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Rien ni personne n'est supérieur à la vérité

L’IFRAP , mouche du coche ou faux-nez de la CIA ?

Publié par wikistrike.com sur 3 Mars 2017, 11:09am

Catégories : #Politique intérieure

La Fondation iFRAP (Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques) est un think tank français libéral. Il succède à une association créée en 1985 par Bernard Zimmern.

La Fondation iFRAP (Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques) est un think tank français libéral. Il succède à une association créée en 1985 par Bernard Zimmern.

Jean de La Fontaine, dans son ouvrage de référence, deuxième recueil, livre 7, concluait ainsi sa huitième fable :
« Ainſi certaines gens, faiſant les empreſſez, S’introduiſent dans les affaires. Ils font par tout les néceſſaires ; Et, par tout importuns devroient être chaſſez. »

Il est permis d’envisager que cette maxime puisse s’appliquer à un ouvrage paru en janvier 2017 , distribué en tête de gondole dans toutes les librairies, éventaires des revendeurs de journaux et rayons papeterie des enseignes de grande distribution, le tout amplifié par un pilonnage publicitaire, ainsi que par des interviews dans des médias de toutes obédiences, aussi bien de presse écrite et audiovisuelle, qu’enfin des encarts sur de multiples sites internet.
Après « La mondialisation va-t-elle nous tuer ? » (2008), « Les fonctionnaires contre l’État » (2011), « 60 milliards d’économies » (2013), « On va dans le mur » (2015) , voici en effet que vient de paraître, en janvier 2017, un ouvrage de 297 pages, dont 241 de texte et 56 d’annexes, péremptoirement intitulé : « Ce que doit faire le prochain président ! » :

http://www.ifrap.org/etat-et-collectivites/ce-que-doit-faire-le-prochain-president-parution-signature-la-librairie-albin
À la réflexion, ce titre est moins inexact qu’elliptique ; son libellé exhaustif serait plutôt : « Ce que doit faire le prochain président … pour protéger nos privilèges ».

***

Ce qui intrigue en effet, c’est qu’il faille attendre le chapitre 16, page 216, en l’espèce la préconisation de la loi n° 9 (« Mettre en place un système de retraite par points avec alignement des régimes et fusion des caisses » ), pour relever cette phrase : « les indépendants, eux, pourront avoir le choix et sortir du carcan du RSI ».
N’évoque-t-elle pas en effet le fameux : « S’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche ! », fulminé en octobre 1789 par la reine Marie-Antoinette ?
Quid, au regard des 2 957 395 assujettis au régime social des commerçants, des artisans et des professions libérales ?   
http://les-liberes.fr/rsi-et-regime-general-la-grande-arnaque/
D’évidence, si les quelques 150 collaborateurs de cet ouvrage brillantissime sont intarissables quant à la sphère publique (qu’il s’agisse de l’État, des collectivités locales ou des hôpitaux), à l’inverse, celle du secteur privé, du CAC 40 jusqu’à l’entrepreneur individuel, échappe à leur entendement.
Le plus préoccupant est surtout que, si l’INSEE collige des statistiques complètes pour les structures supérieures à 250 collaborateurs, et des statistiques partielles au-dessus de 50 employés, à l’inverse, ce que l’on appelle les TPE (très petites entreprises), c’est-à-dire celles de moins de 10 salariés, sont dans la  situation de Gulliver à Lilliput : celles-ci sont inconnues des pouvoirs publics, hormis pour les services de recouvrement de leur régime social, avec lequel elles sont en état de surfusion ( ou sursaturation ) : ce que, à des degrés divers, les candidats à l’élection présidentielle commencent à discerner.
Comment donc un éditeur ayant pignon sur rue peut-il, en ignorant la quasi-totalité des cellules économiques, à l’origine de la création de richesses, à savoir le Produit Intérieur Brut, commettre un tel contresens, en prétendant, parallèlement, conduire en mode drone le char de l’État, au risque évident de l’accident au premier virage ?
La tradition des élites hexagonales est ainsi respectée, à l’instar de Jacques ATTALI, démissionnaire, le 25 juin 1993, de la présidence de la BERD ( « Aucune de mes actions ne pourrait en quelque façon que ce soit mériter un reproche » ), après avoir déclenché la pandémie des subprimes (  
http://www.claudereichman.com/articles/martoiamareenoire.htm  ), avant, comme conseiller du président SARKOZY, de provoquer l’implosion de l’une des trois fonctions régaliennes de l’État, partant, la saisine de la Cour européenne des droits de l’homme .
Opportunément, depuis, le brave homme est devenu Alzheimer ( 
http://www.liberationdelacroissance.fr/   : « Le site est actuellement en cours de reconstruction . Merci de bien vouloir patienter » ) .

