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Trump: les premières ondes de choc

Publié par wikistrike.com sur 12 Novembre 2016, 08:39am

Catégories : #Politique internationale

Trump: les premières ondes de choc

Panica generale en Europe ! L’Union Européenne est déboussolée, c’est le moins que l’on puisse dire. Imaginez, ces grands pays qui étaient hier encore les maîtres du monde, et qui croient l’être encore, qui n’ont aucune idée de quelle sera leur politique dans trois mois, ni quelle direction prendre en attendant que le nouveau maître s’installe à son poste.

François Hollande annonce, avec ses airs de celui qui tape du poing sur la table, qu’il va demander des éclaircissements de Donald Trump, et la ministre de la défense allemande Ursula Von der Leyen appelle le nouveau président américain à clarifier son point de vue sur la Russie et à comprendre que l’OTAN n’était pas une entreprise. Mais derrière toutes ces postures martiales, on perçoit la peur d’être lâchés après avoir aboyé tant et plus contre un molosse.   RI

 

 

***

Il semblerait que l’élection de D. Trump à la présidence des Etats Unis ait lancé un message très clair dont les effets se font sentir même avant qu’il n’entre en fonction. Est-ce le résultat de la longue rencontre Obama / Trump d’hier, mais Obama donne soudainement l’ordre de nettoyer Al Nusra en Syrie. L’Allemagne commence à comprendre toute l’ampleur du changement qui peut se produire et panique, sa ministre de la défense, totalement hystérique, insulte quasiment Trump dans la presse. Quant à l’Ukraine, comme d’habitude, elle cherche des armes et de l’argent, comprenant que la vie à crédit va bientôt finir, donc que le régime va tomber. Bref, l’Europe se réveille apeurée: elle n’a plus l’habitude de se gouverner et ses dirigeants actuels n’en sont pas capables.
 
Suite à l’élection de D. Trump, l’on parle beaucoup des manifestations dans certaines grandes villes, comme si l’Amérique se divisait en deux. Il semblerait surtout que le voile démocratique tombe sur les Policy Makers: la démocratie n’est pas le processus par lequel un peuple se choisit des instances dirigeantes, c’est le résultat qui doit être conforme à l’idéologie au service du groupe dirigeant à un moment donné. Sinon, il faut revoir ces résultats qui ne sont pas « démocratiques », disons plutôt idéologiquement acceptables.
 
Donc l’on voit apparaître l’incontournable pétition Change.org pour que Clinton soit présidente – le ridicule ne tue pas – et les manifestations. Des manifestations très bien organisées par ailleurs:
 
Et également très rentables. Mais l’important est ailleurs, les risques d’une réelle révolution en couleur aux Etats Unis sont quasiment nuls.
 
Les pays européens se retrouvent avec horreur face à eux-mêmes et le reflet qu’ils contemplent aujourd’hui est saisissant: comment vont-ils gouverner? Que faire des sanctions si les Etats Unis font marche arrière? Que faire de l’OTAN si les Etats Unis n’ont plus pour ennemi la Russie?
 
Un article très significatif est sorti dans The Washington Post:

How Trump’s victory is causing Europe to rethink its security

Selon le journal, c’est l’évènement le plus marquant depuis la Seconde Guerre Mondiale en matière de sécurité européenne. Et l’Europe va devoir repenser son modèle, ou plutôt le créer. Dans la suite directe de ce changement, c’est aussi l’alliance entre l’Allemagne et les Etats Unis qui va être revue. Or, c’est justement l’Allemagne qui représentait dans l’UE les intérêts américains.
 
L’on peut comprendre, dans ce contexte, la panique de la ministre allemande de la défense qui insulte presque D. Trump le pressant de se prononcer sur les questions importantes: est-ce qu’il va défendre l’Europe contre la Russie et Alep contre Assad:

« Donald Trump doit préciser de quel côté il se situe: du côté de la vérité, de l’ordre mondial, de la démocratie ou alors il n’en a rien à faire et lui préfère ses amitiés masculines. (…) J’espère que ses conseillers lui expliqueront, et qu’il comprendra, que l’OTAN n’a rien à voir avec le business. Ce n’est pas une entreprise. (…) Ce n’est pas ce à propos de quoi il est possible de dire: le passé ne m’intéresse pas. Les valeurs que nous représentons ensemble ne m’intéressent pas, à la place de cela je vais regarder combien d’argent je peux gagner et est-ce que je peux conclure un bon accord. »

 
C’est effectivement ça: les valeurs. Sauf que les dirigeants européens se retrouvent seuls avec leurs « valeurs » post-modernes, dont les Etats Unis se détournent, à l’exception de certains groupes dans certaines grandes villes. Ces dirigeants se retrouvent donc face à leur population et à leur impopularité chronique. Seuls. Et ils en ont peur. Car ce système anti-démocratique ne peut tenir qu’avec un soutien extérieur.
 
