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Corées: Discussions entre voisins autour d'une bombe

Publié par wikistrike.com sur 18 Juillet 2017, 08:51am

Catégories : #Politique internationale

La matrice coréenne

La matrice coréenne

La Corée du Sud veut discuter avec la Corée du Nord.

Le ministère de la Défense à Séoul a proposé de mener des discussions au village frontalier de Panmunjom, tandis que la Croix-Rouge propose des pourparlers séparés pour discuter de réunions de famille.

Le président sud-coréen, Moon Jae-in, a pris sa décision – après son investiture le 10 mai et le test ICBM de Pyongyang le 3 juillet.

Pyongyang a peut-être aussi envie de discuter – comme il l’avait déjà indiqué. Mais il pourrait y avoir des conditions préalables, comme la suspension de ces exercices militaires annuels provocateurs entre Américains et Sud-Coréens. Les États-Unis diront non. Encore une fois, Tout repose sur Washington.

On ne sait pas si les services secrets américains disposent de preuves à 100% que Pyongyang, en plus de posséder des ICBM, est sur la voie d’une nouvelle rupture technologique, comme la fabrication d’un système de guidage et d’une arme nucléaire miniaturisée et fonctionnelle capable de survivre à la fois au lancement du missile et à la réentrée dans l’atmosphère.

Maintenant, quelques faits bruts et durs. Kim Jong-un sait très bien que les armes nucléaires sont absolument essentielles pour la survie de la dynastie Kim. Pékin, non seulement le sait, mais aussi calcule que Pyongyang ne le considère pas comme un allié de confiance. Pendant la guerre de Corée – dont la mémoire est omniprésente dans tout le Nord – la préoccupation majeure de Mao était de protéger les frontières de la Chine et non la sécurité de son voisin.

Cependant, ce n’est un secret pour personne qu’une Corée du Nord nucléaire peut représenter une dissuasion perpétuelle contre les États-Unis, bien plus qu’une menace, mais pas contre la Chine. Donc, cela replace le cas, encore une fois, dans le cadre d’un drame Washington-Pyongyang.

La marge de manœuvre de Beijing contre Pyongyang est plutôt limitée: ce que le président Trump ainsi que l’État profond américain ne comprennent toujours pas. Et la Corée du Nord n’est pas une priorité pour la sécurité nationale chinoise – à moins que le régime ne s’effondre et qu’il y ait un afflux incontrôlable de réfugiés.

La seule chose qui importe pour les dirigeants chinois est – quoi d’autre – le commerce. Et pour ce qui concerne le commerce entre la Chine et la Corée du Sud, les affaires sont en plein essor.

Les spéculations enfiévrées des États-Unis à propos d’une «frappe» contre Pyongyang sont vaines. Toute personne ayant une connaissance minimale de la péninsule coréenne sait que la réponse serait que Pyongyang rayerait pratiquement Séoul de la carte. Sans oublier que les informations américaines ne sont pas claires sur les endroits où se trouvent tous les sites de développement nucléaire et de missiles dispersés en Corée du Nord.

Une «attaque» américaine ayant un minimum d’efficacité nécessiterait beaucoup de forces spéciales américaines infiltrées, comme des troupes au sol, sans garantie de succès. En un mot, pour être réaliste, Washington est incapable d’éliminer les programmes nucléaires et les missiles de la Corée du Nord.

Et voici le chemin de fer Trans coréen

Alors que faire? La seule stratégie logique serait d’admettre – tout comme avec l’Inde et le Pakistan à la fin des années 1990 – que la Corée du Nord est de facto une puissance nucléaire.

La stratégie de Pyongyang, après tout, est en fait une petite merveille; Vous imprimez le sentiment que vous êtes un acteur totalement imprévisible, et vous fichez une peur bleue à tout le monde tout en empêchant toute tentative de déstabilisation. Tant que prévaudra la douce illusion selon laquelle une frappe chirurgicale américaine pourrait paralyser la structure politique/militaire/de commandement/de communication de la Corée du Nord, les renseignements américains seront à côté de la plaque quand il s’agira de prédire les actions de Pyongyang.

Une source de renseignements occidentale familière avec les enjeux élevés dans la péninsule coréenne enfonce le clou ; « Le point qui n’a même pas été abordé est que la Corée du Sud se trouve déjà dans la portée des bombes nucléaires nord-coréennes, même si les États-Unis ne sont pas et ne peuvent pas être liquidés par la Corée du Nord. Nous devons examiner la nature de l’alliance de défense avec la Corée du Sud. Cela signifie-t-il que nous pouvons attaquer et attaquerons la Corée du Nord pour nous protéger, alors que nous ne pouvons pas protéger la Corée du Sud, déclenchant sa destruction pour notre défense ?

Le fait est que si la Corée du Sud est pratiquement détruite par la réponse de Pyongyang aux frappes américaines, « alors nos alliés à travers le monde auront le sentiment qu’ils seraient sacrifiés en tant qu’alliés s’ils se retrouvaient interposés. Je dirais que ce serait la fin de l’ensemble de la structure de l’alliance américaine, qui est en fait déjà imaginaire « .

La source informée est convaincue que « les Sud-Coréens ont forcé les États-Unis à accepter de s’abstenir de toute frappe contre la Corée du Nord, parce que soutenir une telle frappe serait un suicide national pour la Corée du Sud. Les États-Unis ne feront rien ».

Tout cela se passe alors que tout ce que Séoul veut vraiment, c’est de faire du business – dans une variante coréenne des nouvelles routes de soie chinoises, renommée Belt and Road Initiative (BRI). Séoul veut construire un chemin de fer Trans-coréen et même aller au-delà, pour le relier au Transsibérien et, bien sûr, le pont terrestre eurasien chinois. C’est ce qu’on appelle le concept Iron Silk Road, dont la Corée du Sud a rêvé depuis un sommet Asie-Europe (ASEM) en 2004.

« Surmonter la division des terres entre l’Asie et l’Europe », relié au vaste réseau Trans-Eurasie, cela signifie que la cinquième économie d’exportation au monde fera encore plus d’affaires. Handicapé par l’isolement de la Corée du Nord, la Corée du Sud est de facto coupée physiquement de l’Eurasie. La réponse à tous ces problèmes ? Le chemin de fer Trans-coréen. Si seulement le Président Moon pouvait attirer Kim Jong-un dans le rêve de la connectivité – et lui faire oublier ses jouets nucléaires.

 Source : https://sputniknews.com/columnists/201707171055616214-korean-matrix-pepe-escobar/

Traduction :  Avic – Réseau International

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