***

De qui émane en effet ce programme politique ? D’une structure, mi – privée, mi – publique, extrêmement bien relayée auprès des médias mainstream, l’INSTITUT FRANÇAIS POUR LA RECHERCHE SUR LES ADMINISTRATIONS ET LES POLITIQUES PUBLIQUES, plus communément répertoriée par son acronyme, l’IFRAP, ayant précédemment siège social, 5 rue Cadet, Paris 9ème, et désormais 32, rue des Jeuneurs, Paris 2ème, site : www.ifrap.org .
Quelle autorité revendique en effet cette structure ? Celle d’un « think tank » , dans la langue de Molière, soit une « boîte à idées », soit un laboratoire d’idées, en clair, un cénacle de chercheurs et de documentalistes, ayant pour mission de publier des rapports destinés, d’une part, à orchestrer les projets des décideurs, tant politiques, qu’économiques, d’autre part, ainsi qu’immortalisé par le fameux air de l’opinion publique du 1er acte d’Orphée aux enfers de Jacques OFFENBACH (   
https://www.youtube.com/watch?v=MCPo3t0OD5o  ), à conditionner le « temps de cerveau humain disponible », selon l’expression de Patrick LE LAY  l’ancien PDG de la chaine de télévision TF 1 ( accessoirement, haut-gradé franc-maçon et commandeur de la Légion d’honneur, ceci expliquant cela ).
Il s’agit donc, au sens noble du terme, de ce que l’on désignait dans l’enceinte du Capitole romain, sous le nom de « vestibule » et de « vestibulaires », termes anglicisés au Nouveau Monde sous le nom de « lobbies » et de « lobbying » ; par chance, le Capitole de Washington n’a transposé, ni l’escalier des Gémonies, ni la Roche Tarpéienne, sans quoi c’était l’hécatombe (de «  ἑκατόμϐη » , hekatómbê , sacrifice de cent bœufs ) .

Il est d’ailleurs savoureux d’observer l’étymologie du concept de « think tank », tiré du vocabulaire militaire ; à l’origine, s’agissait-il d’un bunker où l’état-major établissait ses plans de bataille .

Il ne faut donc pas s’étonner de la déconnexion de ce brillant aréopage, enfermé dans son bunker, déconnexion conceptualisée par Laure BELOT dans :  http://ladeconnexiondeselites.fr/
http://www.lemonde.fr/technologies/article/2013/12/26/les-elites-debordees-par-le-numerique_4340397_651865.html
http://www.xerfi-precepta-strategiques-tv.com/emission/Laure-Belot-La-deconnexion-des-elites_2478.html

Rebus sic stantibus, le cursus est analogue à l’émergence du protestantisme :
1452, Gutenberg publie à Mayence la Bible à 42 lignes, tirée du texte latin ;
1453, Gutenberg présente la première édition latine de la Bible à l’Église catholique, qui lui répond : « Pedicabo ego vos ! »
1517, Luther placarde sur les portes de l’église de la Toussaint les « 95 thèses de Wittemberg » ;
1522, Luther publie la traduction allemande du Nouveau Testament, tirée du texte grec ;
1534, Luther publie la traduction allemande du Nouveau Testament, tirée du texte hébreu ;
1559, l’Église catholique publie le premier index des livres interdits.

À la mort de Luther, en 1546, un Allemand sachant lire sur trois avait une Bible dans sa bibliothèque .
Il faudra attendre le concile de Trente (1545 – 1563) pour que, le schisme étant consommé, Rome reconnaisse implicitement qu’elle s’était fourrée le doigt dans l’œil jusqu’à l’omoplate .

