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Que se passe-t-il en Corée du Sud ?

Publié par wikistrike.com sur 29 Novembre 2016, 07:01am

Catégories : #Politique internationale, #Economie

Que se passe-t-il en Corée du Sud ?

Au mois d’août dernier l’affréteur Hanjin, le sixième plus gros de sa catégorie dans le monde, a fait faillite en entrainant de graves perturbations dans le monde entier depuis Los Angeles jusqu’à Rotterdam. L’affaire a été promptement dénouée par une aide massive du gouvernement coréen car Hanjin était considéré comme une compagnie « too-big-to-fail ». Quelques semaines plus tard, comme par un effet du hasard, les batteries des tablettes Samsung prennent feu précipitant cette société dans un embarras incommensurable. Dans le même temps des remous politiques faisant état d’une corruption généralisée dans les hautes sphères gouvernementales se font jour. Les Coréens finissent par descendre dans la rue par centaines de milliers pour manifester leur désapprobation à l’encontre de la présidente actuelle Park Geun-hye, digne descendante de son père Park Chung-hee, un despote controversé à la solde de la CIA.

Si on ajoute aujourd’hui la totale déconfiture des chantiers navals coréens, les deuxièmes du monde en volume et représentant plus de 7 % des emplois de la Corée, ça fait vraiment désordre. Les chantiers navals coréens se partagent entre les trois grands conglomérats Hyunday, Daewoo et Samsung, trois pouvoirs incontournables dans ce pays. Ces trois gigantesques entreprises appartiennent à des familles privées dont l’anonymat fait partie du non-dit de la vie politique coréenne et leur gestion est pour le moins opaque, de même que leurs relations incestueuses avec le monde politique coréen. Je n’en dirai pas plus car je ne suis pas journaliste d’investigation mais il y a ici un sujet intéressant à creuser.

Vient, comme par hasard aussi, l’affaire des missiles anti-missiles déployés par l’armée américaine sur le sol coréen à la fin du mois de septembre afin – faut-il le souligner – de protéger les USA des missiles balistiques nord-coréens pouvant éventuellement transporter des bomb(inett)es au plutonium vers le sol américain. Il n’en a pas fallu plus pour que les relations commerciales entre la Corée et son premier partenaire, la Chine, entrent dans une période de grosse froidure. En effet, la couverture radar déployée par l’armée américaine qui est aussi un état dans l’état en Corée depuis la fin des évènements de 1954 n’a pas vraiment plu au gouvernement chinois. La dévaluation du renminbi au mois d’octobre n’a pas non plus vraiment aidé l’économie coréenne. Avec les troubles politiques récurrents, les scandales et la corruption, la Chine mais aussi le Japon, du moins pour le moment, se frottent les mains et attendent de voir ce qui va se passer.

Il ne faut pas oublier tout de même que la Corée est le leader mondial des « chips » électroniques et qu’une défaillance de Samsung, entre autres sociétés coréennes, pourrait être catastrophique pour le monde entier. Alors les deux principaux partenaires de la Corée, la Chine et le Japon, jouent pour l’instant en caressant le velours dans le bon sens. Il en ressort tout de même qu’en dehors des difficultés des chantiers navals qui ont vu ces six derniers mois leurs commandes plonger de plus de 89 % obligeant le gouvernement coréen, comme par hasard encore, à passer en urgence des commandes pour des petits bateaux en tous genres, l’affaire des missiles américains reste en toile de fond des déboires actuels de ce pays qui compte 50 millions d’habitants alors que son voisin en compte 27 fois plus et n’aime pas que les Américains orientent leurs radars vers le ciel chinois et également la Mer de Chine Méridionale. Si la Corée, comme les Philippines viennent de l’annoncer, ne tente pas de privilégier la Chine comme principal interlocuteur régional – elle n’a d’ailleurs pas trop le choix – et cesse d’être une marionnette des Américains, alors elle risque bien d’entrer dans de graves difficultés économiques. En se débarrassant de Park Geun-hye les dirigeants du « Deep State » coréen, en d’autres termes les grandes firmes industrielles et commerciales entre les mains d’une poignée de familles de haut rang, pourraient profiter du changement d’administration à Washington pour, soixante années plus tard, s’affranchir définitivement de la soumission sans condition aux USA, un peu comme le Japon d’ailleurs … Il ne faut pas oublier la corruption institutionnalisée qui ne transparait pas aux yeux des médias occidentaux et qui mine de l’intérieur la vie politique de ce pays.

Sources : diverses dont Reuters et Wolfstreet.com. Illustration Wikipedia

 

via: https://jacqueshenry.wordpress.com/2016/11/28/que-se-passe-t-il-en-coree-du-sud/

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