Leur peur est fondée, car même avant que D. Trump n’entre en fonction, la situation change déjà significativement.
 
Alors que B. Obama soutenait à bout de bras Al Nusra en Syrie, car c’était la meilleure force contre Assad, comme l’écrit encore le Washington Post, il vient de donner l’ordre au Pentagone de faire le ménage:

President Obama has ordered the Pentagon to find and kill the leaders of an al-Qaeda-linked group in Syria that the administration had largely ignored until now and that has been at the vanguard of the fight against the Syrian government, U.S. officials said.

The decision to deploy more drones and intelligence assets against the militant group formerly known as Jabhat al-Nusra reflects Obama’s concern that it is turning parts of Syria into a new base of operations for al-Qaeda on Europe’s southern doorstep, the officials said.

The move underlines the extent to which Obama has come to prioritize the counter­terrorism mission in Syria over efforts to pressure President Bashar al-Assad to step aside, as al-Nusra is among the most effective forces­­ battling the Syrian government.

Il semblerait qu’il faille faire d’urgence le ménage avant de partir. Ce qui peut être un tournant majeur dans le conflit syrien.
 
Quant à l’Ukraine, la situation ne s’annonce pas mieux pour Poroshenko et son équipe. Comme le tweetait l’ancien ambassadeur américain à Moscou, M. McFaul:
 

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2016/11/Mc-Faul-20161112.jpg

Mc Faul 20161112

 

 
D’une manière générale, la difficulté va être avant tout financière, donc politique. Il y a peu de chance que la nouvelle Administration accepte que Kiev ne tienne pas ses engagements, ce qui remet en cause la garantie de la dette ukrainienne. Selon la compagnie d’investissement Capital Times, l’Ukraine n’aura plus d’armes létales, ni de nouveaux prêts du FMI, ce qui va provoquer un trou de 5 à 6 milliards $. Point de vue qui rejoint celui du président de l’association des banques ukrainiennes, ne voyant pas très bien la perspective d’une aide significative du FMI. Ce qui veut dire que, sans les perfusions américaines, d’ici 2019, l’Ukraine est en banqueroute.
 
La seule sortie envisageable est que l’Ukraine s’occupe de gouverner son pays. Ce qui implique une réelle politique économique et sociale. Mais ce Gouvernement n’a pas été mis en place pour cela et est incapable de le faire, pour des raisons idéologiques. Sans la guerre civile, ce pouvoir tombe comme un château de cartes. Ce qui risque d’entraîner pour les pays européens, qui ont très activement soutenu ce régime corrompu et sanguinaire, des répercussions particulièrement significatives au niveau de la politique intérieure.
 
Pour l’instant, les opinions publiques des pays de l’UE sont maintenues à un niveau acceptable de docilité grâce à une machine médiatique rodée à défendre le point de vue de cette « bulle » au pouvoir, qui répercute les intérêts atlantistes qu’elle représente. Sans la perfusion quotidienne d’informations à diffuser, la crise politique en Europe risque d’emmener dans la foulée ces dirigeants de pacotilles. L’opinion publique se retourne assez rapidement et avec d’autant plus de violence qu’elle a bien voulu se laisser bercer pour cautionner des horreurs.
 
La voie de sortie pour l’UE est de s’orienter très rapidement vers la construction d’une « sécurité européenne », qui n’a de sens que contre la Russie. Il ne s’agit donc pas d’une « sécurité européenne« , mais d’une politique conflictogène. Toutefois, l’UE aura-t-elle les ressources suffisantes, sans les Etats Unis, pour mener à bien ce projet, ce n’est pas évident. Beaucoup de choses dépendront du poids intérieur que D. Trump pourra acquérir, de ses relations avec le Parti Républicain et donc les Chambres, sans oublier la composition de sa nouvelle Administration.
 
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