***

Quel est le panorama des think tanks ? Le classement de référence est celui de l’Université de Pennsylvanie: http://repository.upenn.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1009&context=think_tanks
L’on y trouve bien entendu en ( 6 ) le fameux « Council on Foreign Relations », connu par son acronyme CFR, et qui passe pour être le véritable gouvernement des États-Unis d’Amérique, en clair, le gouvernement profond du monde sous domination occidentale .

Dans ce classement mondial, sont répertoriés en bonne place des think tanks français, tels que l’IFRI (16), l’EUISS (73) et l’IDDRI (131) .

Dans le sous – classement de l’Europe occidentale, figurent l’ IFRI(3), l’EUISS (38), le CERI (39), l’IRIS (44), Notre Europe (46) le CEPII (47), Fondrapol (49), le FRS (76), Génération libre (106), l’institut Choiseul (116), l’Ecole militaire (117), l’institut Molinari (118) et l’ISDIR (121).

Dans le sous – classement par affiliation à des partis politiques, l’on trouve Fondrapol (19), Terra nova (24), dont le fondateur, Christophe BEJACH, a récemment défrayé la chronique, ainsi que la fondation Jean-Jaurès (34).

Pour un classement français, l’on comparera avec celui de l’IRIS : http://www.iris-france.org/wp-content/uploads/2016/01/FR-Tableau-Classement-McGann-2015.jpg

Ou encore, « la France des think tanks 2016 » :   https://www.oftt.eu/think-tanks/generalites/article/la-france-des-think-tanks-2016La France se classe ainsi au 6ème  rang mondial, avec 180 think tanks : http://www.lesechos.fr/13/02/2016/lesechos.fr/021693441069_classement-des-think-tanks—la-france-sort-de-l-ombre.htm

 

***

Cependant, hormis deux places de 3ème  lors de l’édition 2014 des « Trophées de la Santé », et des « Trophées de la meilleure stratégie de communication média », ainsi qu’une place de 6ème, à l’index de notoriété de la même année, édité par l’Observatoire des think tanks ; outre une place de 3ème au label THINK TANK & TRANSPARENT 2016, édité par l’Observatoire Européen des Think Tanks, force est de constater l’absence de l’IFRAP dans les classements internationaux ci-dessus.

***

Cependant, un certain nombre d’avis réservés ont été formulés quant à la pertinence de la mission de l’IFRAP dans le débat sur les options soumises aux décideurs publics, par exemple :
• 
https://blogs.mediapart.fr/francoisr1789/blog/221113/lifrap-vit-sur-le-dos-des-contribuables
• http://www.acrimed.org/L-Ifrap-think-tank-ultra-liberal-a-l-aise-sur-France-2-et-ailleurs#nb2
• http://www.laviemoderne.net/grandes-autopsies/68-reconnue-d-inutilite-publique

Deux investigations complémentaires peuvent donc être articulées, l’une d’ordre juridique, l’autre, d’ordre financier.

***

Au niveau juridique, si un think tank libéral avait été fondé en 1985, les archives informatiques actuellement disponibles ne permettent pas de l’identifier avec certitude.
En revanche, ce qui est avéré, est l’existence de cinq structures juridiques, dont voici les quatre premières :
– une première association, dénommée « IFRAP 2007 – mouvement pour l’information et la responsabilisation des candidats », créée  le 5 janvier 2006, actualisée en « IFRAP 2007 – 2012 » , le 19 juillet 2007, de nouveaux actualisée en « IFRAP 2012 », le 18 juillet 2008, et finalement dissoute le 24 septembre 2010 (numéro RNA : W 751.174.194 ) ;
– une deuxième association, dénommée « Institut français pour la recherche sur les administrations publiques – 2 (IFRAP – 2 ) », créée  le 23 juillet 2007, actualisée en « Institut français pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques ( IFRAP ) », le 21 décembre 2007, et finalement dissoute le 27 décembre 2010 (numéro RNA : W 751.182.407 ) ;
– une troisième association, dénommée « Institut français pour la recherche sur les administrations publiques IFRAP », créée à une date inconnue, actualisée en « Institut société civile », le 30 juillet 2007, et non dissoute à ce jour (numéro RNA inconnu ) ;
– ainsi qu’une quatrième association, dénommée « Association des amis de la Fondation IFRAP », créée le 23 octobre 2008 ( alors que la fondation éponyme ne sera érigée que le 17 novembre 2009 ), et non dissoute à ce jour (numéro RNA inconnu ).

