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Etats-Unis. Les malades mentaux à nouveau autorisés à acheter une arme

Publié par wikistrike.com sur 20 Février 2017, 14:00pm

Catégories : #Social - Société

Etats-Unis. Les malades mentaux à nouveau autorisés à acheter une arme

Un décret d'Obama interdisait la possession d'armes à feu aux personnes qui souffrent de troubles mentaux. Le Sénat américain vient de l'abroger.

Le Sénat américain a voté mercredi matin l’abrogation d’un décret d’Obama qui interdisait leur possession aux personnes souffrant de troubles mentaux. Avec le détricotage des textes sur l’environnement ou l’assurance maladie, le camp républicain ne perd pas de temps.

 
 
 
 

C’est le principal regret de Barack Obama quand il évoque le bilan de sa présidence : n’avoir pas réussi à réglementer la vente des armes à feu. Après la tuerie dans l’école Sandy Hook à Newton dans le Connecticut (27 morts dont 20 enfants en décembre 2012), le président américain avait pris le problème à bras-le-corps et tenté de faire voter une loi pour les rendre moins facilement accessibles. Combat perdu d’avance face à une opinion publique hostile et à la puissante National riffle association, forte de ses 4 millions d’adhérents.

Troubles psychiatriques

En avril 2013, sa réforme était repoussée au Sénat et il avait dû se contenter d’un petit décret. Entré en application en décembre 2016, le texte n’aura pas eu le temps de produire d’effets. Sitôt l’entrée en fonction de Donald Trump, le camp des pro armes est reparti à la charge. Le 2 février, soit deux semaines seulement après l’installation du nouveau président, la Chambre des représentants, à majorité républicaine, se saisissait du dossier et votait, par 280 voix contre 135, l’abrogation du décret. Des élus démocrates étaient venus prêter main-forte à leurs collègues républicains.

Mercredi matin, 15 février, le coup de grâce est tombé au Sénat qui, par 57 voix contre 43, s’est prononcé pour son abandon. Que disait le décret ? Rien de bien révolutionnaire : pas de vente d’arme à feu aux personnes atteintes de troubles psychiatriques graves. Comme ceux dont souffrait Adam Lanza, le tireur fou de l’école Sandy Hook. Pour s'en assurer, une liste était créée à partir des noms des patients recevant une aide de la sécurité sociale américaine pour des problèmes mentaux.

Mission impossible

« Ce décret stigmatise des gens qui ont des problèmes et viole leurs droits constitutionnels », avait argumenté Mitch McConnel, sénateur du Kentucky et opposant farouche à toute réglementation. « Ce sont des bureaucrates, et non des médecins, qui décident qui doit figurer sur la liste », avait aussi critiqué le sénateur Charles Grasseley, élu de l’Illinois. Le démocrate Chris Murphy, sénateur du Connecticut, avait mis en garde : « Je ne sais pas comment je vais expliquer à mes électeurs qu’au lieu de la rendre plus difficile, le Congrès est en train de faciliter la possession d’une arme à feu aux gens qui ont des problèmes mentaux ». Il n’a pas été entendu, y compris dans son propre camp.

Restreindre l’usage des armes relève de la mission impossible. Après chaque nouvelle tuerie, il en est question, mais le sujet est vite balayé par une nouvelle actualité. Le droit de posséder les moyens de se défendre est inscrit dans le 2e amendement de la Constitution. Il s’enracine dans l’histoire du pays, quand on y voyait l’assurance pour l’individu de pouvoir lutter contre l’arbitraire. « Aujourd’hui, écrit le sociologue, les gens sentent un désengagement de l’État dans certains secteurs. Alors, ils essaient de prendre en main leur propre sécurité ».

31 000 tués

Avec 310 millions d’armes détenues, les Etats-Unis sont le pays le mieux équipé au monde. En 1996, il n’y en avait « que » 242 millions. Les armes de poing et les fusils d’assaut profitent le plus de cette progression, davantage que les carabines et les fusils de chasse. On en possède plus à la campagne qu’à la ville. 31 % des ménages disent en avoir une et 3 % de la population (environ 7,5 millions de personnes) détiennent à elles seules la moitié de l’arsenal.

Les femmes sont de plus en plus nombreuses à s’armer. Leur nombre à la NRA reste marginal mais il a doublé en quelques années. Et si les ventes semblent se tasser, le secteur, qui emploie 16 000 personnes, continue de réaliser bon an mal an 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires. « Ce n’est pas l’arme qui est dangereuse, c’est le tireur », serine à longueur d’année le camp pro armes

Mais cette redoutable liberté a un prix. Selon les statistiques officielles, 31 000 personnes sont tuées chaque année par une arme à feu : un tiers par homicide, un tiers par accident et un tiers en se suicidant. Les 15-34 ans représentent les deux tiers des victimes d’homicides et les Noirs 57 %, alors qu’ils ne sont que 14 % dans la communauté. Rapporté à la population, le taux d’homicide par armes à feu est de 3,43 pour 100 000 habitants alors qu’en France, il est de 0,21 et au Royaume-Uni de 0,06.

Les tueries de masse, comme celles de Columbine (15 écoliers tués en 1999) ou de Sandy Hook sont de plus en plus fréquentes. Si l’on prend en compte toutes celles qui ont fait au moins quatre morts, non compris le tireur, il s’en produisait une tous les 282 jours dans les années 1970. Aujourd’hui, le délai est passé à 74 jours. À chaque fois, le pays est saisi par une fièvre compassionnelle qui très vite retombe. On assiste même dans les semaines qui suivent à des achats records, effectués par crainte d’un durcissement de la loi.

 

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