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Une ministre turque escortée hors des Pays-Bas, la Turquie menace de sanctions

Publié par wikistrike.com sur 12 Mars 2017, 10:20am

Catégories : #Politique internationale, #Social - Société

Durant ce temps, la France accepte le Ministre turc des affaires affaires refoulé des Pays-Bas

Durant ce temps, la France accepte le Ministre turc des affaires affaires refoulé des Pays-Bas

Le Premier ministre turc Binali Yildirim a promis dimanche de "fortes contre-mesures" après que sa ministre chargée des Affaires familiales Fatma Betul Sayin Kaya a été priée de quitter le territoire néerlandais alors qu'elle se rendait depuis l'Allemagne vers le consulat turc à Rotterdam aux Pays-Bas. Elle a été escortée hors du pays dans un contexte de tensions diplomatiques accrues entre La Haye et Ankara.

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"Nos soi-disant amis Européens, qui parlent de démocratie, liberté d'expression, droits de l'homme à chaque opportunité, ont au cours de cet évènement une fois encore échoué", a déclaré M. Yildirm dans un communiqué publié dimanche. 

Des incidents de la sorte permettent à la Turquie de découvrir "qui sont ses vrais amis", a-t-il encore estimé. Il a appelé au calme les ressortissants turcs résidants aux Pays-Bas et en Allemagne. 

Mauvais timing pour un meeting sur la diaspora
Les tensions diplomatiques entre les Pays-Bas et la Turquie sont nées de l'interdiction opposée samedi par le gouvernement néerlandais au ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, d'accéder au pays pour participer à un meeting de la diaspora turque en vue du référendum constitutionnel qui aura lieu dans la république le 16 avril prochain. Les Pays-Bas, eux-mêmes en campagne électorale en vue du scrutin le 15 mars, estiment qu'une campagne électorale étrangère ne peut être menée sur son territoire.

Face à la décision de La Haye, le président turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé des "vestiges du nazisme". Des propos ensuite qualifiés de "fous" et "déplacés" par le Premier ministre néerlandais Mark Rutte. Le bourgmestre de Rotterdam a pour sa part lancé lors de la conférence de presse dimanche matin: "Ne savent-ils pas que je suis l'élu (d'une ville située) dans une région qui a été bombardée par les nazis ?", parlant des dirigeants turcs. 

Escortée hors du pays en tant "qu'étrangère non désirée"
Plus tard dans la soirée, la ministre Kaya a néanmoins tenté de rejoindre le consulat turc de Rotterdam, où s'étaient rassemblés des sympathisants au gouvernement Erdogan. Le bourgmestre de Rotterdam a affirmé que la ministre turque était "une étrangère non désirée" sur le territoire néerlandais. 

La ministre et son convoi ont donc été escortés sous surveillance vers l'Allemagne voisine. Mme Kaya s'était rendue en voiture à Rotterdam depuis la ville allemande de Düsseldorf. "Elle a été expulsée vers le pays d'où elle était venue", a confirmé le bourgmestre lors d'une conférence dans la nuit. 

Elle a été reconduite à la frontière par la police néerlandaise, alors qu'après plusieurs heures de négociations, il s'est révélé "impossible de trouver une solution", selon le bourgmestre. Les autorités néerlandaises ont répété à leurs homologues turques que Mme Kaya n'était "pas la bienvenue. Mais elle a quand même décidé de venir", a-t-il déploré. 

Débordements parmi les manifestants
Son éviction hors du pays a immédiatement suscité des débordements parmi les manifestants qui ont été dispersés par la police néerlandaise, à l'aide de canons à eau. Des milliers de Turcs se sont aussi rassemblés en protestation samedi soir devant les bâtiments diplomatiques néerlandais à Ankara et Istanbul. Les manifestants hissaient samedi soir des drapeaux turcs et sur lesquels était indiqué "OUI" en référence au référendum sur la réforme constitutionnelle turque prévu le 16 avril. D'autres déclamaient des slogans hostiles aux Pays-Bas. 

Mark Rutte se justifie: la Turquie était prévenue
"La visite de la ministre turque Kaya était dans ce contexte irresponsable", affirme la déclaration de M. Rutte qui précise que le message avait été transmis aux autorités turques ainsi que Mme Kaya n'était pas la bienvenue aux Pays-Bas. La Haye "n'accepte pas que des ministres turcs mènent publiquement des campagnes politiques aux Pays-Bas. Pourtant la ministre a décidé de s'y rendre", ajoute la communication. 

"A son arrivée à Rotterdam, toutes les options ont été offertes à la ministre pour partir", souligne encore le cabinet du Premier ministre. Après consultations entre les diplomaties turques et néerlandaises, la ministre Kaya a finalement été escortée hors du pays par la frontière allemande, explique le gouvernement néerlandais. 

"Du fascisme au nom de la démocratie"
Mme Kaya, citée par l'agence de presse turque Anadolu, estime pour sa part que les "valeurs démocratiques et humaines ont été foulées", et condamne le traitement qui lui a été imposé par les autorités néerlandaises. "Le monde entier devrait prendre position contre une telle mise en oeuvre fasciste au nom de la démocratie."

Les Pays-Bas restent en faveur d'unc communication avec la Turquie, précise le cabinet Rutte alors que les tensions diplomatiques sont au plus vif entre Ankara et La Haye. 

Bienvenu en France
La venue de Cavusoglu avait quant à elle aussi été annulée précédemment en Suisse, et d'autres meetings pro-Erdogan ont été annulés en Allemagne, crispant aussi les relations entre Berlin et Ankara. Le ministre est toutefois le bienvenu en France, où il a atterri samedi afin de participer dimanche à un meeting à l'invitation de la branche lorraine de l'Union des démocrates turcs européens (UETD), qui organise des meetings électoraux pour l'AKP du président Recep Tayyip Erdogan.

 

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