– Mentionnons pour mémoire une cinquième structure, analysée infra.

***

Dans ce contexte, la fondation IFRAP est assurément bénie des dieux ; alors que la Croix-Rouge française, créée le 22 août 1864, ne sera reconnue d’utilité publique que 80 ans plus tard, le 27 avril 1945,  à l’inverse, cette structure, estampillée du nihil obstat, de l’imprimatur et du «  duas habet ac penibele bandantes «  ( SIREN n° 519.556.013, ISSN n° 2.272-1.207, CNIL n° 669.791 ), sera  selon la possession d’état, conçue le 17 novembre 2009, aussitôt couchée sur les registres paroissiaux, et adoubée le même jour, ensemble un décret signé du Premier Ministre de l’époque, Mr François FILLON ( JORF n°0268 du 19 novembre 2009, page 19958 :   https://www.legifrance.gouv.fr/jo_pdf.do?id=JORFTEXT000021288134   ).

Par contre, ce qui est révélateur, est le choix de l’activité économique postulée, à savoir le code APE 9499Z, en l’espèce « autres organisations fonctionnant par adhésion volontaire », notamment :
• les activités des organisations, non affiliées directement à un parti politique, qui militent en faveur d’une cause ou d’une question d’intérêt public en sensibilisant l’opinion publique, en faisant pression sur les milieux politiques, en collectant des fonds, …
• les initiatives individuelles ou mouvements de protestation ;
• les organisations apportant leur soutien à des activités communautaires ;
• les organisations pour la protection et la défense des intérêts de groupes spéciaux ;
• les associations dont l’objet consiste à organiser des réunions et des rencontres, par exemple … les loges maçonniques …
• les associations spécialisées dans des occupations culturelles ou récréatives, par exemple les sociétés carnavalesques …
• l’octroi de subventions par des organisations associatives ou autres ».

