans les accords de Minsk. Le tout en rajoutant les crimes de guerre sur ce « mille feuilles » indigeste déjà bien chargé, puisque l'armée ukrainienne a de nouveau principalement bombardé les zones civiles, endommageant huit maisons dans le district de Petrovsky et trois autres à Gorlovka, ainsi que des lignes électriques et 29 stations électriques.

Certaines des maisons touchées à Petrovsky cette nuit sont à 700-800 m des positions de l'armée de la République Populaire de Donetsk, rendant difficile de justifier cela par une « erreur de tir », et prouvent que ces tirs contre les civils sont bien délibérés de la part de l'armée ukrainienne.

Et après avoir tué hier une femme dans le Sud de la république, et en avoir blessé une autre, l'armée ukrainienne a continué à pilonner, à l'artillerie de 122 mm (13 obus) et 152 mm (30 obus) et aux mortiers de 82 mm et 120 mm (104 obus), la zone de Kominternovo afin de tenter de prendre le contrôle d'une zone proche du village. Une tentative de percée, elle aussi contraire aux accords de Minsk que les autorités ukrainiennes ont pourtant signés.

Afin de renforcer ses unités dans cette zone, l'Ukraine y a envoyé de nouvelles troupes venant du régiment Azov (70 hommes), mais aussi des mercenaires polonais (150 hommes). Cette arrivée d'unités nazies et de mercenaires étrangers, a entraîné, comme on pouvait s'y attendre, des conflits avec les soldats de la 36e brigade présente sur place.

Après une bonne beuverie avec les mercenaires polonais, les soldats d'Azov ont tenu à montrer leur supériorité au combat aux soldats de la 36e brigade. Le tout les armes à la main. Résultat : un mort au sein de la 36e brigade. Si le quartier général de Marioupol enquête sur ce crime, celui-ci a été caché au haut commandement, afin d'éviter de faire une mauvaise presse aux bataillons nazis. La présence d'Azov et de mercenaires étrangers dans cette zone ne peut augurer que du pire pour l'évolution de la situation sur cette zone du front.

Mais les manquements de Kiev à ses obligations concernant les accords de Minsk sont devenus tellement évidents, que même le président français n'a pu se faire l'économie d'un appel aux autorités ukrainiennes afin qu'elles respectent (même un peu) les accords dont la France est garante.

Dans un éclair de lucidité (ou de courage temporaire), François Hollande a en effet déclaré devant l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) :

« Je le dis tout net, les progrès sont trop lents et nous devons avancer sur les conditions politiques et sécuritaires qui permettront d'obtenir le plus rapidement possible, comme les accords de Minsk le prévoient, des élections à l'Est de l'Ukraine, selon la loi ukrainienne et dans le respect des critères internationaux »

Un camouflet pour les autorités ukrainiennes qui essayent de faire croire depuis deux ans qu'elles appliquent les accords de Minsk, sans en avoir mis en œuvre un seul point depuis leur signature.

La réponse de la part des autorités ukrainiennes ne s'est pas faite attendre et elle est claire comme de l'eau de roche. C'est le ministre ukrainien de l’Intérieur Arsen Avakov qui s'est fendu d'une réponse cinglante :

« Il (M.Hollande) veut des élections dans le Donbass immédiatement après le cessez-le-feu et le retrait des troupes. Le président français est trop ambitieux ! D’abord, ces propos du ministre des Affaires étrangères Ayrault lors de sa visite en Ukraine, maintenant le président Hollande  », a déclaré le ministre.

Il a ensuite exigé que le président français cesse de dicter sa conduite à l’Ukraine. « Et je vous le dis M. Hollande, ne vous avisez pas de nous dire ce que nous devons faire », a-t-il souligné.

En clair : nous n'avons pas l'intention de respecter les accords de Minsk, et garant ou pas de ces mêmes accords, tais-toi nous ferons ce que nous voulons (ou plutôt ce que les États-Unis veulent).

Mais aujourd'hui, lors de son allocution quotidienne, le commandant en second de l'armée de la République Populaire de Donetsk a rappelé que la patience de la population du Donbass n'est pas infinie. Et que les autorités de la RPD respectant les souhaits du peuple, et possédant une armée qui existe justement pour protéger cette même population, si les bombardements des zones résidentielles civiles, qui détruisent les habitations, blessent et tuent des civils, ne cessent pas, alors les autorités de la république devront réagir à l'agression de manière adéquate (c'est-à-dire en clair en arrêtant les négociations et en cessant de respecter le cessez-le-feu et les accords de Minsk).

Il a donc exhorté la communauté internationale et les dirigeants du Format Normandie à régir et à faire pression sur les autorités ukrainiennes. Il a aussi indiqué que si les marionnettes de Kiev refusent de faire des concessions et continuent de bombarder le territoire de la République, elles devront porter l'entière responsabilité de l'arrêt des négociations.

Comme dans le cas syrien, il semble donc que le temps des négociations touche à sa fin, et ce malgré la détermination de la Russie et des Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk à favoriser à tout prix la solution pacifique considérant qu'un « mauvais cessez-le-feu vaut mieux qu'une bonne guerre ».

Christelle Néant

Voir l'article sur DONi

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