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L’OMS et ses fréquentations controverséessa

Publié par wikistrike.com sur 8 Novembre 2016, 11:15am

Catégories : #Santé - psychologie, #Politique internationale

L’OMS et ses fréquentations controverséessa

Les gouvernements turkmène, nord-coréen ou philippin, l’autorité fiscale kényane ou encore la Société industrielle et commerciale de produits alimentaires SICPA : l’Organisation mondiale de la santé (OMS) continue de s’attirer les foudres de la communauté internationale, qui a de plus en plus de mal à comprendre les liens qui lient la prestigieuse agence internationale avec certains régimes politiques et entreprises controversés.

En 2014, le Turkménistan s’est vu décerner par l’OMS un « certificat de reconnaissance spéciale » pour sa lutte contre le tabagisme. Dans ce pays, contrôlé d’une main de fer depuis 2006 par Bourbangouly Berdymoukhamedov, la lutte antitabac est en réalité passée à la coercition. La vente de cigarettes et autres produits du tabac y est tout simplement interdite, et peu importe que cela encourage le marché noir et la violence qui y est souvent associée.

Mais le régime turkmène semble avoir apprécié le geste de l’OMS. Le Turkménistan a en effet attribué sa plus haute distinction à l’agence onusienne en 2015. Une occasion dont le porte-parole de l’agence a profité pour féliciter le gouvernement turkmène pour les progrès importants accomplis en matière de lutte anti-tabac.

Et l’échange de bons procédés ne s’arrête pas là. L’OMS souligne régulièrement les « succès » de la stratégique turkmène, et a même choisi la ville d’Achkhabad, capitale du pays, pour accueillir le sommet sur l’implantation de la Convention-cadre sur le contrôle du tabac (FCTC, pour Framework Convention on Tobacco Control) en 2015. Un an plus tard, en 2016, les liens entre l’Etat d’Asie centrale et l’organisation onusienne sont toujours aussi étroits, bien que la situation des droits de l’homme ne bouge pas d’un iota.

Le pays continue d’être vivement critiqué par Human Rights Watch, Médecins sans frontières et Amnesty Internationale. Dans son rapport annuel 2015-2016, cette dernière affirme qu’« aucune amélioration de la situation relative aux droits humains » n’a été constatée dans le pays. Autrement dit : la liberté d’expression continue d’être quasi-inexistante et les tortures, les disparitions forcées, les restrictions à la liberté de se déplacer et les expulsions forcées qui font perdre le logement à des milliers de personnes sont toujours monnaie courante.

Le régime turkmène n’est pourtant pas le seul « ami » infréquentable de l’OMS. Non seulement l’organisation utilise l’argent des contribuables pour que des délégués nord-coréens puissent être accueillis aux Maldives, mais sa directrice générale, Margaret Chan, a également vanté les vertus du système de santé de la Corée du Nord et de son programme anti-obésité. « Ils ont quelque chose qui pourrait rendre jaloux les autres pays en développement », a-t-elle affirmé.

L’OMS est même allée jusqu’à féliciter l’inénarrable président philippin, Ricardo Duterte, pour avoir privilégié une approche radicale à l’égard des fumeurs et vapoteurs. Faut-il rappeler qu’il s’agit du même M. Duterte ayant appelé les citoyens philippins à « tuer les vendeurs de drogue » en échange d’une « médaille » ? Eh bien, c’est cette sombre personnalité politique que l’OMS s’est permis de féliciter.

D’autres pays, au taux de corruption particulièrement élevé, semblent occuper une place de choix dans l’agenda de l’organisation. L’OMS a salué les résultats obtenus par la Kenya Revenue Authority (KRA), l’autorité fiscale kényane, dans le cadre de sa lutte contre le commerce illicite du tabac, basée sur la technologie de la Société industrielle et commerciale de produits alimentaires (SICPA). Or, la KRA et la SICPA sont au cœur d’un immense scandale de corruption et d’évasion fiscale qui provoque l’indignation du public kényan depuis plusieurs années.

Comme l’indique Robert Rotich, la SICPA s’est en effet vu attribuer un important un contrat en 2010 d’une valeur de 17,8 milliards de shillings kenyans (environ 160 millions d’euros). Mais la société n’a été officiellement enregistrée dans le pays qu’en 2013, et personne ne comprend comment elle a pu remporter un contrat aussi juteux alors qu’elle n’existait tout simplement pas d’un point de vue juridique.

La SICPA est également impliquée dans des scandales dans pas moins de cinq pays répartis sur quatre continents : l’Albanie, le Maroc, les Philippines, les Etats-Unis et… le Brésil, un pays que l’OMS a également félicité pour ses efforts pour éliminer le commerce illicite des produits du tabac.

Des personnalités controversées se sont vu décerner par l’OMS le prix de la Journée mondiale sans tabac. C’est le cas de Saira Afzal Tarar, ministre pakistanaise de la santé, ainsi que de son ex-homologue ougandais Chris Baryomunsi et des ministres de la santé au Panama, au Kenya ou en Indonésie. L’OMS semble décidément avoir un intérêt certain pour les pays où la démocratie a du mal à prendre…

 

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