***

Hors Institut de France, étaient recensées dans l’hexagone, en 2007, 1443 fondations, regroupant 55000 salariés, et gérant 9,4 milliards d’euros d’actifs.
Le concept de fondation d’utilité publique, l’une des huit formes de fondations reconnues en droit français, est régi par la loi n° 87-571 du 23 juillet 1987, le décret n° 91-1005 du 30 mars 1991, ainsi que par l’avis du Conseil d’État ( statuts type ) du 13 mars 2012.
Dans ce contexte, les statuts de la fondation IFRAP sont conformes aux statuts types publiés dans l’avis du Conseil d’État, hormis, à l’article 10, la dotation d’un montant d’un million d’euros, au lieu du minimum préconisé, soit 1,5 million ; cette dotation ayant été consignée le 12 novembre 2008 chez un notaire, à hauteur de 45,53 %, le reste étant libérable en quatre annuités, respectivement pour 15,73 %, 14,73 %, 12,00 % et 12,00 %.
L’objet social, tel que défini à l’article 1, est le suivant : « effectuer des études et des recherches scientifiques sur l’efficacité des politiques publiques, notamment celles visant la recherche du plein-emploi et le développement économique, de faire connaître le fruit de ces études à l’opinion publique, de proposer des mesures d’amélioration et de mener toutes les actions en vue de la mise en œuvre par le Gouvernement et le Parlement des mesures proposées » ; bref, du lobbying en mode cybernétique ( de « κυβερνητική », kubernêtikê, de kubernân, gouverner ).
Si l’article 2 préconise, au titre des moyens d’action, le développement de bases de données , en revanche les comptes sociaux n’en font pas état, lesdites bases étant externalisées.
L’article 3, relatif à la gestion de la fondation, institue un conseil d’administration, lui-même constitué de trois collèges, respectivement les fondateurs, les personnalités qualifiées et les amis, ces derniers regroupés dans l’association créée le 23 octobre 2008, soit trois semaines avant l’ouverture du compte notarié de séquestre, le 12 novembre suivant .
Le même article 3 confie au conseil d’administration mission d’élaborer un règlement intérieur ; il institue, pour l’assister, un commissaire du gouvernement et un conseil scientifique .
Pour la gestion courante de la fondation, l’article 4 confie au conseil d’administration mission d’élire une structure restreinte, le bureau, constitué du président, d’un vice-président, d’un trésorier et d’un secrétaire .
L’article 8, afférent aux attributions des membres du bureau, confère au président la qualité de représentant légal de la fondation. Surtout, c’est le président qui, après avis du conseil d’administration, nomme le « directeur de la fondation », celui-ci, par délégation du président, assurant la gestion quotidienne de l’institution et assistant, avec voix consultative, aux réunions, tant du conseil d’administration, que du bureau .
Cependant, les statuts enregistrés en préfecture sont datés du 20 mai 2014, c’est-à-dire quatre ans et demi après le décret du 17 novembre 2009, conférant à la fondation la qualité d’établissement d’utilité publique ; alors même que ledit décret stipule expressément que  « sont approuvés les statuts de cette fondation ».
Il s’en déduit donc l’existence de deux versions successives des statuts, les premiers, virtuels, concomitants au 17 novembre 2009 ; les seconds, officiels, datés du 20 mai 2014.
Ce modus operandi, en apparence paradoxal, est en réalité conforme aux usages administratifs les plus constants.
En effet, la loi n° 2016-1827 du 23 décembre 2016 de financement de la sécurité sociale pour 2017 ( 
https://www.legifrance.gouv.fr/eli/loi/2016/12/23/2016-1827/jo/texte ) prescrit un budget de 475,1 milliards d’euros.
Symétriquement, la loi n° 2016-1917 du 29 décembre 2016 de finances pour 2017 ( 
https://www.legifrance.gouv.fr/eli/loi/2016/12/29/ECFX1623958L/jo/texte ) arrête un budget de 381,7 milliards d’euros.
Par conséquent, le budget de la Sécurité Sociale excède de 24,47 % celui de l’État.
Comme chacun sait, le texte fondateur de la sécurité sociale est l’ordonnance n° 45–2250 du 4 octobre 1945, dont les pères fondateurs ne sont autres que Pierre Laroque et Alexandre Parodi ( 
http://www.lopinion.fr/29-septembre-2015/secu-fille-resistance-mythe-recent-artificiel-28589 ), ces deux conseillers d’État ayant intégralement repris le projet initial, élaboré pour le gouvernement Laval.
Or, ladite ordonnance instituait, en son article 2, des CPAM (caisses primaires), des CRAM (caisses régionales) et des CAF (caisses d’allocations familiales). Les articles 9, 12  et 23, traitant successivement de ces trois catégories, sont identiques : « les (caisses…) sont constituées et fonctionnent conformément aux prescriptions de la loi du 1er avril 1898 sur les sociétés de secours mutuels…»,  ladite loi publiée au journal officiel du 5 avril 1898 et au Bulletin des lois, n° 34403.
Ce texte prescrivait classiquement le triptyque « contrat–dépôt–publication », connu  depuis l’an 215 après J.-C. , à l’occasion de la création des premières « sociétés de publicains », à savoir la rédaction de statuts, leur dépôt en préfecture ou sous-préfecture, et leur publication par extraits au recueil des actes de la préfecture.
Paradoxalement, les organismes institués par l’ordonnance du 4 octobre 1945, tous en nature de mutuelles, se sont abstenus de rédiger, déposer et faire publier leurs statuts ; cette omission entraînant leur requalification au titre de « sociétés en participation ».
Il en résulte, par conséquent, que, depuis plus de 70 ans, la France gère un budget supérieur d’un quart à celui de l’État … sur du vide ; ce que concédait le titulaire de la Francisque n° 2202 , un certain FM .
Gageons qu’après : «Ce que doit faire le prochain président !» , la prochaine publication de l’IFRAP s’intitulera : « Maréchal, nous voilà ! » ( 
https://www.youtube.com/watch?v=LmsdHnQ7RD8  )

***

Au niveau financier, les comptes de la fondation IFRAP sont tout aussi instructifs.
Que l’on en juge :

– comptes 2010 : http://www.journal-officiel.gouv.fr/publications/assoccpt/pdf/2010/3112/519556013 31122010.pdf

 – comptes 2011 :   http://www.journal-officiel.gouv.fr/publications/assoccpt/pdf/2011/3112/519556013_31122011.pdf

– comptes 2012 :   http://www.journal-officiel.gouv.fr/publications/assoccpt/pdf/2012/3112/519556013_31122012.pdf

– comptes 2013 :   http://www.journal-officiel.gouv.fr/publications/assoccpt/pdf/2013/3112/519556013_31122013.pdf

– comptes 2014 :   http://www.journal-officiel.gouv.fr/publications/assoccpt/pdf/2014/3112/519556013_31122014.pdf

– comptes 2015 :   http://www.journal-officiel.gouv.fr/publications/assoccpt/pdf/2015/3112/519556013_31122015.pdf

En se référant au dernier exercice publié, soit 2015, le bilan fait apparaître au passif, le fruit de la dotation statutaire d’un million d’euros ; en l’espèce  1080 K€ de fonds propres, 600 K€ de réserves, 840 K€ de report à nouveau et 543 K€ de résultat bénéficiaire, soit 91,78 % du total du bilan : quelle entreprise française peut se targuer d’avoir un haut de bilan à hauteur de 92 % ?
Quant à l’actif du bilan, il ne fait apparaître aucune valeur au titre des terrains et constructions : l’entreprise n’est donc pas propriétaire de ses bureaux, mais usufruitière.
Curieusement, à l’actif immobilisé, le poste « installations générales et agencements » est comptabilisé pour 12 K€, amorti à plus de 90 % ; derechef, le poste « matériel de bureau et matériel informatique » l’est pour 13 K€, amorti aux trois quarts ; par conséquent, alors qu’il aurait pu être envisagé un usage intensif du « data mining », ce qui eût nécessité un investissement conséquent en serveurs et logiciels de   CRM (Customer Relationship Management ), il s’avère ainsi, que le traitement brut des données informatiques est totalement externalisé.
Derechef, le bas de bilan fait ressortir 3272 K€ ( 1971 K€ de valeurs mobilières de placement, et 1300 K€  de disponibilités ) d’actif disponible et réalisable : quelle entreprise française peut se targuer d’afficher  plus de 98 % de cash-flow ? Ce n’est pas dans le « Trophée de la Santé », ou dans celui de « La meilleure stratégie de communication média », qu’aurait dû concourir l’IFRAP, mais dans le trophée de « La poule aux œufs d’or » ; si l’entreprise était un assureur vie, la dette de l’État ne serait plus référencée que dans la rubrique des chansons gaillardes pour noces et banquets.

***

Quid, à présent, du compte de résultat ? Les produits d’exploitation s’établissent à 1501 K€, eux-mêmes ventilés à raison de 151 K€ ( livres et brochures ), ainsi que de 1349 K€ ( cotisations ), soit respectivement 10,11 et 89,87 %. Quand l’on sait que les dons des particuliers et des entreprises sont déductibles de l’impôt sur le revenu (66%), de l’impôt sur les sociétés (60%) et de l’impôt sur la fortune (75%), l’IFRAP  revendiquant 15 000 donateurs, soit  89,93 euros per capita, l’on sait à présent où se trouve le fameux « data mining » de l’IFRAP, auquel elle consacre 156 K€ de frais d’appel à la générosité du public (note n° 11, « compte d’emploi annuel des ressources », page 20 du rapport annuel ).
Moralité : pour résorber la récession et la dette publique, un seul mot d’ordre : ériger toutes les entreprises en établissements d’utilité publique ! D’ailleurs, n’est-ce point ce qu’elles sont déjà ?
Le plus savoureux n’en figure pas moins aux charges d’exploitation, soit 1098 K€, elle-même ventilées entre le poste « autres achats et charges externes » pour 561 K€ ( outre impôts, taxes et versements assimilés pour 24 K€, soit 4,29 % : mieux que la TVA sur les livres ), et les frais de personnel (509 K€,  eux-mêmes ventilés en 364 K€ de salaires et 144 K€ de charges sociales, pour un étiage de 39,52 %).
Pour mémoire, ainsi qu’en atteste son numéro SIREN, l’IFRAP émarge à l’INSEE pour 6 salariés, c’est-à-dire un budget annuel brut per capita de 93 K€, soit encore celui d’un professeur suisse.
Moralité : pour résorber le chômage, un seul mot d’ordre : copier le modèle helvétique, à l’instar de Xi Jinping, du 15 au 18 janvier 2017, en prélude au sommet de Davos ( 
http://www.hebdo.ch/hebdo/cadrages/detail/la-chine-vient-s%E2%80%99inspirer-du-mod%C3%A8le-suisse ) .
Bref, les TFSE ( travaux, fournitures et services extérieurs) représentent 51,06 %, tandis que la masse salariale s’élève à 46,35 %, ensemble 97,41 % des charges d’exploitation. Le premier chiffre est corroboré dans la note 11 (page 20 du rapport annuel), sous la rubrique « activités de recherches scientifiques sur les politiques publiques et l’emploi », pour 587 K€ TTC, soit, à raison de 150 chercheurs, un chiffre d’affaires annuel per capita inférieur à 4 K€ .
Les TFSE présentent cependant une caractéristique inhabituelle : en effet, au plan comptable général, la classe 6 (comptes de charges) se subdivise elle-même en deux rubriques, à savoir, d’une part, la  sous-classe 61 (services extérieurs), d’autre part, la sous-classe 62 (autres services extérieurs).
Or, ce qui apparaît au compte de résultat est la seule sous-classe 62 (autres achats et charges externes), à l’exclusion de la sous-classe 61 (services extérieurs), laquelle inclut le compte 6132 (locations immobilières). Où donc sont hébergés les collaborateurs de l’IFRAP ? Une réponse en est proposée en fin de compte de résultat, sous les rubriques « prestations en nature » et « mise à disposition gratuite de biens et services », identiquement pour 200 K€. En clair, l’IFRAP est une entreprise « hors sol », gracieusement hébergée par autrui .
Moralité : pour résoudre la pénurie et le coût du foncier professionnel, inspirons-nous de l’IFRAP, en squattant les locaux disponibles.

***

Une dernière observation : en 2015, au titre des «  produits nets sur cession de valeurs mobilières de placement », l’IFRAP a dégagé 101 K€, soit la trésorerie nécessaire pour abonder, outre les TFSE, les postes « activité de diffusion des recherches et des propositions » (273 K€), ainsi que les « frais d’appel à la générosité du public » (156 K€ ) .
Moralité : l’ouvrage en question devrait être intitulé : « Ce que doit faire le prochain président : copiez-moi ! »

***

Cependant, avait été précédemment évoqué le fameux « Council on Foreign Relations », au cœur des incontournables réseaux Stay Behind, exhaustivement décrits dans le magistral ouvrage du professeur Daniele Ganser, dont le premier tome traite de l’Italie : « Quand le juge Felice Casson a dévoilé le Gladio… »(  http://www.voltairenet.org/article162546.html ).

Or, la cinquième et dernière structure précédemment évoquée n’est autre que l’institut de recherche des médias franco-américains, ayant siège social à l’IFRAP, 5 rue Cadet, Paris 9ème, association créée le 27 avril 2006  (soit trois ans et demi avant le décret du 17 novembre 2009), n° d’annonce 1.255, n° de parution : 20.060.024 .

Comme l’objet social de cette institution est « d’informer l’opinion sur la situation réelle et les problèmes politiques, économiques, sociaux et culturels de l’Amérique », l’affinité  avec le CFR, la CIA, la Fondation franco-américaine et autres « young leaders » (  http://www.voltairenet.org/article146888.html  ) est suffisamment évidente pour ne pas être plus avant celée.

Benoit Deltombe pour WikiStrike

 

 

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